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Exégète des élégances parisiennes, Marie Croci n'oublie pas qu'elle est du pays où fleurit la polenta.
Après avoir brillé dans l’opérette, — Phi-Phi, La Dame en rose, — Lucy Darbelle vend des frivolités, des parfums pour le jour, des parfums pour le soir. Ce souci du raffnement, vous le retrouverez dans cette recette placée sous l'invocation de Shéhérazade.
Harold English, vos savantes recettes arméniennes sont d'une délicatesse d'accent qui rappelle vos rapports de tons.
De l'admirable écrivain qu'était Gomez-Carillo, deux recettes de fougueux lyrisme.
Alin Laubreaux est trop gourmet pour ne point apprécier la cuisine chinoise.
Le Cuissot de sanglier d'Hugues Le Roux : souvenir d'exploration.
Stéphane Mallarmé a dirigé, vers 1874, la Dernière mode, sous le pseudonyme spiritueux de Marasquin. Il y publiait, d'une grâce alanguie et parfumée, des recettes créoles où il apaisait sa faim d'ailleurs :
Fuir ! Là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres , EN CP, 5 E D'être parmi l'écume inconnue et les cieux.
Les Moussakas : succulente recette d'un écrivain pour qui se confondent, en s’augmentant l'un par l'autre, l’art de la cuisine et l’art de la volupté.
Pour établir sa recette, Frédéric Masson use de la précision avec laquelle il dressait un inventaire historique. Elle ressemble assez à celle de Jean Cocteau. Mais quelle différence de présentation ! Et comme deux caractères se dévoilent !
De J.-F:-Louis Merlet, une Pimentade de cette Guyane qui devient si pathétique sous sa plume.
Joseph Méry : Pilau romantique:
De l'éclectique et charmant François de Nion, dont la mère naquit aux Îles, un cari flial et séduisant.
Georges Rochegrosse lave une fraiche aquarelle espagnole.
Les Beignets de Buffle de Saint-André de Lignereux, véritables fruits du Jardin des Hespérides, s’affirment, par leur aspect esthétique, bien dans le style de cet amant de la belle matière, de ce prestigieux décorateur qu'est l'auteur de Comment on renouvelle un art.
Votre grâce malicieuse, amie des contrastes, vous sugoère, Armand Vallée, malgré votre souple parisianisme, de choisir une recette de Guinée, mais combien épicée |
Le Goguelmoguel du charmant Georges Villa, souvenir de ses voyages en Russie tzariste, consolera peut-être quelques porteurs de fonds russes.
Bœuf aux œufs pochés.
Mélanger une boîte de corned beef haché avec un oignon coupé menu et trois pommes à l'anglaise. Façonnez en forme de petits pains, Faites dorer, sans vous endormir, à la poêle, et servez avec un œuf poché par-dessus. On peut également servir ce corned beef avec de la sauce tomate anglaise (tomatoes Katchup).
Moi, je préfère à la sauce tomate très épaisse.
Joséphine BAKEr.
Hote cake syroup.
Mélangez successivement une livre de bonne farine, une cuillerée à soupe de bé&aking powder, — je ne connais pas d'autre nom pour cette poudre, — un demi-litre de lait, deux œufs entiers, plus une cuillerée à soupe de beurre fin fondu. Salez légèrement. Remuez le tout avec vigueur et versez au moyen d'une petite louche sur une plaque chaude préalablement graissée au bacon ou au lard et faites dorer les deux côtés.
Cés cakes se servent garnis de sirop ou de confitures et de beurre.
Et vous en redemanderez !
Joséphine BAKER.
Bouillabaïisse hindoue.
Les dames hindoues, élevées dans un harem, et qui n'ont ni leur vie à gagner (puisque leur Maître et Seigneur leur fournit tout ce qu'elles veulent), ni à dire du mal de leurs consœurs (parce qu'elles sont foncièrement bonnes), ont beaucoup de temps. Et ce temps, elles l'emploient à faire de la cuisine un art difficile. Les moindres plats hindous prennent une bagatelle de vingtquatre heures à se mijoter. En voici un :
Coupez en petits morceaux tous les légumes que vous pourrez trouver (et quelques autres), ajoutez-y toutes les épices du monde et de la lune : poivres de toutes les couleurs et de toutes les forces, cannelle, sucre, sel, ail, oignon, etc., une grande cuillerée de poudre de curry (1) (si votre gorge ne proteste pas aux picotements et Si votre estomac est sérieux), quelques pousses de bambou, et faites cuire à tout petit feu pendant deux heures.
Coupez en menus morceaux une épaule de mouton, ajoutez-y toutes les épices du monde et de la lune (voir plus haut), et neturellement l'indispensable curry, et faites cuire à tout petit feu pendant deux heures.
Coupez en menus morceaux de la viande de bœuf et agissez exactement comme pour le mouton. (Cuisson : deux heures. Toujours à petit feu.)
Faites cuire des œufs durs avec du curry. (Il faut ne jamais oublier le curry.)
Faites bouillir du riz avec du curry. (Pour la quantité de curry à mettre, cela dépend uniquement de l’état de sensibilité de votre gorge.) Et toutes les épices sus-mentionnées. Pour avoir du bon riz, il faut le cuire à tout petit, tout petit feu pendant trois heures, puis l’asperger d'eau glacée.
Quand toutes ces choses auront été cuites et bouilliss, vous les mélangerez savamment, vous ferez une sauce avec du curry et du soya (2). (Vous pouvez vous en procurer dans un des nombreux restaurants chinois de Paris.) Et vous remettrez le tout dans un four tiède pendant toute une nuit. Le lendemain ce sera prêt.
Je ne vous garantis pas que vous aimerez ça tout de
(1) Le curry est une préparation composée de piment, de racine de curcuma, de clous de girofle, de poivre blanc, de muscade. (2) Liquide fermenté extrait d'une sorte de haricot.
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