SAINT-ANDRÉ DE LIGNEREUX
Le Tchévé.
Voici un plat indigène que j'ai goûté très souvent en Guinée portugaise et qu’on appelle le « Tchévé ».
Ce plat a ceci de particulier que chaque convive prépare sa sauce l'ri-même, soit des cornichons, de petits oignons, de la moutarde, de la sauce anglaise, enfin, tout ce qui emporte la bouche, délayé dans de l’huile de palme Chaude (mais peut-on en trouver à Paris ?) sinon dela sauce tomate claire.
On y ajoute du riz, puis des huîtres cuites, et l’on fait dé’tout cela une ratatouille que l’on mange bien entendu sans pain.
A défaut d'huîtres cuites, on peut y mettre du poulet très cuit, de manière que la chair seule figure dans le plat, les os et la peau s'étant détachés d'eux-mêmes.
- k Hi Dee J'ai donné cette recette à de nombreux amis qui m'ont reinercié après l'avoir goûtée.
Armand VALLÉE.
Le Goguelmoguel.
(Cocktail russe.)
Cette recette est connue de ceux qui ont vécu dans les milieux russes. Je l'ai apprise, avant la guerre, pendant un de mes séjours à ['sarskoé-Sélo, où j'étais l'invité de la grande-duchesse Marie et du grand-duc Boris.
Ce nom de guguelmoguel que je donne à cette sorte de cocktail n'est sans doute qu'une approximation phonétique. Qu'importe? Ce cocktail fait le bonheur des amis qui viennent diner chez moi. Tous m'en réclament la recette.
Absorbé après un gros effort de travail, voire après une fatigue amoureuse, il vous met le sang en feu et le cœur en place. Avant le repas, il vaut un apéritif. J'ai remarque que les dames semblent surtout l’apprécier…
Comme on doit le préparer individuellement, on peut lui donner la force que l’on veut. Mais on peut aussi le préparer pour plusieurs personnes dans un grand récipient, si par exemple on a des invités non initiés, et le verser ensuite dans des verres à porto.
Voici la recette pour une personne : une cuillerée à soupe de sucre en poudre au fond d’un bol; faire tomber un jaune d'œuf dessus, en prenant bien soin de ne pas mettre de blanc: recouvrir d’une seconde cuillerée-à
soupe de sucre; battre avec une fourchette jusqu'à ce qu'on ait obtenu une pâte presque blanchâtre : c'est l'affaire de cinq minutes. Verser un verre à liqueur de kirsch, de quetsche ou de mirabelle. On rebat encore pour bien malaxer le tout. Servir dans un verre fin et boire avant quil y ait dépôt.
On peut, selon les préférences, charger en sucre ou en kirsch, mais sans trop s'écarter de ces proportions, sous peine de perdre le charme velouté et perfide du goguelmoguel.
Georges VILLA.