CCLXXXIV
Œufs à la coque à l’eau de neige.
(Gastronomie alpiniste.)
Ces œufs ne peuvent se manger qu'à une altitude minima de 2.700 mètres, après plusieurs heures de marche.
On ne trouve plus d’eau.
là On fait fondre de la neige à l'aide d’un petit réchaud à alcool. On retire l'œuf de la boîte spéciale où sa fragilité … est protégée.
L'œuf à la coque sur un glacier est un régal inoubliable,
Blanche DUussANE,
de la Camédie-Française.
Omelette à la Raspail.
(Pour quatre personnes.)
Prenez six œufs de pintade d’une absolue fraîcheur, que vous ferez mirer, pour plus de sûreté, par un des astronomes chauves et diplômés de l'Observatoire de Paris.
Battez-les sérieusement, avec une truelle du Grand- Orient, en y incorporant trois onces de cerfeuil stérilisé, trois têtes d'ail farcies de rhubarbe, dix-huit grammes d'assa fœtida, trente-deux grammes de camphre en poudre et une légère pincée de sucre de canne sinapisé.
Faites fondre dans une poêle d'argent un quart de beurre d'Isigny et versez-y votre omelette que vous retournerez
six fois au rythme du dernier jazz-band, moulu par votre phonographe électrique-moulin à café.
Servez dans un plat très chaud, avec du chiendent décortiqué et des queues de cerises trempées dans la teinture d'iode, en entourant votre plat de lames de truffes alternant avec des boules de naphtaline frites à l’axongé goménolée et des petits losanges de sparadrap imbibés d'arnica.
Arroser d'eau sédative en envoyant à table.
Une bouteille de Janos 1915, ambré extra dry, accompagne dignement ce mets de haut goût, très apprécié dans les agapes confraternelles des hautes sommités médicales.
F. GorrLos.