‹ L'art d'être heureuseChapitre 16 sur 59 · LA CHANCE · texte numérisé non relu

LA CHANCE

moyens, ose-t-elle se plaindre de sa perpétuelle déveine? On gâte ses enfants, on cède à toutes leurs exigences, on les aime bien trop, ces chers petits, pour les corriger de leurs défauts, les soumettre à laustère devoir, les armer bravement pour les luttes futures. Un jour on pleurera toutes ses larmes et l’on s’en prendra à toutes les influences, excepté la sienne, à toutes les causes, excepté la vraie, si les ‘‘chers petits”’ sont devenus exactement les êtres sans caractère et sans coeur que l’on s'était consciencieusement appliquée à former.

Non, la ‘‘chance”? n’est pas en dehors de nous, elle est en nous. Elle s’appelle, selon le cas, prévoyance, économie, adresse, travail énergique et persévérant, bon sens, compréhension juste de la vie, appréciation exacte des choses.

Désirons la chance, mais sachons qu’elle ne viendra à nous que si nous prenons les moyens de l’obtenir.

Nos lectures

L FAUT bien le reconnaître: entre femmes, on potine et l’on papote, on mordille un peu ses bonnes amies ab-

sentes, on discute chiffons et pot-au-feu — on ne cause véritablement presque jamais. Madame Swetchine se moquait spirituellement de telles conversations: ‘On y entend, disait-elle, le bruit du moulin sans avoir jamais la farine”’.

À quoi tient donc cette désolante inanité des propos féminins ?

Nos paroles, miroir de nos pensées, sont futiles et vaines surtout parce que notre esprit ne s’alimente d’aucune lecture sérieuse.

La plupart d’entre nous, quand elles ont découvert dans le journal le prochain

Page 1