‹ L'art d'être heureuseChapitre 17 sur 59 · NOS LECTURES · texte numérisé non relu

NOS LECTURES

divorce ou le dernier suicide, quand elles ont parcouru la chronique mondaine ou dévoré le feuilleton, ne se eroient-elles pas rendues au fin bout de leur lecture ?.… Et si l’on ouvre un livre, n’est-ce pas, presque toujours, pour se délecter de quelque aventure épicée ou sensationnelle, de quelque fade ou frivole intrigue qui laisse l’intelligence plus anémiée, plus molle, plus vide encore qu'auparavant ?..

Non pas que toute lecture amusante soit condamnable. Loin de là. Comme le corps, l’âme a besoin, elle aussi, de délassement. Encore faut-il que les distractions qu’elle s’accorde soient saines, et que l’on ne fasse pas, de ce qui doit être fantaisie passagère, l’objet de prédilection.

T1 y a des femmes superbement dédaigneuses des choses de l’esprit, comme de tout ce qui ne gravite pas dans le cercle borné de leur personnalité ou de leurs soucis domestiques. Si, par un malencontreux hasard, vous demandez leur opinion

sur un sujet quelconque, ‘‘Oh! vous répondront-elles, magnifiques d’ignorance satisfaite, et en vous toisant du haut de leur conscience sans reproche, vous savez, moi, je n’ai pas le temps de me renseigner là-dessus; je m'occupe de ma maison et de mes enfants”.

Sans doute, sans doute, chère Madame.

Mais lire, parfois, l’article de fond d’un journal sérieux, entamerait-il davantage votre temps précieux que la lecture des pages entières de feuilleton de votre hebdomadaire préféré? Et votre mari, et vos enfants, surtout, s’ils commencent à srandir, croyez-vous qu’un foyer où l’on cause agréablement, en famille, des problèmes du jour, des choses courantes, ne leur paraîtra pas mille fois plus aimable que celui dont l’astiquage exagéré vous rend lasse, morose, incapable de prendre part à toute conversation ?

Suivre, autant qu’il nous est possible, le mouvement des idées, nous renseigner sur la politique, nous intéresser aux ques-

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