‹ L'art d'être heureuseChapitre 18 sur 59 · NOS LECTURES · texte numérisé non relu

NOS LECTURES

tions religieuses et nationales, cela n’est plus aujourd’hui un luxe. C’est un devoir pour toute femme intelligente, patriote et chrétienne.

La vie civique réelame notre concours de plus en plus actif. Comment utiliserons-nous pour le bien cette influence grandissante, si nous ignorons tout des questions et des personnages sur lesquels nous serons appelées, tôt ou tard, à nous prononcer? Comment resterons-nous les gardiennes averties des âmes qui nous sont confiées, si les dangers nouveaux qu'elles courent nous échapnent? Ces dangers, les livres sérieux, les bons jouraux les signalent à notre vigilance.

Un autre motif d'intérêt immédiat et pratique s'ajoute pour nous, Franco-Canadiennes, à Ces considérations. Le mouvement de réorganisation de notre asso- “lation nationale se poursuit avce entrain.

Pour assurer la vie de nos cercles, on a compris la nécessité de l'intervention féminine. Déjà, dans nos paroisses, un

grand nombre de dames et de jeunes filles font partie des divers comités. Pourquoi ne nous préparerions-nous pas par l’étude des problèmes de l’actualité, par des lectures intelligentes, à jouer dans notre vie nationale un rôle de plus en plus considérable et bienfaisant ?

Et l’on n’entendra plus la malicieuse remarque: ‘Ah! c’est une séance où il y aura des femmes? On n’y pourra guère parler d’affaires sérieuses... ??

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Celles qui travaillent

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6 ’IL est un préjugé fécond en navrantes erreurs c’est bien celui qui s’obstine, chez certains d’entre nous, à considérer le sort de la femme obligée de se pourvoir comme une irrémédiable déchéance sociale et le plus funeste des malheurs.

Le travers opposé qui, par ailleurs, fait rage en d’autres milieux et qui vide la maison, désorganise la famille au profit des bureaux ou des manufactures, r’est assurément pas moins condamnable.

La vraie place d’une jeune fille, d’une femme, est au foyer.

En cela comme en toute chose cependant, l’exception existe, la nécessité prime la règle et le bon sens est là pour guider et au besoin modifier nos jugements.

La jeune fille frivole, par exemple, qui abandonne à sa mère les lourdes charges du ménage pour toucher ailleurs le gros salaire indispensable aux exigences de sa coûteuse vanité, mérite, certes, blâme et mépris. Mais la vaillante travailleuse demandant au labeur une subsistance honnête et souvent le pain d’une mère âgée, d’un père infirme, de malheureux orphelins, n’a-t-elle pas droit au respeet et à l’admiration de tous? Ou faut-il lui rendre doublement pénible sa tâche var des critiques déplacées et un injuste ostracisme ?..

Jamais la fortune n’a été capricieuse comme aujourd’hui. Elle s’édifie et s’écroule avec la même déconcertante rapidité et nul ne peut se prévaloir d’immuuité contre l’inattendu cruel de ses coups.

Une crise survient-elle, combien plus digne d’estime apparaît la femme, la jeune fille capable de relever bravement la tête et d’aborder avec un fier courage la lutte pour la vie, au lieu de rester hon-

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