CELLES QUI TRAVAILLENT
teuse et fisée devant la nouvelle route qui s’ouvre devant elle!
La pauvreté pas plus que le travail n’est un déshonneur, Puisque la réalité est là, rien ne sert de la camoufler par des subterfuges qui ne trompent personne mais qui multiplient, au contraire, les causes d’humiliations et de souffrance. I] ne faut pas craindre d’accepter résolument sa situation et d’étaler son labeur au grand jour. Pourquoi celles qui travaillent parce que la nécessité les v oblige auraient- elles honte de faire ce que d’autres sont si fières d'accomplir par simple amour de l’art, de la science ou de l’indépendance ?
La femme qui a assez d'initiative et de talent pour gagner sa vie et parfois celle des siens mérite infiniment plus de respect et d'estime que sa soeur mieux fortunée mais capable seulement de jouir de l’existence, ou que la parasite incapable de faire oeuvre qui vaille de sa tête ou de ses dix doigts.
Que notre sympathie éclaire la route de celles qui travaillent et réconforte leur coeur las si souvent!
Jeunes filles
E suis une jeune fille dans le courant, s’écrie l’héroïne d’une récente comédie parisienne. Je regarde l’ave-
nir et je mets à la voile”. Et sur cette fringante déclaration de principes, la voilà lancée, flirtant et fox-trottant, coquette et libre d’allures, à la ‘‘chasse au mari””. Il arrive ce qui doit arriver. L’épouseur possible prend peur; l’élue sera la rivale moins hardie et plus sage.
Ce qui était vrai hier l’est donc encore aujourd’hui. Quoi qu’en pensent ou disent nombre de petites demoiselles ultra émancipées, les jeunes filles les plus entreprenantes n’ont pas les meilleures chances. L’heure venue de fonder un foyer, le jeune homme sérieux — le seul
dont l’avenir ne contredira pas les promesses de bonheur — se détournera des marionnettes qui l’ont amusé un moment et choisira pour femme celle en qui sa clairvoyance croira deviner l’épouse la plus dévouée, la plus tendre, la plus sûre.
Celle-là n’aura pas éparpillé son coeur en mille et un caprices; on ne l’aura pas vue tourbillonner sur le parquet de toutes les salles publiques, ni rencontrée à toute heure sur tous les chemins. Avant d’être une femme et une mère de devoir, elle aura été une jeune fille telle qu'il faut:
aimant à plaire sans doute, mais le cherchant avee simplicité et droiture, par la mise en valeur de ses qualités aimables, et non par le mépris des convenances ou l’oubli de sa dignité.
Mes petites soeurs canadiennes, vous qui êtes ce que la race a de plus gracieux et de plus pur, vous en qui l’on s’attend à trouver toutes les délicatesses unies à toutes les vertus, n'allez pas, de grec, laisser flétrir entre vos doigts la petite