DÈS ACTES D'AMOUR DU PROCHAIN
Jean de Dieu, les saint Vincent de Paul, les Catherine de Gênes et une multitude de saintes âmes qui, dans tous les siècles chrétiens, se sont vouées au service de toutes les misères et de, toutes les douleurs humaines.
Ce sont elles aussi qui inspirent dans l'Eglise, en nos
jours encore, tant de dévouement ; car c'est dans l'Eglise
catholique surtout' qu'il faut chercher les institutions
d'une charité véritable; et c'est là aussi une preuve de
. sa divinité!
On n'aime le prochain véritablement que là où l'on sert et où l'on aime Dieu comme il faut, a La religion pure et immaculée devant Dieu, qui est aussi notre Père, c'est de visiter les orphelins et les veuves dans leur tribulation et de se préserver sans tache des souillures du monde. »
L'union de la charité à la pureté de vie, voilà le propre des vrais chrétiens; par conséquent, visitons les veuves et les orphelins; c'est parmi eux que la tristesse, que la désolation est plus sensible ; mais il y en a d'autres qui, sans être dans cette condition, ont besoin de nos visites. Que de pauvres malades sont trop abandonnés dans les campagnes et dans les villes surtout! Une visite est un rayon de soleil qui dissipe un instant la nuit de leurs tristes pensées et qui laisse dans leur cœur une lueur de confiance. Mais, entre les malades qui réclament nos visites, il en est qui doivent intéresser particulièrement toutes les âmes qui ont la foi. Ces malades sont ceux qui sont sur le point de paraître au tribunal de. Dieu, et surtout ceux d'entre eux qui n'ont pas mené une vie chrétienne. Leur passé, au lieu de nous écarter d'eux, est ce qui nous fournit un motif pressant de ne pas les abandonner à leur triste sort. On ne meurt qu'une fois. Une âme chrétienne, quoiqu'il soit très utile de l'assister, peut à sa dernière heure s'aider plus facilement elle-même à paraître devant son juge. Elle sait prier, croire, espérer, aimer. Mais un pauvre pécheur, un indifférent, un impie' à leurs derniers moments, sont souvent incapables, s'ils ne sont secourus, de se réconcilier avec Dieu. Il faudrait à
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leur côté une sainte Christine l'Admirable dont voici en deux mots l'histoire :
C'était une humble bergère de Saint-Trond (Belgique), qui vécut et mourut saintement, après avoir édifié par son esprit de prière. Au jour de ses funérailles, elle ressuscita à la vue de tous les assistants. Dieu avait renvoyé sur la terre son âme bienheureuse, afin qu'elle travaillât à la conversion des pécheurs. Dès lors, pénétrée de sa mission, la Sainte s'éloigna du monde et n'eut de commerce avec les hommes qu'autant que la charité le demandait pour assister les indigents, convertir les pécheurs, et surtout assister les mourants. Elle allait trouver les malades, et, éclairée intérieurement d'une lumière surnaturelle, elle leur mettait souvent devant les yeux leurs fautes les plus secrètes, leurs crimes les plus cachés. Elle leur parlait ensuite avec un ton si vif et si inspiré de la mort malheureuse du pécheur, du jugement de Dieu, de la sévérité inexorable de sa justice, et surtout des souffrances incompréhensibles de l'enfer, que les malheureux pécheurs, saisis d'angoisse et terrifiés, demandaient un confesseur avec une ardente impatience, afin de lui faire l'aveu des fautes de leur vie entière.
Une autre faveur inappréciable que la Sainte obtenait d'ordinaire aux mourants qu'elle assistait, c'était d'être préservés des angoisses effrayantes de l'agonie. En effet, elle leur mettait dans l'âme tant de consolation et de courage, qu'ils voyaient approcher le moment suprême avec une entière tranquillité, et se reposaient avec une pleine confiance sur la miséricorde infinie de Dieu.
Ce ministère d'assister les mourants, le plus nécessaire, le plus efficace detous, est exercé de nos jours avec une singulière bénédiction du ciel. Nous avons connu, nous connaissons de ces anges des agonisants, qui essuient la sueur des mourants, qui les assistent dans les combats de la dernière lutte, et qui leur ouvrent la porte du ciel. Nous avons dirigé une humble ouvrière qui employait ses hei^res libres, dans la semaine et le dimanche, à se reposer de ses fatigues au
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chevet des mourants. On connaissait dans son voisinage son dévouement, sa piété sincère, la douceur de ses manières et de ses procédés. Elle était vénérée de son voisinage d'ailleurs fort triste au point de vue religieux. Les malades' les moins ciirétiens étaient heureux de recevoir sa visite, et elle obtenait d'eux de merveilleuses dispositions à l'heure dernière. Déjà, Jésus lui a dit, et de bonne heure: « J'étais infirme et vous m'avez visité » ; et elle a dii être bien accueillie là-haut par ces pauvres pécheurs qu'elle avait convertis, et dont quelques-uns ont pu la précéder dans la gloire dont ils lui seront éternellement redevables.
Qui n'a entendu parler de la Société des Veilleuses de Lyon? Ce sont souvent des ouvrières aussi, qui, après leur journée de travail, vont pendant la nuit assister les malades. Uu bon prêtre de cette ville a eu l'heureuse pensée d'instituer la Société des Veilleuses d'honneur; ce sont celles qui, sans s'astreindre à passer la nuit auprès des mouvants, ont la mission de s'enquérir des malades de telle rue et de tel quartier, afin de les préparer à recevoir le prêtre et d'avertir à temps les ministres de Dieu. Ceux qui ont du zèle et qui ne ferment pas les yeux sur ce qui se passe dans certaines villes, et même dans certains bourgs ou villages, comprendront combien il importerait à la gloire de Dieu et au bien des âmes, d'établir partout ces sentinelles vigilantes qui observent l'arrivée de la mort et en préviennent à temps ceux qui en sont menacés et ceux qui peuvent les assister. .Si les religieuses gardesmalades et autres sont dispersées, les associations de ce genre deviendront plus nécessaires encore ; mais, lors même qu'un tel malheur serait épargné à la société chrétienne, qui ne sait que les pays qui ont le secours des religieuses sont relativement rares ; que, dans les villes mêmes où elles sont établies, leur nombre est insuffisant pour découvrir les malades; que, bien qu'elles soient là, il arrive trop souvent que les prêtres ne connaissent qu'un de leurs paroissiens a été malade que par l'attestation de son décès ?
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Prêtres du Seigneur, vierges, veuves, femmes chrétiennes, laïques, religieux, nous vous dirions volontiers à genoux « Miseremini morientium : Ayez pitié des mourants » ; cherchez à découvrir les malades, organisez des associations si bien réglées que personne n'échappe à leur vigilance. Hélas! malgré tous ces soins, il n'y aura encore que trop souvent des morts subites! Une sentinelle vigilante donc dans tous les quartiers; que dis-je? dans toutes les rues des villes et des bourgs et dans tous les hameaux, pour appeller le prêtre à temps. Je le répète, on ne meurt qu'une fois! Des délais malencontreux peuvent précipiter une pauvre âme dans l'enfer. C'est ce qui se voit, hélas ! tous les jours; et après qu'un moribond a reçu les sacrements, il faut, avant qu'il rende le dernier soupir, appeler encore le ministre de Dieu pour qu'il lui donne une dernière absolution à l'heure suprême. Nous connaissons des pays catholiques où aucun malade, même ayant reçu déjà tous les sacrements, ne veut mourir sans qu'un prêtre soit à ses côtés ; où toutes les familles regarderaient comme un malheur l'absence du prêtre à ce moment redoutable. Pourquoi ne le comprend-on plus dans certaines contrées? C'est que la foi va diminuant, et la raison mèmes'émousse par suite. On ne sent plus ce que c'est que l'éternité; et, sous prétexte d'épargner k un moribond une mauvaise nuit, on le laisse tomber pour toujours dans les brasiers de l'enfer. Mais si le prêtre ne peut être présent au moment de l'agonie, raison de plus pour qu'il y ait là un fervent chrétien, une femme pieuse qui veille à côté du mourant, qui l'assiste et lui fasse produire des actes de foi, d'espérance, de charité et de contrition qui lui ouvriront le ciel. C'est pourquoi nous reproduisons à la fin de cet ouvrage notre Métlwde d'assister les mourants.
Mais revenons aux œuvres de miséricorde corporelle. Donner à manger à celui qui a faim, offrir à boire à celu qui a soif, fournir des vêtements à ceux qui ont froid, voilà qui est possible à tous. Un pauvre a toujours un morceau de pain à partager avec un plus pauvre que lui.
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Et puis, il y a des hôpitaux, des orphelinats, des œuvres apostoliques où saint Antoine lui-même a peine à procurer le pain de chaque jour. Un cœur chrétien ne peut se fermer à la compassion pour tant de misères. « Donnez et il vous sera donné. Qui donne aux pauvres prête à Dieu. Rien ne manquera aux âmes généreuses, et aux jours mauvais IDieu les délivrera. »
L'œuvre du rachat des captifs qui, à certaines époques de l'histoire, était nécessaire, n'a pres([ue plus de raison d'être aujourd'hui; mais que d'âmes à racheter du péché! Nous en dirons un mot plus loin.
L'hospitalité à donner aux étrangers est aussi devenue d'un assez rare usage; mais comment ne pas louer cependant les œuvres qui ont pour but d'accueillir les passants, de les héberger, de les moraliser? Entre ces œuvres, celle de la protection de la jeune fille a un caractère particulièrement touchant, qui doit la recommander. Il s'agit do préserver du péril de bonnes âmes qui viennent dans les villes y chercher une maison de service ou un emploi. Les garantir des pièges tendus à leur inexpérience, les placer dans des maisons recommandablesoii elles pourront garder leur foi et leur vertu, est donc un acte de charité des plus •méritoires.
Tout l'homme est grand quand on l'envisage au point de vue de la foi. Le saint homme Tobie est loué dans l'Ecriture d'avoir enseveli les morts de sa nation captive. Sainte Catherine de Gênes brûlait du désir de mourir pour s'unir à Dieu, elle s'écriait : « Amour, je ne veux que vous, et même à la façon qu'il vous plaît ; mais, au moins, si vous ne voulez pas que je meure encore, ni même que je désire mourir, laissez-moi aller voir mourir et ensevelir les autres, afin que je les voie sur le point de jouir du grand bien que vous me différez !» Et la fille des doges se consacre à soigner les malades et à ensevelir les morts dans les hôpitaux. C'est sans doute pour récompenser sa charité que Dieu a conservé presque intact jusqu'à nos jours le corps de cette Sainte. C'est plusieurs fois que nous avons
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eu le bonheur de vénérer ses restes précieux dans l'église de l'hôpital qu'elle avait fait construire elle-même à Gênes. C'est assez sur les œuvres de charité corporelle.
§ 2. — Des œuvres de charité spirituelle.
Autant l'ànie l'emporte sur le corps, l'éternité sur le temps, le ciel sur la terre, autant ces œuvres l'emportent sur, les œuvres de miséricorde corporelle. C'est ce qu'ont compris tous les saints. Ils se dévouaient au soulagement de toutes les misères humaines ; mais, avant tout, ils voulaient sauver des âmes ; et c'est même en vue de conquérir des âmes à Dieu qu'ils accomplissaient les autres œuvres de charité. Les théologiens traitent des diverses œuvres de miséricorde spirituelle dont nous avons à dire un mot, en suivant l'ordre qu'ils nous ont tracé.
1° Il y a d'abordlesbonsconseils. Quelle influence désastreuse a souvent un mauvais conseil ! Que d'âmes ont été jetées par là hors de la voie du salut ! Les bons conseils donnés à propos ont aussi leur efficacité; et le Saint- Esprit nous apprend que l'âme est charmée par les bons conseils d'un ami.
Or, que d'occasions une âme qui a la foi et l'amour de Notre-Seigneur rencontre, presque chaque jour, de dire une bonne parole, dans la famille, dans le voisinage, et même à distance, par des visites ou par des lettres écrites à propos. Sans doute, il faut savoir ne pas so donner les allures de prédicateur, et ne pas parler hors de saison à ceux qu'on sait tellement disposés qu'ils ne pourront rien entendre : mais en y allant avec réserve, prudence et adresse, on peut faire entendre à ceux avec qui on est en rapport bien des vérités utiles. On peut consoler une âme affligée; on peut apaiser celui qu'emporte la colère i on peut retenir celui qu'attirent de coupables plaisirs; on peut réconcilier ensemble des cœurs que la vengeance aigrit; on peut amener à faire des actes de piété ceux qui ont abandonné la prière et lés sacrements; on peut
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même persuader à d'autres des pratiques -pieuses et l'observation des conseils de Notre-Seigneur. C'est surtout de la bouche de* ceux qui aiment Dieu qu'on n'est pas surpris d'entendre le langage de la raison et de la foi. On serait peut-être même étonné si rien dans leur conversation n'était capable d'élever les âmes vers le ciel.
2° C'est une œuvre de charité obligatoire pour tous les chrétiens de reprendre avec douceur ceux qui offensent Dieu quand il y a espérance d'arrêter par là le mal. Que de fois un père, un frère ont cessé leurs blasphèmes, leurs profanations du dimanche, à cause des prières, des tendres reproches qui leur étaient adressés avec affection par une fille, par une sœur! Sainte Christine l'Admirable, afin de pouvoir aborder les pécheurs, se présentait à eux en haillons pour leur demander l'aumône et elle trouvait là l'ocsion de les ramener à Dieu. Elle mêlait au besoin à ses avertissements tant de soupirs et tant de larmes que les plus endurcis ne pouvaient lui résister.
S'il est des pécheurs qu'on n'ose pas aborder, du moins est-il beaucoup de jeunes gens dont on peut prévenir la ruine en leur faisant voir les périls qu'ils courent, les dommages qu'ils subissent pour leur réputation en prenant part à certaines sociétés, en entretenant certaines liaisons, en faisant certaines lectures dangereuses. Quand on ne peut agir soi-même, on peut d'ailleurs faire agir d'autres personnes dont les charitables reproches, ou dont les avertissements seront plus efficaces. On emploie donc la bonne volonté des autres, quand on se sent impuissant soi-même. On persuade à un médecin chrétien d'inviter un malade à se prépai-er à la mort. Auprès d'un jeune homme qui se perd, on emploie pour le ramener la médiation d'un père de famille estimé de lui ; auprès d'une jeune fille, une dame pieuse qui ait sur elle de l'influence. C'est quand on avertit qu'il faut savoir user de ménagement et de douceur. Les hommes sont parfois si emportés par la fièvre de leurs passions, qu'ils sont prêts à insulter ceux qui. les en veulent guérir. Le médecin doit être habile, s'il
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veut leur . administrer un remède sans les aigrir. 3° Instruire des vérités religieuses ceux qui lés ignorent, c'est une œuvre non seulement utile, mais encore nécessaire, surtout quand, dans les pays chrétiens, on ne donne qu'une instruction profane à l'enfance et à la jeunesse. Il est des mystères de notre M dont la connaissance^ est nécessaire; au salut, et qu'on n'apprend plus ni dans certaines familles ni à l'école. Si le prêtre, est toujours prêt à les enseigner, ceux qui ont un plus grand iesoin de son enseignement sont souvent les plus empressés à le fuii*. Quel moyen de remédier à un mal qui peuple de païens sans foi des nations jusque-là chrétiennes? Ce moyen, on l'a découvert; c'est de réchercher les enfants qui, n'allant jamais au catéchisme, risquent de ne pouvoir faire de Première Communion, de les attirer dans des patronages; et que là les âmes charitables qui les ont amenées se constituent leurs. catéchistes et les préparent à recevoir leur Dieu. Quelle belle œuvre! C'est celle des missionnaires dans les pays infidèles. C'est celle même des pasteurs des âmes; en s'associant à eux pour une si noble tâche, sans nul doute on aura part à la promesse divine: « Ceux qui enseignent à plusieurs la justice brilleront comme des étoiles dans les perpétuelles éternités. » Du reste, tous les ignorants ne sont pas. des enfants. Ceux qui ont vieilli sans rien apprendre des choses de Dieu et en entendant parler contre la religion, contre l'Eglise, contre le prêtre, sont encore plus à plaindre; et il est plus difficile encore de les atteindre; mais le vrai zèle ne recule pas devant les difficultés; il les surmonte. A ces ignorants on peut faire arriver un bon livre qui sera capable de les instruire. On prie une des personnes qui lés entourent de leur lire au besoin quelques pages, quand ils aiiront tout le loisir voulu pour les. entendre sans mauvaise humeur; on peut aussi leur faire passer un journal catholique qui, en les intéressant, retournera peu à peu leurs idées, sans même qu'ils s'en doutent; on peut conseiller à leurs enfants de réciter tout haut devant eux le catéchisme, sous le prétexte
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de faire voir leur bonne mémoire! Peut-être même pourra-t-on leur persuader d'assister à l'église, à une fête, à un sermon; et, pour lors, on prierait d'avance le prédicateur de rappeler avant le sermon les vérités nécessaires au salut.
Il est une œuvre qui s'impose par son importance, surtout dans certaines nations. C'est colle des patronages, ou des congrégations, où l'on réunit des jeunes gens, ou des jeunes personnes' pour les préserver des dangers et compléter leur instruction religieuse.
Assurément, nous aurons pour lecteurs des instituteurs et des institutrices de la jeunesse. Quelle mission ils ont à remplir les unâet les autres! L'avenir des familles et de la société elle-même est en leurs mains, s'ils savent enseigner ou plutôt élever; car l'enseignement, s'il ne porte que sur les choses profanes, s'il néglige l'instruction religieuse et la formation du cœur et du caractère, prépare des indifférents, des impies, des âmes par conséquent vicieuses. Former dans l'enfant le ctirétien, c'est-à-dire «ne âme qui craigne, serve et aime Dieu, qui puise dans la prière et la fréquentation des sacrements la grâce d'une vie pure, voilà la vraie éducation qui peuplera le ciel d'élus. Heureux ceux qui sauront la donner à la jeunesse! « Ils brilleront comme des étoiles dans les perpétuelles éternités. ».
4° Pardonner à ceux qui nous offensent est aussi une grande et sainte œuvre. « Le disciple n'est pas au-dessus du Maître. » Nous ne devons pas nous attendre à être traités mieux, que Notre-Seigneur. Il a passé en faisant le bien ; et on l'a calomnié, conspué, ci'ucifié. Cela ne l'a pas empêché de prier pour ses bourreaux et de verser son sang pour ceux mêmes qui le répandaient. Ceux qui l'aiment ne doivent-ils pas entrer dans ses sentiments? Qui donnera l'exemple du pardon des injures, si les âmes pieuses ne savent pas le faire? « Si vous n'aimez que ceux qui vous aiment, a dit Notre-Seigneur, quelle récompense aurez- vous? Est-ce que les païens ne le font pas? » Si nous
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né faisons rien de plus que les infidèles, nous ne sommes pas chrétiens.
Saint Léonard de Port-Maurice remarque: que, parfois, deux soldats, après s'être insultés et même battus, boivent ensemble et redeviennent amis ; tandis qu'il est difficile de réconcilier entre elles certaines personnes qui font pro- ^ fession de piété. C'est là un égarement étrange, et il y a lieu de s'écrier avec un poète :
Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des' dévots?
5° Mais voici une autre œuvre de charité qu'il importe fort de recommander, le support des défauts du prochain, a Portez les fardeaux les uns des autres, a dit l'Apôtre, et vous accomplirez ainsi la loi de Jésus-Christ. » Qui n'a ses défauts? Ne nous étonnons point, par conséquent, d'en trouver chez autrui. Le plus malheureux est celui qui on a de plus grands. 11 est donc*plus à plaindre qu'à blâmer. Si un membre de votre famille ou de votre voisinage avait une infirmité du corps, le rebuteriez- vous? l^ourquoi donc ne pas supporter ses infirmités spirituelles?
Une dame pieuse d'Alexandrie demanda à saint Athanase de lui donner une pauvre veuve qu'elle pût nourrir chez elle par charité.' Saint Athanase lui en fit choisir une du plus heureux caractère, qui ne cessait de témoigner sa reconnaissance à sa bienfaitrice. Celle-ci, trouvant que sa bonne œuvre n'avait pas assez de mérite dans ces conditions, s'en plaignit à saint Athanase qui ordonna de lui en donner une d'une humeur chagrine et colère. Cette dernière fut plus facile à trouver que l'autre. La pieuse dame la reçut avec bonté; mais bientôt sa nouvelle protégée laissa voir ce qu'elle était. C'étaient des plaintes, des murmures, et même des coups quelquefois. La pieuse dame remercia néanmoins saint Athanase et persévéra dans cet admirable exercice de charité durant quatre ans, après lesquels elle alla au ciel recevoir sa récompense. Imitons-la.
On ne méfait pas souffrir par infirmité, dira-t-on, mais par malice. Eh! qu'en savons-nous? Qui peut lire au fond
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du cœur? Quand on ne peut excuser les actions, il faut du moins excuser les intentions dont Dieu seul est témoin et juge. Mais supposons qu'on mette de la malice à vous exercer, la malice n'est-elle pas la plus grande des infirmités; et le malheur de celui qui en est atteint ne doit-il pas exciter votre compassion? Du reste, nos vrais amis sont ceux qui nous donnent l'occasion de pratiquer la patience, l'humilité, la charité et, par conséquent de gagner le ciel. Mais, ajoute-t-on, ceux qui m'entourent et qui devraient m'ètre un secours me sont plutôt une charge et me laissent toute la besogne. Eh, tant mieux pour vous, vous en aurez plus de mérite. Le chasseur, selon l'expression de saint Jean Chrysostome, se plaint-il de ce que les autres chasseurs lui ont laissé tout le gibier? Se plaint-on de ce que ceux qui ont passé avant soi par le chemin n'ont pas ramassé toutes les pièces d'or qui s'y trouvent semées? Le ciel vaut plus que le gibier et que les pièces d'or; soyons fiers d'en avoir plus que notre part.j
6° Enfin, la prière, voilà l'œuvre de charité et de zèle par excellence. C'est à la manière dont quelqu'un prie pour son prochain qu'il peut connaître s'il l'aime sincèrement. C'est, en effet, la prière qui appelle la miséricorde divine sur les pauvres, sur les malades que nous assistons, sur notre propre famille, sur ceux qui nous sont chers, sur les pécheurs que nous désirons voir revenir à Dieu. Sainte Thérèse, par sa prière, convertit autant d'âmes que saint François Xavier. Prions, non seulement pour la conversion des pécheurs et le salut des mourants, mais encore pour les âmes du Purgatoire. Sainte Christine l'Admirable souffrit pour elles le& tortures les plus effrayantes ; ce qui la soutenait dans ces supplices et la remplissait d'une ardeur toujours nouvelle, c'est que Dieu permettait à chaque âme délivrée de venir la remercier. Les souffrances les plus terribles, dépassant toute imagination, ne lui semblaient plus rien, après avoir vu ces âmes, rayonnantes de la gloire céleste, plongées dans l'enivrement de leur bonheur éternel.
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Oh ! que d'occasions de pratiquer la charité nous sont offertes tous les jours ! Si nous étions attentifs à en profiter, quels trésors de grâce et de gloire nous pourrions acquérir ! Notre vie sei-âit tissue d'actes d'amour de Dieu et du prochain. Est-il rien de plus noble; déplus consolant même que de s'oublier soi-même pour l'honneur de Dieu et l'utilité de ses frères ? N'est-ce pas là retracée les exemples de Notre-Seigneur et des saints! ,
charité, qui semble, en ces jours où l'iniquité abonde, le refroidir en plusieurs, quand un monde pervers te bannit, viens chercher en nos = cœurs un asile. Là tu seras accueillie avec faveur, car nous comprenons enfin que le dévouement, c'est la vie; que l'égoïsme, c'est la mort; que l'amour de Dieu et du prochain, c'est le bonheur de ce monde, la sécurité à l'heure dernière^ la félicité éternelle des élus.
mon Dieu, que ne l'ai-je compris plus tôt! Du moins suis-je résolu de consacrer à votre amour et à l'amour de mes frères tout ce qui me reste de vie. Mon Dieu, qui m'inspirez cette résolution, donnez-moi la force d'y être fidèle. Je vous le demande par Marie, votre divine Mère et la mienne. Né permettez pas que je me sépare jamais de vous, qui êtes le seul vrai bonheur de la terre et du ciéL!