‹ L'art d'être heureux [microform]Chapitre 39 sur 121 · INTRODUCTION XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLV

un aveuglement malheureux qui leur fait regarder comme solide ce qui est fragile et périssable, se rire de la vérité comme si c'était une fable, et admirer des fables comme si c'était la vérité. C'est par Jésus-Christ que nous avons appris le mépris des biens qui passent et l'amour des biens éternels.

Le Fr. Gilles disait un jour à saint Bonaventure : « Vous êtes heureux, vous, Frère Bonaventure, de savoir tant de choses! Moi, pauvre ignorant, je ne sais rien; vous pouvez devenir plus saint que moi. — Ecoute, lui répondit le Saint: si une pauvre vieille, si ignorante qu'elle soit, sait aimer Dieu plus que moi, elle sera plus sainte que moi. » Là-dessus,"le Fr. Gilles se mit à crier: « pauvre vieille! pauvre vieille! écoute, écoute; si lu aimes Dieu, tu peux devenir plus sainte que le P. Bonaventure! »

Une bonne ouvrière, qui aime Dieu et observe sa loi, en vérité, a plus de sagesse et de véritable intelligence, non seulement que tous les philosophes tant vantés d'Athènes ou de Rome, que tous les savants impies des temps modernes si liers de leurs découvertes qui ne leur ont pas fait trouver le chemin du bonheur véritable, mais môme que tous les docteursen théologie qui n'aimeraient pas Celui dont ils nous enseignent la doctrine.

« Les ignoi'ants se lèvent et s'emparent du ciel ! » s'écrie saint Augustin. Oh! quels savants qu'un

Page 1