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du plaisir et du bien qui est en Dieu, dans lequel nous voudrions, pour nous y unir davantage, nous complaire d'une .complaisance infiniment plus grande à l'imitation delà Sainte Vioi'ge qui glorifiait et honorait parfaitement Dieu, par la complaisaiicc qui faisait tressaillir d'allégresse son esprit en Dieu son Sauveur.
» Pour faire grandir en elle cette complaisance, l'a me se prive soigneusement de tout autre plaisir afin de s'exercer plus fort à se plaire en Dieu; car la variété du plaisir dissipe et empêche de s'appliquer attentivement à celui qu'on doit prendre en Dieu. Celui qui aime vraiment n'a presque point de joie sinon en ce qu'il aime. Si une âme, possédée de cette sainte affection, rencontre les créatures, si eKcellentes qu'elles soient, seraient-elles même des anges, elle ne s'arrête avec elle qu'autant qu'il le faut pour en être aidée et secourue dans son désir. Sainte Madeleine rencontra au sépulcre les anges qui lui parlèrent sans doute angéliquement, c'est-à-dire bien suavement, voulant apaiser l'ennui qu'elle éprouvait ; elle, au contraire, tout éplorée, ne sut prendre aucune complaisance, ni en leurs douces paroles, ni en la splendeur de leurs habits, ni en la grâce toute céleste do leur maintien, ni en la beauté tant aimable de leur visage, mais toute couverte de larmes, ils m'ont enlevé mon Seigneur, disait-elle, ei je ne sais où ils l'ont mis; et se tournant, elle voit son doux Sauveur, mais sous la figure d'un jardinier, ce qui ne put satisfaire son cœur; car toute pleine de l'amour de la mort de son Maître, elle ne veut point de fleurs, ni par conséquent de jardinier. Elle a dans son cœur la croix, les clous, les épines ; elle cherche son crucifié. Hé! mon clier Maître Jardinier, dit-elle, si vous aviez par hasard planté mon bien-aimé Seigneur trépassé, comme un lis fané et froissé entre vos fleurs, dites-le moi hien vile, et moi je l'emporterai. Mais Jésus ne l'appelle pas plutôt par son nom, que toute fondue en plaisir : Hé! Dieu, dil-elle, mon Maître! Rien, certes ne la peut assouvir, elle ne saurait se plaire avec les anges, pas même avec son
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Sauveur s'il ne paraît sous la forme si parfaitement connue de son cœur.
» Le désir d'agrandir la complaisance retranchant tout autre plaisir, l'àmo va toujours, cherchant la face de son Bien-Aimé, c'est-à-dire qu'avec une attention de plus en plus soigneuse, elle remarque toutes les beautés, toutes les perfections qui sont en lui, afin de trouver des motifs plus pressants de se plaire de plus en plus dans l'incompréhensible beauté qu'elle aime.
» Dans l'impossibilité de rien ajouter à Dieu, elle veut, du moins, luifaireextérieurementhonneur pardeslouanges. Dieu, comblé d'une bonté qui surpasse toute louange et tout honneur, ne reçoit ni avantage, ni surcroît de bien par toutes les bénédictions que nous lui donnons. Toutefois, parce que, selon notre manière de voir, l'honneur est regardé comme un des plus grands effets de notre bienveillance envers les autres, et que, par lui, non seulement nous ne présupposons point d'indigence en ceux que nous honorons, mais plutôt que nous protestons qu'ils abondent en excellence, par cela même nous ernployons celte sorte de bienveillance envers Dieu, qui, non seulement l'agrée, mais l'exige comme conforme à notre condition, et si propre à témoigner l'amour respectueux que nous lui devons, qu'il nous a même ordonné de lui rendre et de lui rapporter tout honneur et toute gloire.
» Ainsi donc l'àme qui a pris une grande complaisance en l'infinie perfection de Dieu, voyant qu'elle ne peut lui souhaiter aucun agrandissement de bonté, parce qu'il en a infiniment plus qu'elle ne peut en désirer, ni même penser, souhaite aii moins que son nom soit béni, exalté, loué, honoré et adoré de plus en plus ; et commençant par son propre cœur, elle ne cesse point de le provoquer à ce saint exercice. Comme une abeille sacrée, elle va voletant çà et là sur les fleurs des œuvres et des excellences divines, recueillant d'elles une douce variété de complaisances, dont elle fait naître et compose le miel céleste de bénédictions, de louanges, par lesquelles, autant qu'elle
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peut, elle exalte et glorifie le nom de son Bien- Aimé.
» Mais ce désir de louer Dieu est insatiable; car l'âme sent qu'elle ne pourra jamais louer Dieu autant que sa bonté le mérite. Elle fait de grands efforts pour hausser ses accents de louange. A mesure qu'elle loue, elle se plaît à louer, et à mesure qu'elle se plaît à louer; elle regrette de ne pouvoir mieux louer, et pour contenter son amour, elle fait des efforts au milieu desquels elle tombe en langueur comme il arrivait à saint François qui, au milieu des plaisirs qu'il prenait à louer Dieu et à chanter des cantiques d'amour, jetait une grande abondance de larmes et laissait souvent tomber de faiblesse ce que pour lors il tenait à la main, perdant souvent la respiration à force d'aspirer aux louanges de celui qu'il ne pouvait jamais assez louer, puis il invitait toutes les créatures à lui venir en aide.
» Ainsi faisait David, qui allait, sans ordre, du ciel à la terre et de la terre au ciel, appelant pêle-mêle les anges, les poissons, les monts, les eaux, les dragons, les oiseaux, les serpents, le feu, la grêle, les brouillards ; assemblant pour ses souhaits toutes les créatures, afin que toutes ensemble s'accordassent à glorifier pieusement leur Créateur, les unes en célébrant elles-mêmes les divines louanges, et les autres en donnant le sujet de le louer par les merveilles de lem-s différentes propriétés, qui manifestent la grandeur de leur Créateur. »
Ainsi fait un cœur qui aime Dieu ; il invite la terre et le ciel à le bénir, et comme les bénédictions des anges et des saints eux-mêmes ne sont pas encore assez hautes pour exalter la grandeur de Dieu, il se tourne vers Marie qui glorifie Dieu plus que toutes les créatures ensemble. Ce n'est pas assez encore, car les louanges de Marie sont bornées, il s'adresse à Jésus-Cln*ist, vrai Dieu et Fils de Dieu, la louange infinie de son Père et il offre à Dieu les bénédictions qui sont sorties de la bouche de ce divin Sauveur; il va plus loin et pénétrant dans le sanctuaire de l'adorable Trinité, il s'écrie : Gloire soit au Père, au
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Fils et au Saint-Esprit, et par là^il souhaite à Dieu non les louanges créées, mais la gloire éternelle qu'il a en lui-même, par lui-même et de lui-même, et qui est luimême. Et c'est cette gloire, en eHet, qu'il avait au commencement, et qu'il aura toujours dans les siècles des siècles.
mon Dieu, je ne veux avoir de cœur que pour vous aimer, de langue que pour vous bénir. Je voudrais que ' toutes créatures vous bénissent avec moi. Je vous ofire les louanges que vous adressent dans le ciel les anges, les saints, la vierge Marie elle-même qui, ayant a sa suite une multitude de vierges dont elle est la reine, vous chante un cantique dont la virginité connaît seule les accords.
Surtout,- je vous offre les adorations, les bénédictions, les hommages qui partent du Cœur de Jésus, votre Fils, qui ne s'est fait homme que pour votre gloire, par lequel votre majesté est louée par les anges, adorée par les archanges, redoutée par les puissances, célébrée avec un concert de joie unanime par les vertus des cieux et par les bienheureux séraphins, et je vous prie d'admettre ma voix dans leurs concerts, et je redis en suppliant avec eux : Saint, saint ^ saint, est le Seigneur, le Dieu des armées. Joute la terre est remplie de sa gloire. Gloire à Dieu au plus haut des cieux I
§ 4. — De l'amour de bienfaisance.
Si nous ne pouvons vouloir à Dieu aucun bien dont il ait besoin, puisqu'il est le comble de tout bien, à plus forte raison ne pouvons-nous pas lui faire du bien à luimême •, mais nous pouvons nous efforcer de lui procurer cette gloire extérieure que nous lui souhaitons par l'amour de bienveillance. Et c'est la seule chose qu'il nous soit possible de faire pour lui. Si nous l'aimons, procurons-lui cette gloire, soit en nous-mèrae par l'observation de sa loi, soit dans les autres en les amenant à aimer Dieu et à le servir. De là un double amour qui
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naît do. l'amour de bienfaisance, l'amour de soumission ou d'obéissance et le zèle. Un mot de l'un et dti l'autre.