‹ L'art d'être heureux [microform]Chapitre 9 sur 121 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

Aussi voyons-nous que l'œil ne se rassasie pas de voir, ni l'oreille d'entendre; que les trésors les plus riches n'apaisent pas l'avarice; que les ambitieux et les hommes de plaisirs ne sont jamais satisfaits. Du reste, les biens, les honneurs, les plaisirs, loin de rendre meilleurs, et par là même plus heureux, sont le plus souvent la source de plus grandes fautes et du moins de plus grands périls. Qu'est-ce qu'une blancheur qui ne rend pas blanc? Quels biens que ceux qui non seulement ne rendent pas bons, mais qui, le plus souvent, rendent pires ceux qui les possèdent I II faut une santé robuste pour résister à l'action du poison et il faut une âme forte pour ne pas se laisser entraîner par la séduction des richesses, de la gloire mondaine et des jouissances d'ici-bas. Qui ne sait, d'ailleurs, qu'on. ne peut trouver un vrai repos dans la possession de ce qui est si fragile que nous pouvons le perdre à toute heure, soit par des revers de fortune, soit par la malice des hommes? Mais lors même que rien ne nous enlève les biens d'ici-bas, ne devrons-nous pas les quitter à la mort qui peut nous frapper à tout instant et qui nous dépouillera de tout? Si ceux qui sont riches, entourés d'honneurs et saturés de jouissances s'estiment heureux à cause de cela, saint Augustin les compare à des hommes endormis qui rêvent. Le pauvre qui dort, parfoiSj, songe qu'il est riche, mais à son réveil il se trouve avec sa misère. Le bras glacé de

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