I. — NOUS DEVONS ET NOUS POUVONS FAIRE DES ACTIONS SAINTES
Dieu, qui est la souveraine Sagesse, n'a rien fait d'inutile. Pas un être qui n'ait une fin déterminée, et des opérations propres pour l'atteindre.
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La fin dernière de tous les êtres, c'est la gloire de Dieu. Mais les créatures intelligentes, seules capables de connaître leur Créateur et de l'aimer, sont faites pour lui, et doivent tendre vers lui, et cela par leurs œuvres, soit intérieures, soit extérieures ; ce n'est que pour cela que Dieu leur donne le pouvoir d'agir, c'est par là qu'elles procurent la gloire de Dieu. Dieu est père; ses enfants doivent l'honorer en agissant d'une manière (digne de la noblesse de leur origine. C'est une honte pour les fils d'un roi de se conduire comme les enfants du peuple. Dieu est maître, il l'est de nos. actions, plus et mieux que le laboureur ne l'est des fruits de l'arbre qu'il a planté et delà moisson qui a grandi dans son champ. Dieu est Dieu et, par conséquent, le principe et le terme de tout ce qui existe. Il ne peut céder à personne ses droits de souveraineté sur tout et de fin dernière des âmes. Il ne peut, par conséquent, les dispenser d'agir pour lui. Ses droits sont inaliénables ; les reconnaître et les respecter, c'est lui faire l'honneur qu'il mérite.
Chaque bonne action procure donc la gloire de Dieu; elle lui témoigné notre fidélité et notre soumission à sa volonté; elle lui donne la joie qu'il attend de nous; elle atteint le but qu'il se propose en nous donnant sa grâce et la vie. Chaque action mauvaise est la violation des droits de Dieu, un mépris de sa volonté, un abus de ses dons; aussi, quelque éclat qu'elle puisse avoir, Dieu la rejette quand on la lui offre. Ne serait-ce pas offenser un prince delà terre que do lui offrir un objet vil et dégoûtant"? Dieu n'a-t-il pas droit d'être aussi exigeant que les grands du monde, et de s'offenser de nos œuvres mal faites?
D'autre part, notre intérêt demande que nous sanctifiions nos actions. Chacun sera jugé selon ses œuvres. L'homme moissonnera ce qu'il aura semé. S'il est un figuier stérile, ne pOrtant aucun fruit, il n'échappera pas à la malédiction ; car c'est faire le mal que de ne rien faire, quand Dieu nous a établi pour porter des fraits qui demeurent :2>osMt vos ut fructum afferatis et fructus vester
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maneat. Celui donc qui sème le mal recueillera la malédiction; et celui qui fait le bien sera béni. Semons donc ici-bas de bonnes œuvres, chacun selon notre condition, comme chaque arbre produit des fruits selon son espèce. Dieu ne demande pas de tous les mêmes œuvres, pas plus qu'il n'exige que les pommiers produisent des dattes ou des oranges. Mais il veut que tous nous produisions des fruits salutaires, selon notre état et notre capacité. Et, qu'on le remarque bien, le fruit d'un grand arbre n'est quelquefois qu'une graine fort petite; néanmoins, si on la jette en terre, elle se développe et devient, avec les années, grande jusqu'à faire un arbre tout à fait semblable à celui qui l'a produite. Ainsi nos bonnes actions, si petites soient-elles en elles-mêmes, si elles sont bien faites, nous procurent un poids éternel de gloire, aussi bien que les œuvres les plus éclatantes. Et c'est ce qui doit [nous faire admirer la bonté de Dieu à l'égard de ses enfants ; quand ils lui offrent de bon cœur le peu dont il sont capables, il agrée leur offrande avec plus de faveur que des actions plus grandes faites avec moins de bonne volonté.
Que de saints au ciel jouissent d'une gloire ineffable, et qui, ici-bas, ont mené une vie obscure et ignorée? Que disje, les saints? et la Reine des saints elle-même, qu'a-t-elle fait sur la terre, sinon de vivre dans les humbles travaux de sa pauvre maison? Et cependant, elle est placée au ciel au-dessus de tous les saints, de tous les anges, de toutes les puissances célestes. Et comme Dieu récompense chacun selon ses œuvres et selon son mérite, il faut donc que Marie ait plus mérité par chacune de ses plus petites actions que les autres saints pendant uiïe vie entière d'œuvres de zèle,de miracles, de pénitences extraordinaires,
vous donc qui vous plaignez de ne pas pouvoir faire beaucoup pour Dieu, consolez-vous! Faites bien ce que la Providence demande de vous dans la situation oîi vous êtes. Aussi bien êtes-vous obligé de le faire bien ou mal. Tous doivent se vêtir, manger, dormir, parler, travailler, souffrir, prier. Ne vaut-il pas mieux le faire bien que de
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le faire mal? N'y trouve-t-on pas plus de plaisir et de mérite? Quelle folie de perdre de belles occasions que l'on a à toute heure, de glorifier Dieu en se sanctifiant?
Comment oser convertir en sujets de condamnation ce qui pourrait nous^tre la source d'un bonheur éternel?
Faites donc bien ce que vous faites, ne vous pressez pas trop. C'est assez tôt, quand c'est assez bien. N'embrassez pas trop de choses. Une seule oîuvre excellente a plus de valeur que plusieurs autres imparfaites, comme une pièce d'or vaut plus qu'une bourse pleine de pièces de cuivre. Ne perdez pas de temps pourtant ; car la vie est courte. Marchez pendant qu'il fait jour; car vient la nuit, c'està-dire la mort après laquelle personne ne peut rien faire pour son salut. Tout ce que peut faire votre main, accomplissez-le incontinent. Ne renvoyez pas, car vous arriverez vite à la tombe, quo tu properas. C'est aujourd'hui, c'est à l'instant même qu'il faut agir; vous n'avez à votre disposition que le moment présent, le suivant n'est pas à vous. Ne vous amusez pas à des bagatelles qui, demain, ne vous serviront de rien. La science elle-même ne vous servira de rien après la mort. Ce sont des œuvres que Dieu demande ; c'est votre main qui doit les faire, ne comptez pas qu'un autre les fasse pour vous. Chacun portera son fardeau. Ne dites pas que vous ne pouvez réussir, il n'est personne qui ne puisse faire le bien qui est sous sa main. Dieu donne à tous sa grâce et promet à tous la récompense. Et cette récompense, d'ailleurs, n'est pas accordée aux grands succès, mais au Irayail.BeddetDeusmercedem laborum.
II. — DES CONDITIONS REQUISES POUR QUE NOS .ACTIONS SOIENT BONNES ET MÉRI- TOIRES
Pour qu'un acte soit bon et digne de récompense, il est nécessaire que son objet soit honnête. Le vol, par exemple, étant en lui-même contraire à l'honnêteté, on aurait beau
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le pratiquer d'une manière habile, ou avec une intention bonne, comme de faire l'aumône aux pauvres, il restera toujours un acte coupable.
Il ne suffit pas que l'objet de l'acte soit honnête en lui-même, il faut encore que toutes les circonstances de l'acte soient bonnes. Jeûner est un acte bon, mais si une mère de famille s'exténue par des jeûnes au point de ne pas pouvoir nourrir son enfant, ses jeûnes cessent d'être bons pour elle. Prier est un acte bon; mais de trop longues prières seraient hors de raison si elles faisaient négliger des devoirs d'ét'at. Faire des actes bons en euxmêmes, mais à contretemps, ou dans un lieu où ces actes ne conviennent pas, c'est leur enlever au moins en partie leur beauté morale. Un visage n'est pas beau lors même qu'il ne lui manquerait qu'une partie du nez. C'est l'intégrité de tout ce qui compose le visage qui en fait l'agrément. Ainsi en est-il de nos actions.
De toutes les circonstances d'un acte, c'est l'intention ou la fin qu'on se propose en le faisant qui a la principale influence sur l'acte lui-même. Une fin mauvaise, si l'on n'a qu'elle en vue dans une action d'ailleurs sainte, corrompt tout à fait l'acte. Celui qui ferait l'aumône à un pauvre en vue de lui persuader de mal faire commettrait un crime.
Une fin bonne ne rend pas bon un acte mauvais, mais elle en diminue la malice. Il pèche, celui qui prend le bien d'autrui pour soulager la misère d'un malheureux ; mais sa faute est moins grave que si c'était pour s'enivrer ou pour s'enrichir du bien d'autrui.
Une fin bonne rend meilleur un acte bon. Je fais l'aumône en vue de retirer le pauvre du vice, mon aumône a une bien plus grande valeur que si je n'avais que l'intention de soula'ger sa misère.
' L'acte bon mérite une récompense; mais s'il n'est pas accompli dans des vues de foi, comme celle d'obtenir le pardon de ses péchés, de gagner le cielj de plaire à Dieu, il ne peut mériter qu'une récompense temporelle.
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Si un acte bon, fait même dans des vues de foi, est accompli par celui qui n'est pas en état de grâce, il dispose celui qui le fait à se réconcilier avec Dieu, mais il n'est pas méritoire du ciel. Il faut être en étal de grâce ou dans la charité pour que les bonnes actions soient dignes de l'éternelle récompense. « Dieu a promis la couronne de gloire à ceux qui l'aiment. Coronani gloriœ quant repvomisit Deus diligentibus se.»
Mais l'état de grâce suffit-il pour que des actions bonnes en elles-mêmes, et dans toutes leurs circonstances, soient méritoires du ciel ? 11 en est qui le pensent, pourvu «tjue celui qui fait ces actions les rapporte à Dieu en faisant des actes de charité de temps en temps, par exemple quand le précepte de faire ces actes oblige; mais d'autres exigent, de plus, que les actions bonnes soient rapportées ou offertes à Dieu par des motifs de foi ou d'espérance chrétienne.
D'autres même veulent que ces actes, au moins pour devenir méritoires de la gloire essentielle du ciel, soient offerts à Dieu par un motif de charité, ou inspirés par la charité; quoi qu'il en soit, comme nous sommes fort intéressés à mériter, non seulement sûrement, mais encore abondamment, ' rien de mieux que de faire toutes nos actions sous l'influence de l'amour de Dieu et;avec les intentions les plus élevées possible. Pour le comprendre, il faut savoir qu'il y a des intentions perverses qui, comme nous l'avons reniarqué déjà, ruinent, du moins en partie, la valeur d'un acte bon, quand on le fait par exemple par vaine gloire ou uniquement pour plaire aux hommes. Il y a des intentions qu'on appelle terrestres ; cat elles n'ont rien j^'élevé, bien qu'elles ïie soient pas mauvaises. Par exemple, faire une bonne action en vue d'obtenir le succès d'une entreprise.
Il y a des intentions saintes, comme de faire le bien en vue d'arriver au bonheur des élus.
Enfin, il y des intentions divines; car ce sont celles mêmes que Dieu a en vue dans toutes, ses oeuvres. Dieii fait tout pour sa gloire et par amour de ses perfections
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infinies. Ce sont ces intentions divines qui donnent le plus haut prix à nos actions. Fussent-elles en elles-mêmes modestes et obscures, si elles sont laites avec amour et dans des vues élevées, elles sont plus grandes aux yeux de Dieu, qui voit le cœur qui les inspire,^que les actes les plus éclatants accomplis avec des intentions inférieures.
De là l'importance de la pratique que nous avons recommandée déjà d'offrir nos actions à Dieu, dès le matin, avec un sentiment d'amour et avec l'intention que toutes et ciiacune d'elles soit un acte de charité parfaite, et procure la plus grande gloire de Dieu.
Il est même bon de renouveler cette intention du matin au commencement de ses principales actions, repoussant, avant d'agir et pendant l'action elle-même, toute pensée d'amour-propre, et s'appliquant à faire l'acte parfaitement, comme il convient quand on travaille pour Dieu.
Ce serait, en effet, lui faire peu d'honneur que de lui offrir des actions auxquelles on mettrait moins d'application et de soin que si on travaillait pour les hommes.
Nous avons donné plus haut, en traitant du mérite, une formule d'offrande de ses actions à Dieu. (Voir p. 262 et suivantes.)
III. — l'imitation de NOTRE-SEIGNEUR, MOYEN EFFICACE DE SANCTIFIER SES ACTIONS
Dieu a fait l'homme à son image et à sa ressemblance; et tout le soin de l'homme doit être de ne pas défigurer en lui l'image de Dieu, de s'appliquer plutôt à l'embellir par une vie sainte; car tout son bonheur, toute sa perfection est de ressembler à Dieu. Un enfant ne do'it-il pas porter les traits de son père? Ainsi saint Paul écrivait-il aux Corinthiens : « Soyez les imitateurs de Dieu, comme étant ses enfants très chers. » Mais comme l'homme ne voit pas Dieu et, par conséquent, a de la peine à copier ses traits, Dieu a pris soin de mettre dans tous les temps
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SOUS ses yeux des hommes remarquables par leur sainteté qui servissent de modèles aux autres, et leur apprissent, par leur vie admirable, comment on doit se conduire pour ressembler à Dieu. Toutefois, comme ces modèles avaient tous quelque imperfection, Dieu à la fin a envoyé sur la terre son Fils unique, qui s'est revêtu du manteau de notre humanité pour nous apprendre comment nous devons le porter d'une manière qui soit digne de Dieu. En nous donnant son Fils, le Père semble nous dire : « Regardez et faites selon le modèle que je vous ai montré. C'est là mon Fils bien-aimé, il a la même naturej la même perfection que moi. C'est en lui que je mets toutes mes complaisances. Je ne me complairai, en vous qu'autant que je verrai en vous quelque chose de conforme à sa vie et à sa conduite. Ecoutez-le en suivant ses leçons et ses exemples. »
Le divin Sauveur vient à son tour nous dire : « Je vous ai donné l'exemple afin que vous fassiez comme j'ai fait. Quecelui qui me sert me suive. Je suis la voie qui mène au ciel; c'est par cette voie qu'il faut marcher pour y parvenir. »
Les apôtres viennent eux-mêmes nous inviter à suivre les exemples de Notre-Seigneur. C'est le» sens de celte parole que saint Paul répète si souvent à tous les fidèles : « Vous dépouillant du vieil homme, revêtez-vous de Jésus-Christ. Le vieil homme, venant delà terre, est terrestre; l'homme nouveau, venu du ciel, est céleste. » Cela signifie que de même qu'un habit cache ce que nous sommes et ne laisse voir que ses propres couleurs, de mémo nous devons faire disparaître dans nos pensées, nos paroles, nos actions, tout ce qui est selon la nature corrompue, (it ne laisser voir que Jésus-Christ, comme un vêtement divin dont nous serons revêtus, avec ses couleurs éclatantes, c'est-à-dire ses vertus, son humilité, sa douceur, son oijéissance, . sa pureté.
Du reste, n'est-il pas évident que plus nous ressemblerons à Jésus-Christ « qui a bien fait toutes choses », plus
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notre vie sera sainte. Les anciens philosophes reproduisaient en eux toutes les allures du maître qu'ils estimaient et croyaient l'honorer en le copiant; mais qu'est-il de plus élevé, de plus noble, dé plus sage, de plus saint que celui dont tous les actes avaient une perfection incomparable et un mérite infini?
C'est lui qui est l'objet de notre amour; et si cet aftiouf est sincère, il doit nous faire admirer toutes les vertus, toutes les actions de Notre-Seigneuf . et nous porter à les imiter. Car l'amour tend à ne faire qu'un avec l'objet qu'il aime: ou il trouve, ou il rend semblables ceux qu'il unit. Ce n'est donc pas aimer parfaitement Jésus-Christ que de ne pas l'imiter. C'est même ne pas être chrétien dans toute la force du mot; car le chrétien, pour porter dignement ce beau nom, doit rendre conformes à celles de Jésus-Christ, ses pensées, ses paroles, ses actions. « Vous tous qui êtes baptisés^ dit saint Paul vous êtes revêtus de Jésus-Christ. » Et certes, ce n'est pas pour l'extérieur seulement que nous devons lui devenir semblables. Il a flétri avec tant d'énergie, les pharisiens qui lavaient le dehors de la coupe en laissant l'intérieur rempli de souillures ! C'est par nos pensées, par nos sentiments que noUs devons lui ressembler, aussi bien que par nos paroles et par nos œuvres. Aussi saint Paul dit-il : «c Ayez en vous les sentiments de Jésus-Christ. » Et il faisait lui-même ce qu'il recommandait aux autres, de telle sorte qu'il a pu dire : « Vivre, pour moi c'est io Christ. Je vis, non, ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi. »,
Heureux mille fois ceux qui pourront tenir en vérité ce langage! Pour eux, la vertu, les épreuves deviennent douces. Jésus qu'ils aiment les soutient ; avec quelle ardeur ils travaillent à devenir conformes à celui qui, pour l'amour d'eux, s'est fait semblable à eux ! Quelle joie ils éprouvent à souffrir quelque chose pour celui qui a tant et de si bon cœur souffert pour eux !
Mais, pour en venir là, il faut imiter le peintre qui veut
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reproduire le portrait d'un personnage ; il le fait poser devant lui, le regarde attentivement et, à cliaque regard, il reproduit sur la toile avec son pinceau le trait qu'il a^ remarqué. Ainsi fixons habituellement les yeux de notre âme sur Notre-Seigneur. Considérons tour à tour son intérieur et son extérieur.
Dans son intérieur, quel amour de son Père, quel désir de procurer sa gloire, quels élans d'actions de grâces et de louanges! Quelle compassion pour les hommes, quelle tendresse pour les pécheurs, quelle humilité^ quelle douceur, quelle paix inaltérable!
Dans ses paroles, quelle discrétion, quelle sagesse, quelle modestie, quelle bienveillance! Dans ses actes, dans ses allures, son port, sa tenue, ses vêtements, quelle dignité modeste! Quel reflet de bonté sur son visage! Aussi le Docteur séraphique, saint Bonaventure, dit-il: « Décrivez dans votre cœur les mœurs et les actions de Jésus-Christ, l'humilité qu'il a fait paraître parmi les hommes, la bénignité qu'il a témoignée à ses disciples, sa modestie dans le boire et le manger, sa miséricorde envers les pauvres, auxquelsil s'était rendu en tout semblable, et qui paraissaient spécialement être de sa famille; voyez comme il n'a eu ni mépris, ni aversion pour personne, pas même pour les lépreux; comme il n'a jamais flatté les riches; combien il a été affranchi des soins de ce monde et peu occupé des nécessités de la vie ; comme il a été réservé dans ses regards , patient dans les injures, doux dans ses réponses.
» Une s'est pas étudié à se venger par des paroles amères et mordantes, mais à guérir la maladie d' autrui par des réponses aimables et douces. Etudiez la sainte gravité de tous ses gestes, son zèle pour le salut des âmes, pour l'amour desquelles il a daigné s'incarner et mourir. Voyez comme il s'est donné pour modèle de tout bien, comment pour nous édifier il a évité les entretiens familiers avec les personnes de différent sexe, de telle sorte qiie ses disciples s'étonnaient de le voir parler seul avec la Samaritaine, car c'était contraire à sa manière ordinaire d'agir.