‹ L'art d'être malheureuxChapitre 2 sur 20 · Dominum ferre non potuimus : conserve servimus · texte numérisé non relu

Dominum ferre non potuimus : conserve servimus

3. Jam quibus utatur vel ministris vel sociis, sed lis provincias quorum nemo duo menses potuit palrlmonium suum gubernare.

4. Dolor esset aliquis bonorum, id est lautorum et locupletum, sed bebes, ut solet.

5. Multitudo et infimus quisque propensus in alteram par^ tçm, iQulti mutatignis cupîdi,

ne sait pas où il nous mène; nous lui obéissons, il obéit aux circonstances*.

» On est si abattu, — qu'on aime mieux être ty^ rannisé dans cette tranquillité où nous croupissons, que de recommencer la lutte, même avec les chances les plus favorables K

» Les hommes d'affaires et les paysans ne veulent que la tranquillité; — croyez-vous que cela les effraierait d'avoir un roi? — ^N'ont-ils pas toujours accepté tout pouvoir qui leur a promis ou donné cette tranquillité 3?

La révolution de 1848, — grâce aux gilets, aux bonnets, aux phrases et au dénoûment, — a été une parodie de 1789 et de 1792.

La présidence et le règne de Napoléon III ont été la parodie du 18 brumaire et du premier empire.

1. Hoc tamen scîto ne ipsum quidem priocipem scire quid futurum sit : nos illi servimus, ille temporibus.

2. Usque enervatus, ut hoc otio, quo nunc tabeseimus, malimus ivTupaveXgOcei, quamcum opUma spe dimicare.

3. An fœnatores, an agricolas, quibus optatissimum otium, nisi eos timere putasne sub regno sint, qui id nunquam, dummodo oUosi essent. recusarunt?

1871 — nous a montré à la fois une parodie de 1848 et de 1793.

Quelle est la parodie, quelle est la farce bouffonne ou tragique — ou bouffonne et tragique — qui est maintenant à l'étude ou en répétition?

Hélas ! — ne réussirons-nous pas à montrer au monde une exception à cette règle indiquée par l'histoire? — à toute révolution succède une réaction,

— la seconde excessive et violente comme la première : — dans les États monarchiques, la monarchie, remplacée par la République, reprend le pouvoir; — dans les pays républicains, après uiie monarchie révolutionnaire, c'est la République qui revient.

Quand les deux fanatismes du progrès exaspéré et du recul opiniâtre^ — ^ tignasses et perruques,

— sont tombés fatigués l'un par l'autre, — l'oscillation causée par leur lutte détermine un milieu, où le pouvoir restera plus ou moins longtemps ;

— heureux si ce pouvoir ressuscité et admis pratique ce qu'il y a de possible et de sensé dans celui qui Ta renversé et un moment remplacé, — ^ et s'il sait accepter l'héritage sous bénéfice d'inventaire.

Le progrès n'agit pas comme une épée, — mais comme une vrille, en tournant et en prenant son point d'appui sur l'obstacle lui-même.

A vrai dire — le monde devient tous les jours plus difficile à gouverner, — et quand je lis dans les journaux qu'une comète vient de se mettre en route pour nous réduire en poudre et en cendres

je me dis : Peut-être l'Être suprême ne voit-il pas, lui-même, d'autpes moyens d'arranger nos affaires.

C'est en vain qu'on voudrait se le dissimuler; — il y a en route pis qu'une comète, — c'est une révolution sociale; — ça finira-t-il par un branie-bas général, un sens dessus dessous complet, un gâchis, un chaos? — Puis, les éléments divers reprendrontils naturellement leur place d'après les lois de la pesanteur ?

Ou quelques hommes de génie, aidés par des hommes énergiques, intelligents, honnêtes et dévoués — réussiront-ils à donner à la société des lois nouvelles, une nouvelle organisation? — à la faire glisser sur une pente plus ou moins douce — avec plus ou moins de cahots et de secousses — au lieu de la voir se précipiter?

Voyons la plus ancienne société dont nous ayons l'histoire — c'est celle des Indiens.

Le brahmane (le prêtre) en venant au monde, est placé au premier rang sur cette terre; souverain seigneur de tous les êtres, il doit veiller à la conservation du trésor des lois civiles et religieuses ^

Tout ce que ce monde renferme est, en quelque sorte, la propriété du brahmane ^.

Page 1