‹ L'art d'observer en geologieChapitre 27 sur 41 · FORETS SOUS-MARINES · texte numérisé non relu

FORETS SOUS-MARINES

mutés à des niveaux plus bas que celui de la haute mer, dont ils auraient été séparés par une plage formant une sorte de digue. 11 faut donc qué l’observateur apporte le plus grand soin dans l’examen de toutes les circonstances qui accompagnent ce phénomène, s’il veut espérer pouvoir en reconnaître l’origine.

Il devra , en premier lieu r prendre le niveau exact de la localité qu'il veut étudier, et voir à quelle profondeur au-dessous de la haute mer, et même quelquefois de la basse mer, se trouve le sol de la foret sous-marine. Puis il cherchera à vérifier s’il existe dés faits qui prouvent qu’une portion quelconque de cette forêt ait crû à la place même qu’elle occupe aujourd’hui. Il est. des cas où une telle circonstance est difficile à reconnaître ; mais ailleurs on trouve les racines fortement implantées dans le sol, et l’ensemble de l’accumulation est tel que l’on ne peut douter que les branches des arbres , les feuilles, etc., ne se soient amassées autour des racines. Nous supposons ici que ces arbres sont indubitablement des mémü espèces qui croissent maintenant dans la contrée ; mais l’observateur se rappellera que les mêmes effets peuvent s’être produits à des époques géologiques antérieures à l’actuelle.

b. Il restera ensuite à examiner la position générale de la forêt sous-marine ; savoir, si elle se trouve au débouché d’une vallée, en avant d’une grande plaine basse, ou si elle est autrement située. Supposons, pour un moment, que la figure 75 représente la coupc

Fig. 75.

d’une de ces forêts perpendiculairement à la côte; a b étant le niveau de la mer à la marée haute; cd celui de la marée basse; ef le sol de la forêt sous-marine ; g une plage accumulée par l’action des brisants ; et h du sable ou de la vase qui recouvre l’assise e f. Dans ce cas la forêt ne sera visible que sur la côte et pendant la basse mer, et l’observateur ne pourrait reconnaître son existence dans l’intérieur que par des tranchées naturelles ou artificielles qui traverseraient le sable oir la vase h. Si dans un tel état de choses les racines sont implantées dans le sol sur lequel les arbres ont vécu, et cela non-seulement en avant de la plage g, mais encore en arriéré de ccttc plage vers l’intérieur des terres , de sorte que la plage cllemérac repose sur le prolongement de la forêt, il est évident que la

126 FORÊTS SOt’S-MtïUNES.

plage g doit avoir été accumulée après la croissance de la forêt, et que si une autre plage au delà du point e protégeait jadis cette foret contre la mer, cette dernière plage a totalement disparu. L’observateur examinera si la plage g repose au-dessus du sable et de la vase h; car, s’il en était ainsi, la plage g serait plus récente que h ; puis il reconnaîtra si ce sable ou cette vase ont été déposés par l’effet d’une digue qui aurait arreté les eaux douces coulant vers la mer, ou bien s’ils résultent d’un dépôt de détritus qui auraient été tenus eu suspension dans la mer. 11 est souvent difficile de reconnaître l’origine d’un dépét situé comme celui h, à moins qu’on n’y trouve «les restes organiques dont la nature marine ou d'eau douce déciderait la question. Dans la coupe de la figure 75, qui est assez frequente dans la nature, la suite des événements serait la suivante. 1.® On aurait eu un sol situé de manière à ce qu’il pût y croître des chênes, des ifs, des sapins, etc., mêlés quelquefois à des plaides de marais. 2.® Ces arbres auraient vécu pendant un temps considérable, et quelques-uns d’entre eux auraient atteint de grandes dimensions. 3.® Il se serait fait un changement de circonstances, à la suite duquel il se serait accumulé une couche de sable et de vase sur des troncs d’arbres brisés, etc. 4.® A la suite d’un autre changement la mer aurait attaque une partie de l’accumulation de végétaux et l’aurait mise à découvert au-dessous du niveau de la haute mer , après avoir enlevé les sablas et la vase qui la recouvraient, et accumulé une plage qili, dans les circonstances ordinaires, empcclie tout autre envahissement de la mer sur cette partie de la foret qui est recouverte encore par les sables et la vase.

c. 11 est important d’avoir des observations exactes sur les matéj riaux, tels que les graviers, les sables, etc., qui sont accumulés au-dessus de la partie des forets sous-marines située vers l’intérieur des terres. On arrive quelquefois à conclure, d’après de telles observations, qu’il y a eu plus d’un changement relatif de niveau entre la terre et la mer avant que la forêt sous-marine se présentât sous son aspect actuel. On peut même reconnaître quelquefois deux accumulations différentes de végétaux, séparées l’une de l’autre par de l’argile , du sable ou des graviers. L’observateur devra s’attacher à reconnaître si les arbres d’une foret sous-marine sont disposés de manière à faire croire qu’il y a eu là un envahissement soudain de la mer, ou bien si l’état actuel de ces arbres ne porterait pas plutôt à croire que les causes , quelles qu’elles soient, qui ont donné lieu à l'envahissement de ces forêts, ont agi d’une manière plus lente.

XVI. Plages sàu levées. Nous avons dit plus haut que les côtes de

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