‹ L'art d'observer en geologieChapitre 39 sur 41 · PUITS · texte numérisé non relu

PUITS

donné. On peut avoir à la surface du sol une argile très-imperméable à l’eau , qui repose sur un grès poreux ; il pourra arriver alors qu’en suivant le niveau des eaux on arrive à couper l’argile, de sorte que le lit du canal se trouve sur le grès.

IV. Puits. Le géologue observateur saura facilement juger s’il existe quelque probabilité de trouver de l’eau en creusant dans des localités données. Les forages les plus importants sont ceux des puits que l’on appelle artésiens , dans lesquels on perce verticalement le sol jusqu’à diverses profondeurs , de manière à avoir des eaux jaillissantes en grande abondance à la surface dans des pays on l’eau est d’ailleurs rare ou de mauvaise qualité. Quoique les puits artésiens soient intimement liés avec les recherches géologiques, nous sommes forcé ici de les négliger 1 , et de ne parler que des puits ordinaires , si communs dans tous les pays.

a. L’observateur, ne tenant point compte des sources qui se font jour à travers des failles, ou qui jaillissent en nappes plus ou moins abondantes des cavités des couches calcaires ou autres roches caverneuses, n’a qu'à se rappeler que les sources plus fréquentes résultent de l’infiltration de l’eau à travers des couches poreuses , jusqu’à ce qu’elles soient arretées par une assise imperméable; et il pourra juger de la facilité plus ou moins grande avec laquelle on pourra se procurer de l'eau en creusant des puits dans un pays quelconque. Supposons que la figure 138 représente la coupe d’une

Fig. 138.

colline formée d’un grès siliceux poreux a, d’une assiso,d’argile b, d’un grès poreux et un peu calcaire c, et d’une autre argile d; supposons en outre que dans la vallée f ces roches sont à découvert, tandis qu’en g le fond de la vallée est recouvert d’un gravier poreux. Dans cet état de choses, pour se procurer de l’eau à la sommité de la colline , il faudrait percer un puits dans le grès a et arriver nécessairement jusqu’à l’argile b, qui arreté l’eau de pluie qui s’infiltre à travers le grès a. La hauteur de cette eau sera probablement indiquée par une ligne de sources dans la vallée f; mais

’ Voyez , pour les détails sur les puits artésiens, Penny Cyclopœdia.

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les sources qui se feraient jour de même dans la vallée /» (nous

supposons les couches horizontales pour rendre notre explication plus facile) seront cachées par le gravier e et filtreront entre ce gravier et l’argile jusqu’au grès c. De cette manière un puits creusé en 2 à travers le gravier rencontrera la nappe d’eau du puits 1, qui S’écoule en sources dans la vallée y, tandis qu’un puits ouvert en 3 fournira l’eau qui est arrêtée par les couches argileuses d , et cette eau sera probablement d’une qualité différente de celle de la nappe supérieure aux couches b , puisqu’elle aura traversé des roches d’une composition différente. Pour arriver à la même nappe d’eau , dans la vallée g, il serait nécessaire de percer le gravier e et le grès c ; et s’il existait entre les deux un mince enduit argileux , on pourrait trouver d’abord les eaux de la nappe supérieure aux couches b, puis, plus bas , celles arrêtées par l’assise d.

b. L’observateur concevra facilement une variété de circonstances

qui peuvent modifier dans diverses localités la quantité d’eau que fournissent les puits ; mais en étudiant la position géologique de chacun des puits, de manière à connattre la véritable position relative des couches poreuses et de celles qui sont imperméables, et en tenant compte des failles, lorsqu’il en existe, il n’éprouvera aucune difficulté à s’expliquer les faits de ce genre qu’il pourra rencontrer. * ' ,

c. Lorsque l’on creuse un puits , il faut éviter avec soin de percer la couche imperméable qui supporte l’eau et qui est quelquefois fort mince ; car l’eau pourrait s’écouler alors dans les couches inférieures , si elles étaient poreuses.

d. Dans les pays If couches très-inclinécs , et même verticales , on peut souvent rencontrer de l’eau à différents niveaux , par la saturation , jusqu’à'ccs niveaux, des schistes ou autres couches qui jusqu’à un pertain point sont perméables à l’eau ; de sorte qu’en creusant un puits dans ces localités, l’eau filtrerait dans la cavité et s’y maintiendrait au niveau des roches saturées. L’observateur rencontrera souvent de petites cavités creusées près des maisons des pays schisteux , dans des couches fortement inclinées, et qui. sont remplies d’eau d’après ce principe.

V. Mines. Il ne peut être dans notre intention de parler avec quelque détail de ce qui concerne l’art des mines ; nous ne voulons que faire sentir combien la connaissance de là géologie est nécessaire à ceux qui cherchent des minerais métalliques, ou des combustibles, dans des pays où il n’y a pas eu encore d’exploitations. La somme totale d’argent qui a été perdue en recherches inutiles, de houille surtout, et que la moindre connaissance de géologie aurait épar-

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