Léon d'Ostie, col
2. Lu reconstruction partielle entreprise après le tremblement de terre de 1370 prit pour base les fondations du xi" siècle (Cf. une bulle du pape Urbain V : Gattola, Hisloria Abbaliae Casinensis, II, p. 520; — Cahayita, I, p. 218).
3. Même les « officines », telles que cuisines et réfectoires, sont encore, pour la plupart, à leur place primitive : Cf. Gattola, I, pî. m, iv et IX.
4. Les descriptions de Léon d'Ostie sont clairement résumées par Scauxz; II, p. 117 et suiv.
5. Ces deux tours sont figurées sur le frontispice d'un précieux manuscrit de la Vaticane (Voir p. 137, fuj. 0t>).
vantaux couverts d'inscriptions donnent le dénombrement du peuple d'églises dont l'église du Mont-Cassin était la reine. L'étroit lapis de mosaïques de marbre qu'un a foulé, en faisant le tour du portique, se développe à l'intérieur de l'église cl couvre le pavé des trois nefs d'une longue suite de rectangles, d'étoiles et d'enroulements. Les murs, au-dessus des dix colonnes antiques qui, de chaque côté de l'église, séparent les nefs, sont ornés de peintures. La charpente même est peinte. Au fond de l'église les couleurs maies font place aux mosaïques, plus riches et plus brillantes. Dans l'abside le Christ triomphe, entouré de saints, parmi lesquels on reconnaît saint. Jean-Baptiste et saint Jean l'Kvangélisle '.
Un merveilleux mobilier de marbre et de métaux précieux achève, au milieu de l'église, la décoration chatoyante des parois et du sol. La clôture du chœur est formée de grandes plaques de marbre : sur les côtes, les plaques sont de marbre blanc; sur la l'ace qui regarde l'entrée de l'église, une plaque est de marbre blanc, une autre de porphyre et deux de vert, antique. Dans celte enceinte s'élève, près de l'ambon, en bois peint cl doré, le candélabre du cierge pascal: une colonne d'argent doré, haute de sept coudées, qui repose sur une base de porphyre. D'énormes pièces d'orfèvrerie, disposées sur plusieurs rangs, encombrent le sanctuaire. C'est d'abord, à l'entrée du chœur, un premier iconostase. Six colonnes d'argent soutiennent une « poutre de gloire », en bois peint et dore, au-dessus de laquelle des bras de bronze, raidis en l'air, supportent une seconde poutre, en bronze. Sous la poutre de bois, entre les colonnes, soid pendues cinq icônes peintes, de forme ronde, dans des cadres d'argent ciselé. Au-dessus de la même pouli e sont rangées treize autres icônes, de forme rectangulaire, e 'gent dore, avec des ligures en relief. Tandis que la poutre de bois est un
support d'icones, la poutre de bronze est un support de luminaires : elle est garnie do crochets, auxquels pendent trente-six lampes, et porte cinquante candélabres destinés à recevoir des cierges. Devant celte double (ilede lumières, une couronne d'argent, suspendue au plafond par une chaîne, porte des lampes et des cierges; elle est flanquée de douze tourelles et pèse cent livres d'argent. Une nouvelle séparation est marquée, derrière l'iconostase, par quatre transennse de bronze. Puis, devant l'autel, une aouvelle « poutre de gloire »,cn argent, est portée par quatre colonnes d'argent : deux grandes croix d'argent sont érigées entre les colonnes, sur des hases de marbre. Le ciborium de l'autel, monté sur des gradins incrustés de marbres orientaux, est composé, lui aussi, d'architraves d'argent portées par des colonnes d'argent. Devant et derrière le ciborium, des icônes rondes, en argent, avec des reliefs sur leurs deux faces, sont pendues entre les colonnes. Enfin, au milieu de ces portiques de métaux précieux, l'autel lui-même esl décoré de miniatures, exécutées en or pur et en émaux : les figurines champlevées et cloisonnées représentent, avec quelques scènes de l'Évangile, les miracles de saint Benoît.
i. La basilique avait d.'ux aulrcs absi.les; celle du celé de l'Épître élait dédiée à la Vierge, celle du l'Évangile au pape saint Grégoire.
Cette exposition d'orfèvrerie était pour le célébrant et pour les assistants le spectacle quotidien. .Mais il faut imaginer le décor des jours de fêtes, lorsque entre les deux iconostases étincelants d'or et de lumière on installait sept candélabres de bronze et six candélabres d'argent, lorsqu'on tirait du trésor les vases couverts de gemmes et d'émaux et les Évangéliaires aux plats d'ivoire et d'or, qui avaient été donnés par Agnès, impératrice de Germanie", par Etomanos, empereur de Gonstantinople, par les marchands d'Amalfi, et lorsqu'on pendait «dans le chœur» les deux lapis sarrasins qui étaient un présent de Robert Guiscard*. Dans les vers inédits qu'on peut lire en tête du plus précieux manuscrit enluminé pour Desiderius, et qui célèbrent les ouvrages du magnifique abbé, les noms de gemmes, sardonyx, chrysoprases, émeraudes, améthystes, hyacinthes, se pressent comme dans les énumérations d'un a Lapidaire » ''.
Les merveilles décrites par le poète anonyme et par Léon d'Ostie l'ont penser à la décoration orientale îles basiliques romaines du rx" siècle. Mais, à la lin du xr siècle, la plupart des richesses accumulées par des papes comme Le,.n III ou Pascal Ie' avaient déjà disparu dans les orages qui avaienl fondu sur le Latran et sur Saint-Pierre. Ce sont les moines du Mont-Cassin qui révèlent les ornements pontificaux du pape Victor II. rachetés aux usuriers de Home par l'ahbé qui devait être le pape Victor III'. Au temps de Desiderius, il n'y avail dans tout l'Occident rien de comparable à la basilique