‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 106 sur 433 · Lkon d'Ostib, Mignb, col · texte numérisé non relu

Lkon d'Ostib, Mignb, col

ICi L'ÉCOLE BÉNÉDICTINE

Aussitôl il en commanda de semblables et envoya à la ville impériale les mesures du portail de l'église du Mont-Cassin : un marchand d'Amalfi, Mauro, fils de Pantaléon, tint à honneur de payer le bronze el la fonte. La porte, que l'on voit encore en place, et sur laquelle Eurenl gravés les noms des églises vassales du Mont-Cassin, avait été destinée à la vieille église bâtie par l'abbé Jean, si bien qu'après la construction de la nouvelle basilique les vantaux se trouvèrent trop courts pour le portail1.

Lorsqu'en 1066 la reconstruction de l'église de Saint-Benoit. Eut résolue, Desiderius lit le voyage de Rome pour y acquérir une quantité de matériaux antiques, plaques de marbre, colonnes, bases et chapiteaux, qui lurent transportés par mer jusqu'à l'embouchure du Garigliano, el de là, sur des chariots, jusqu'au pied de la montagne. En même temps il embaucha, pour la mise en place des marbres tout travailles et pour le gros œuvre d'architecture, une équipe d'ouvriers, «tant lombards qu'amalfitains ». Ces Italiens, venus du nord et du sud de la Péninsule, ne tirent, que reproduire les constructions élevées depuis un demi-siècle sur le Mont-Cassin : devant la première basilique de Saint- Benoit, l'abbé Théobald avait déjà élevé deux tours à l'entrée de l'atrium -, et l'abbé Richerius avait rebâti devant l'église un portique, dont la colonnade était surmontée d'arcades3.

C'esl pendant que s'achève la construction de la basilique neuve que Desiderius mande à Constantinople les moines chargés de ramener des artistes habiles dans l'art de la mosaïque et de la marqueterie de marbre : inarte musiaria et quadrataria. Dès leur arrivée, ces artistes sont chargés de donner à la basilique latine une décoration byzantine, en exécutant les pavements multicolores et la double série des mosaïques qui doivent revêtir, d'une part, la voûte du vestibule et, d'autre part, l'arc triomphal et la conque de l'abside. Alors .seulement le chroniqueur, qui a connu les mosaïstes grecs et s'est émerveillé de les voir imiter avec leurs bâtons d'émaux tous les êtres vivants, et avec des fragments de marbre les fleurs qui tapissent les champs, parle d'une école d'artistes qui se l'orme au Mont-Cassin. Desiderius ordonne que les moines et surtout les jeunes novices soient initiés aux techniques les plus variées : il leur fait apprendre le travail de l'or, «le l'argent, du fer, du verre el de l'ivoire, aussi bien que celui de la pierre, du bois el du stuc. Le chroniqueur ne dil rien des maîtres dont renseignement était pour la nouvelle école la

première c lition d'existence. Les artistes venus de Constantinople avaient été appelés

pour une besogne bien déterminée : ils apportaient avec eux « les arts dont les Latins avaient perdu le secret », c'est-à-dire la mosaïque d'émaux et la mosaïque de marbres, la mosaïque à figures et la mosaïque à décor géométrique. Sur ce point, le témoignage peu connu de l'archevêque A 1 l'a n ils coïncide exactement avec celui île Léon d'Ostie; les artistes de l'« Hespérie», dit l'ami de Desiderius, étant incapables de travailler les «matières vitri-

1. I.kon d'Ostie, Migne, col. 736. V. plus loin, p. 177, n. 4.

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