Ibid., col. 09j
fiées » et, d'en composer des figures humaines, ont fa il appel aux artistes de la « Thrace1 ». Après ces mosaïstes, aucun autre groupe d'artistes étrangers, peintres ou orfèvres, n'a
Fig. 67. — Grands initia lk (D), d'après un manuscrit du mont
CONTEMPORAIN DE DBSIDERIUS (Y(lt. lot. 12021.
été attiré au Mont-Cassin. Il faut donc admettre, malgré le silence de Léon d'Ostie, que les maîtres qui enseignèrent aux moines du Mont-Cassin les techniques les plus savantes
Undique cetera lala loci Pondère pre nimio prêt i i Empla fuere, nec Hcsperii Sufficiunt salis artifices :
Thracia mevcelocatur a<l hec, llic labur in vitrea potius Materia datur eximius :
Nam variala coloribus liée
Sir hominis décorât speciem, Non sit ni aller in effigie.
Lustra decem novies redeunt, Quo patet esse Laboris opus Istius urbibus Italie [Uicitum : peregrina diu lies modo nos Ira sed efficitur.
{Ozanam, hoc.
ttà., etc., p. 266.)
furent ces artistes qui, par métier, devaient être à la fois peintres, marbriers et un peu chimistes, et qui demandaient les matériaux de leurs ouvrages aux mystérieux arts du feu.
Les élèves de l'atelier bénédictin trouvèrent bientôt l'occasion de prouver leur dextérité. Quand les mosaïstes grecs et leurs apprentis italiens eurent achevé de revêtir de marbres et d'émaux le sol de l'église et les parois de l'abside, Desiderius put songer à la décoration du sanctuaire. Apres la dédicace de la basilique, soit en 1072, un moine est envoyé à Constantinople avec une lettre de l'abbé pour l'empereur Romanos'. Celui-ci donne au Bénédietin toute facilité pour accomplir sa mission et lui ouvre les ateliers d'orfèvres attachés au palais. C'est dans cette sorte de manufacture impériale que fut fabriquée la plus grand,' partie des pièces monumentales ênumérées par Léon d'Ostie et en particulier le magnifique autel, pour lequel furent employées les trente-six livres d'or que l'envoyé de Desiderius avait apportées à Constantinople'. Quand la cargaison d'objets précieux eut été montée jusqu'à la basilique, les Bénédictins orfèvres se mirent au travail, pour exécuter, à l imitation des modèles grecs, des pièces isolées et des ensembles considérables.
Sur les treize images en argent repoussé et doré, destinées à surmonter le grand iconostase, dix furent envoyées par le moine accrédité auprès de l'empereur Romanos; les trois autres furent faites par les ouvriers de Desiderius, qui employèrent le même métal,
ad°Ptèrent les mêmes di usions et s'inspirèrent du même style'. Les neuf candélabres dé
bronze furent rapportés de Constantinople par l'envoyé du Mont-Cassin; les six candélabres d'argent, hauts de trois coudées, furent fabriqués dans l'abbaye. De même, l'une des deux icônes rondes qui étaient suspendues aux architraves du eiborium fut envoyée en présent par un patricien de Constantinople, et celle qui lui faisait pendant fut imitée de la première par les orfèvres bénédictins. Le devant d'autel émaillé sortait des ateliers impériaux, tandis que le revêtement en argent des trois autres faces de l'autel avait été exécuté sur place. Enfin le eiborium tout entier et le second iconostase, avec ses quatre colonnes d'argent et ses deux croix couvertes de reliefs, avaient été fabriqués de toutes pièces par les élevés de l'école artistique, qui ne comptait pas quinze ans d'existence.
Le texte de Léon d'Ostie. examiné de près, permet ainsi de reconstituer non seulement l'image de la grande basilique de Saint-Benoît, mais encore l'histoire suivie de cette
i. Léon <1'Ostik, Mh;ne, col. 756.
envoyé ^'Z^H^'c 1 !" cl"'7ne r,,"'aS° ^ L'°n d'°Stie' qU'' lv™cvil ^clément, admet que le moine massif de W M 4,C°nstant"10Ple éta" an et qu'il exécuta de ses mains dix des icônes carrées, en argent
d^Bild k „'!!' : • r frateraPud Constantinopolin. crosso argent» sculpsit ac deaumvit... » {Gesch.
lit) &ua. autiste tm Mittelalter, 2* éd n 709 \ Mni« rinne i« ■ i % *
quées indifféremment à l'artiste qui a exLté une œuvt et a , 1 '"T" °«e' ,es mim°° «Prions sont appli-
de Léon d'Ostie (liv. 01 oh «x ,, 3* est écri , ""T " «™"™'<1'- Paraphe
., , , . ■ "i. xxxm, s d.j, il est écrit de Desiderius lui-même : « Fec t etiam IV trabes..., quas eaelato
ac deaurato argento mduens, abintus petalis ac coloribus decoravit "u»*w
LE MONT-CASSIN ET L'ABBÉ DESIDERIUS 167 basilique, depuis sa Eondation jusqu'à la mort de Desiderius. Celle histoire se divise en (mis périodes, correspondant chacune à l'exécution d'un groupe de travaux : d'abord la construction; puis les mosaïques; enfin les orfèvreries du sanctuaire. A chacun des trois groupes de travaux est attaché un groupe différent d'artistes.
Si l'on en croit Léon d'Ostie, on doit admettre que, dans l'art du Mont-Cassin, au temps do Desiderius, l'architecture l'ut toute latine, la mosaïque décorative toute byzantine, l'orfèvrerie byzantine, ou exécutée par des Italiens dans le style byzantin. Il reste à vérifier le témoignage du chroniqueur par celui des rares monuments qui survivent.
Fie. 68. — Monogramme uOmnes », d'après un manuscrit du mont-cassi.n
CONTEMPORAIN DE DESIDERIUS (fli'6/. du Mont-CaSSÙl, II 99).