‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 117 sur 433 · Lron ihVhk ; Mi.:\t. « ni · texte numérisé non relu

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ES ht: MOSAÏQUE

Mont-Cassin reçurent un pavement de marbre, imité de celui de la grande basilique : les restes d'une décoration de ce genre sont épars dans l'église rustique de Santa Maria Maggiore, près de Sant' Elia. L'église bénédictine de San Menna, construite à Sant' Agata dei «Joli, vers 1110, a conservé son pavement et les plaques de sa clôture de chœur, dont les incrustations reproduisent les motifs géométriques figurés dans la basilique du Mont- Cassin l.

La technique enseignée par les mosaïstes grecs aux moines de Desiderius resta en vogue dans des monastères lointains, jusqu'en plein xiu° siècle. La basilique de San Liberatore au mont Majella avait autrefois un pavement multicolore, exécuté sous l'abbé Ayglerius, en 1275. L'église, abandonnée et ouverte à tous les vents, est devenue un cimetièrele sol, entre les murs branlants, n'est plus qu'une terre meuble, hérissée de broussailles et plantée de croix vermoulues. Quant au pavement, il a été transporté, comme le portail de marbre de l'église bénédictine, à Serramonacesca, où il a élé recomposé, tant Lien que mal, dans l'église du bourg. Celte mosaïque, contemporaine de Charles Ie' d'Anjou, est encore une copie simplifiée du pavement dont les maîtres grecs avaient orné, vers 1070, la grande basilique du Monl-Cassin •',

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Les textes où Léon d'Oslie traite de l'architecture bénédictine et de la mosaïque décorative peuvent être confrontés avec des édilices encore debout et avec des pavements dont le lemps n'a pu altérer les marbres. On voudrait de même arrêter son regard sur quelqu'un des monuments d'orfèvrerie qui furenl envoyés de Constanlinople ou exécutés par les moines du Monl-Cassin pour la grande basilique cle Desiderius. Mais l'argent et l'or enlassés dans l'église cle la montagne étaient, pour les princes et les armées qui traversaient la Terre cle Saint-Benoît, une trop forte tentation. Le trésor du Mont-Cassin, volé en partie dès 11 i'J, pillé à fond par Frédéric II, ne possède plus un seul objet d'orfèvrerie antérieur au xiv" siècle.

Dans toute l'Italie méridionale il n'existe qu'un ouvrage en argent doré du xi" ou du xne siècle '. travaillé au repoussé, comme, les saintes images que les orfèvres de Desiderius exécutèrent pour l'iconostase de la basilique de Saint-Benoît. C'est le reliquaire de la vraie croix conservé clans la petite collégiale d'Alba Fucense, au nord de la

i. Croquis dans la revue Xapoli ArL>/jm;L, 1890, p. 5.

Il manque aujourd'hui l'inscription qui donnait la date:

UÎBtO BULLBHO CDU QUIHTO SBPTUAGBNO ET DUCBKTBNO FUIT HOC uhltlNE rLENû.

(Biniu, Monument! deijli Abruzzi, p. 333.) 3. Deux ouvrages en brunze de l'ancienne école du Mont-Cassin existent encore, a l'entrée de la grande église baroque qui a remplacé la basilique de Desiderius. L'un est la porte de bronze, sur laquelle les seize plaques ajoutées au lemps

« conque » du lac Fucin (Pl. VI) '. Mais on ne peut songer à voir un travail italien dans cette staurôthèque, au pied de laquelle les noms des deux donateurs, Marie et Jean-, sont écrits en langue grecque. Le reliquaire oriental égare dans les Abruzzes a eu sans doute une histoire semblable à celle de la staurôthèque, en l'orme d'icône, qui figurait jadis dans le Trésor du Mont-Cassin. Un noble d'Amalfi, appartenant à la colonie latine de Constanlinople, avait volé ce reliquaire en plein palais impérial, pendant une sédition, et, en venant plus lard au tombeau de saint Benoît, pour prendre l'habit monastique, il avait donné son larcin à l'abbaye3.

La seule œuvre d'orfèvrerie que l'on puisse attribuer à l'école bénédictine de l'Italie méridionale est une couverture d'Kvangéliaire, ornée d'émaux cloisonnés, qui appartient à la cathédrale de Capoue et dont les deux plais disjoints se trouvent, l'un exposé dans la chapelle du Saint-Sacrement, où il sert de porte au tabernacle d'un autel, l'autre caché dans le Trésor1. Le premier a perdu son revêtement d'or et n'est plus qu'une tablette de bois, où sont fixés onze émaux. Au milieu, sur une plaque rectangulaire, le Crucifix iTÏÏTXC) avec la Vierge (MFW) et saint Jean (S. JOANNES); au-dessus de la tête du Christ et sur le Eûf même de la croix, le soleil el la lune, deux disques, l'un à fond rouge, l'autre à fond bleu pâle, sur lesquels se détachent deux têtes de profil; aux quatre angles de la tablette, les bustes de saint Pierre, saint Paul, saint Philippe et saint Simon, chacun sur une plaquette carrée. Les autres médaillons sont de forme ronde ; deux figurines en buste représentent, au-dessous de la croix, un archange tenant un globe blanc à croix noire; au-dessus de la croix, sainte Agathe; les autres personnages sont les apôtres saint Thadée,

Le second des deux plats de la reliure est aussi neuf et brillant que le jour où il sortit

des mains de l'orfèvre"'. La plaque d'or qui dissimule la tablette de bois n'a pas perdu une

d'Oderisius, en 1113, aux vingt-deux plaques envoyées de Constantinople, se distinguent des plaques de travail byzantin par une patine plus rousse et par l'absence de filets d'argent dans la gravure des inscriptions (Sciiulz, II, p. 125-1201. A côté de cette porte, dans un angle de l'atrium, se trouve une colonne antique, posée sur un petit socle de bronze à cannelures, et supportant une croix pareille à celles qui sont appliquées sur la porte. Ce socle et celte croix sont certainement contemporains de Desiderius ou d'Oderisius. Mais des pièces d'un travail aussi sommaire ne peuvent donner une idée de l'habileté des moines artistes qui ont fondu et ciselé les grandes icônes d'argent ornées de reliefs.

1. Ce reliquaire, décrit pour la première fois par M. Piccmit.1.1 (Rivista Abruzzcsc, 1804), mesure 0"',25 sur 0™,26. Il a la forme d'un petit tableau, dont le cadre, orné de Ileurons d'iris, continue sur une feuille d'argent repoussé et doré, qui forme glissière. En tirant celte feuille de métal, où est figurée en relief la Crucifixion, on découvre une croix semée de turquoises et de rubis, sur laquelle sont gravés l'image de saint Michel et les six personnages traditionnels de la Transfiguration. La gravure est fine et spirituellement simplifiée; le travail de repoussé est lourd.

2. Voici toutes les inscriptions repoussées sur la feuille d'argent doré : 1C XC; — VTP HT ; — 'Ioavvî)( 0 0EOAOrOC —

HAE 0 TOS COT;- HAE H MHTIP COT. - MNHC0HTH KE (Ktfpu) MAPIAN N (Mov»y>) KAI TS3 (IuiwV) f • I.esigle qui suit le nom de la femme indique que cette Marie était une religieuse.

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