‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 119 sur 433 · LiQM d'Ostik, I, § 5a (Mig.nk, col · texte numérisé non relu

LiQM d'Ostik, I, § 5a (Mig.nk, col

4. Cet objet d'art, si précieux pour l'histoire, n'a encore été décrit que par le savant chanoine Jannelli, dans son ouvrage : Suer.» 91111/» delta chiesa CattedraJt di Capua, Nantes, I8S8, p. 239-217. Il est indiqué par Salazaro I, p. 53),

5. Ce plat a élé employé, lui aussi, comme porte de tabernacle : c'est pourquoi on y a pratiqué au xvti0 siècle un trou de serrure.

Pl. VII

ÉVANGÉLIAIRE DE L'ARCHEVÊQUE ALFANUS (f 1182)

DÉCORÉ DE 11LIGRANK D'OR ET d'ÈMAUX CLOISONNES.

Trésor de la Cathédrale de Capoue.

maille du réseau de filigrane qui couvre le cadre, ni un filet des volutes élégantes et régulières qui serpentent autour du tableau central. Ce tableau d'émail cloisonné représente un Christ trônant, qui porte l'Évangile fermé et bénit à la grecque, clans une auréole filigranée et semée de pierres précieuses, autour de laquelle quatre anges aux ailes diaprées se tiennent inclinés. Comme sur l'autre plat de là reliure, quatre médaillons carrés occupent 1rs angles du cadre : on y voit les Evangélistes, avec leurs livres; six médaillons, de forme ronde, achèvent la décoration : ils représentent un archange identique à celui qui figure sur l'autre plat de la reliure, saint Etienne, un jeune diacre avec l'étole sur l'épaule gauche, saint Barthélémy et saint Jacques, vêtus à l'antique; enfin, deux saints évêques, tète nue, saint Nicolas de Myre et saint Thomas de Cantorbéry [S. THOMAS, MARTIR VM (venerabilis mémorial) ']. A part les sigles grecs qui désignent le Christ et la Vierge, et que les artistes occidentaux du moyen âge n'ont pas cessé de reproduire, sans les comprendre, toutes les inscriptions sont en latin [Pl. VII).

L'Évangéliaire de Capoue passe pour avoir appartenu à l'archevêque Alfanus. L'analyse de l'objet confirme la tradition. D'abord, la présence des deux figurines de saint Etienne et de sainte Agathe, les deux saints titulaires de la cathédrale, dont les images se faisaient pendant sur la mosaïque de l'abside (v. plus loin, p. 186-187), prouvent que les médaillons émaillés ont été faits expressément pour un prélat de Capoue. En second lieu, l'image de saint Thomas de Cantorbéry, accompagnée des mots venerabilis mémorise, est évidemment postérieure de peu d'années à la canonisation du saint évêque anglais, prononcée en 1173. Or l'archevêque Alfanus mourut en 1182.

L'ouvrage d'art, dont la provenance et la date sont connus avec tant de précision, peut-il èlre rendu à un atelier déterminé? On devra fout d'abord rapprocher cet Évangéliaire de trois œuvres d'émaillerie cloisonnées, des xi* et xn* siècles, qui existent encore dans l'Italie méridionale. Ce sont (rois croix, conservées dans les cathédrales de Gaëte, de Naples et de Cosenza.

La croix pectorale de Gaëte, haute seulement de 9 centimètres et demi, porte sur la face un crucifix entre la Vierge et saint Jean l'Ëvangéliste, et, au-dessus, un médaillon avec le buste de saint Michel ; sur le revers, la Vierge debout, en orante, entre les médaillons des deux saints guerriers, Théodore et Georges; au-dessus, saint Jean le Précurseur. Le dessin des émaux est rudimentaire ; mais les couleurs sont fines et fraîches. Parmi les inscriptions grecques, on en relèvera deux qui rappelleront aussitôt la slaurolhèque d'Alba Fucense : des deux côtés de la croix sont gravées les paroles du Christ : IAE OïCCÔT | IAOTHMP ('())'; des deux côtés de la Vierge orante, on lil l'invocation : QKE (8ss-rexe) HQlIfcHITO COA (sic) \y (ïoùXou) BACIA [bu]2. Le Basile quia fait exécuter ce curieux bijou était peut-être un dignitaire de Byzànce. En tout cas la croix de Gaëte est un curieux spécimen de ces petites

Page 1