I.kon d'Ostie; Mione, col
à l'autel d'argent fabriqué au Mont-Cassin même pour la basilique de Saint-Martin, il est orné, non point d'éniaux, mais de bas-reliefs : « desculpsit historias 1 . . . <>
Les croix et les coffrets ornés d'émaux qui furent donnés au Mont-Cassin par Desidcriuset, avant lui, par les deux abbés Jean ont été ou importés d'Orient par le commerce, ou envoyés en présent. On serait tenté d'admettre que les émaux de Capoue eussent été, comme tous les émaux cités par le chroniqueur du Mont-Cassin, exécutés en pays grec. La présence des légendes latines ne ferait pas obstacle à cette supposition. Les objets d'orfèvrerie qui furent exécutés à Constanlinople, sur les indications de l'envoyé de Desidcrius, étaient certainement illustrés de légendes semblables. Les portes de bronze commandées à Constantinople par des patriciens d'Amalfi, pour diverses églises d'Italie, n'ont-elles pas des inscriptions latines?
Mais, en dehors de la langue employée par les légendes, un détail d'importance capitale doit l'aire douter que I'Evangéliaire émaillé île la cathédrale de Capoue ail été commandé au loin. Tandis que le Christ et les Apôtres ont le type et le costume traditionnels dans l'art byzantin, saint Etienne et saint Thomas de Cantorbéry ont la tonsure, et saint Nicolas lui-même porte une chape et un pallium d'archevêque latin'1. Pour comprendre toute l'importance de cette remarque, il tant l'approcher de I'Evangéliaire de Capoue les médaillons d'émail cloisonné, postérieurs de plus d'un siècle, qui ornent une magnifique mitre, conservée dans la cathédrale de Scala, près Ravello5. Ces médaillons, au nombre de vingt, représentent le Rédempteur bénissant (ÎÏÎCX), la colombe de l'Esprit-Saint isFS Si, la Vierge (HP «Ti et une série d'apôtres et de saints uniformément vêtus à l'antique, pour la plupart désignés par les deux premières lettres de leur nom latin iS. FO pour Sanelus Johannes, etc.). Deux noms seulement sont gravés presque en toutes lettres, deux noms que l'on s'étonne de lire sur des plaquettes de bon travail byzantin : S. FRANCISC us, S. L01S1 us. Les deux figurines qui doivent représenter le saint d'Assise et le' roi de France ne se distinguent pas des apôtres qui occupent les médaillons voisins : elles ont même barbe, même tunique et même himation de couleur. Tel était l'ouvrage que faisaient pour la cour angevine les émailleurs qui, au début du xiv" siècle, exerçaient encore leur métier dans les petites colonies orientales de Salerne ou d'Amalfi : Crées d'origine, ou tout au moins attachés aux formules qu'ils avaient reçues d'Orient, avec les secrets des arts du feu, ils ne savaient donner ni le type ni le costume convenable au saint le plus populaire d'Italie et au patron officiel de la dynastie régnante à Naples.