Voir plus haut, p
3. « In medio Deiparam et in ejus gremio Jesum parvulum, ul in Symmachi basilica, ad dexteram autem interius Petrum et exterius Stephanum, inde ad sinistram Paulum ac deinceps Agatnam, proul in Constantiniana, cujus reliquiœ ad ecclesiam Sancti Pétri ad corpus adhoc visunlur, etGermanianafuerunt, exhibuit.» (Mazzocchi, Dissert. deCath.Ecclesia Neap., Il, p. 23.)
LES MOSAÏQUES BÉNÉDICTINES A FIGURES 189 Constantin et de Justinien'. Peut-être est-ce Desiderius tout le premier qui imposa ou
FlG. 77. — Le christ glorieux entre saint Sébastien et saint LAURENT, saint ZOT1CUS ET saint Etienne. Les agneaux SYMBO- LIQUES SORTANT DE BETHLEEM ET DE JÉRUSALEM. L>A VIERGE ENTRE DEUX ARCHANGES, AVEC QUATRE MARTYRES. En II A s : SAINT BENOIT, ENTRE SAINT PIERRE ET SAINT SÉBASTIEN. FbESOI'KS DU XI0 SIÈCLE, DANS l'aBSIDE DE L'EGLISE SAN BASTI ANELLO, SUR LE l'A LATIN (ROME), DONNÉES l'A R LEPAl'E ALEXANDRE 11 A DESIDERIUS, ABBÉ DU MONT-GASSIN.
suggéra aux maîtres étrangers l'idée de prendre dans les vieilles basiliques d'Italie les
1. Les mosaïstes bénédictins se bornèrent à écarter les détails symboliques que les peintres romains du »• siècle reproduisaient par tradition et dont le sens avait dù s'obscurcir, comme la procession des agneaux, rangés sous les pieds des élus.
modèles de leurs compositions. Il voulait que la basilique du Mont-Cassin rappelât la basilique romaine de Saint-Pierre: sur l'arc triomphal de la grande église dédiée à saint Benoit, il lit inscrire en lettres d'or ce distique, qui reproduit la coupe de l'inscription constantinienne disposée à la même place dans la basilique vaticane :
UT DUCE TE PAT MA JUSTUS POTIATUR ADEPTA, H ANC DESIDEMUS. PATElî, TIBI CONDID1T AULAM.
Les artistes issus de l'école du Mont-Cassin, tout en s'inspirant des modèles archaïques que copiaient encore les peintres romains de leur temps, employaienl un procédé inconnu de ces peintres, La technique qui permettait, comme le dit Léon d'Ostie, de créer avec des cubes d'émail des ligures animées, avait élé rapportée en Italie de Byzance; et, en même temps que cette technique, les mosaïstes grecs avaient dû enseigner à leurs élèves un style. On ne peut, d'après la gravure deCiampini, où le dessin est traduil dans le goût du temps, distinguer si les personnages groupés dans l'abside de la cathédrale de Capoue comme dans une abside d'église romaine oui le type et la draperie des saints byzantins du xie et du xn8 siècle1. Le style des grandes décorations disparues ne peut être deviné que d'après les fragments de mosaïques bénédictines qui se sont conservés.
La cathédrale de Salerne a été décorée de mosaïques en même temps que les deux églises de Capoue. On y lisait, au-dessous de la mosaïque absidale, le nom de l'archevêque Alfanus 11 1 1085-1121)2, successeur immédiat d'Alfanus I'\ qui fut l'ami de Desiderius et le chantre des merveilles du Mont-Cassin. Les termes de cette inscription prouvent que, sur la mosaïque, la Vierge était représentée en compagnie de prophètes3, comme sur la mosaïque reproduite par Ciampini. Il est très probable que les mosaïques absidales des deux cathédrales de Capoue et de Salerne, achevées à peu d'années de distance, ont été l'œuvre d'une même école d'artistes. Si la mosaïque absidale de Salerne a péri, comme celle de Capoue, la cathédrale rebâtie par Robert Guiscard a conservé un morceau très remarquable de la décoration exécutée au temps de l'archevêque Alfanus. Lorsqu'on est entré dans la cathédrale de Salerne, on voit à l'intérieur de la façade, dans le tympan de la porte, une image â mi-corps de saint Mathieu, dont les reliques avaient élé apportées, dit-on, au x» siècle, dans la cathédrale''. Le saint se détache sur un fond bleu, où son nom est écrit, en latin ; il tient de la main gauche un livre, où le début de son Évangile est écrit
1. On remarquera cependant (sans parler du sigle JTP TT'j, le costume broché de la Vierge, sur lequel semble passer et repasser un /.<ûoo; d'impératrice byzantine, et son trône à coussin, vrai meuble orientai.