‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 132 sur 433 · Lettre G, f · texte numérisé non relu

Lettre G, f

a. Guillaume, Histoire de l'Abbaye de la Cwa, p. 104-105; — Peutz, Mon. Germ. hist. ; Legum IV. p. 30, n. 10. Capasso écrit, sans donner ses raisons, que le manuscril a élé exécuté à Capoue entre 1 1 04 el 1 124 [Mon. Neap. Duc., 11, 2" partie, p. 129). Peut-être faut-il lire 1004?

tion des manuscrits byzantins. Dans les livres chrétiens enluminés en Grèce ou en Orient, les lettres dont la silhouette est dessinée par des groupes d'oiseaux et de poissons n'ont jamais plus de 5 centimètres de haut : c'est dans le Nord seulement que les initiales des manuscrits grandissent jusqu'à remplir une page et se couvrent d'arabesques aussi compliquées que celles de l'art musulman '. On doit admettre qu'un copiste comme Jaquintus a connu le décor .^anglo-saxon 2 » et les grandes initiales » carolingiennes». Les lettres ornées des premiers manuscrits bénédictins de Capoue ont une origine septentrionale, comme l'écriture même, qui est une variété des écritures dites lombardes. Entre les monastères irlandais, français et germaniques, où s'était formé le décor des lettres monumentales, et les monastères de l'Italie du Sud, certains monastères de l'Italie du Nord ont pu servir d'intermédiaire, comme celui de Bobbio. où fleurit le pur décor anglo-saxon.

Quand l'abbé Théobald, élu en 1022, forma au Mont-Cassin un groupe de moines enlumineurs, ceux-ci ne firent que répéter et développer les formules de l'École capouane. Les initiales de la curieuse Encyclopédie de Raban Maur (GG 132), copiée au Mont-Cassin, en 10233, sont identiques à celles du manuscrit de la Loi des Lombards. Dans un second manuscrit contemporain de Théobald, le Liber moralium beati Gregorii papas (DD 73)'\ qui est cité dans l'inventaire copié par Léon d'Ostie5, le décor a déjà pris une régularité et une richesse nouvelles; les nattes des entrelacs forment des figures symétriques, et les compartiments qui, dans les initiales des manuscrits de Capoue, restaient en blanc, se sont remplis d'or. Le vermillon l'emporte sur les couleurs froides, comme le vert et le violet. Le système décoratif qui avait achevé de se préciser au temps de Théobald produit, vers le milieu du xi" siècle, de très savantes combinaisons. Un volume in-folio, décoré par Grimoald, moine et diacre (GG 109), ollre un exemple magnifique des complications parmi lesquelles se jouent les enlumineurs; au folio 112, un gigantesque monogramme à pleine page réunit en un groupe anguleux, tout couvert d'entrelacs et tout hérissé de « chiens » roses et verts, les dix lettres du titre : Sacrx lectionis séries^.

Dans les manuscrits bénédictins de Capoue et du Mont-Cassin, le décor des initiales semble avoir atteint, en un siècle, un développement complet. Pendant ce temps l'art

d. Cf. Schnaase, Geschichte der Bild. Kiïnslein Miltelidtcr, 2' éd., I, p. 662.

2. Les monstres à silhouette de chien, figurés sur les manuscrits dp Capoue et du Mont-Cassin, se sont conservés longtemps dans l'ornementation des manuscrits anglais. Cf. une Bible du sir siècle, au Rritish Muséum, /le;/. [, C, VII (H. Sdaw, Illuminated Manuscripts, Londres, 1833, pl. 6).

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