Biblioth. Casin., II, p
.1. " Gregorii Omelias XL. Primam parlem moralium... » (Léon d'Ostie ; Migne, col. 648).
0. l'uleog. artist., pl. VIII. On reconnaît la main du même enlumineur dans un volume d'Homélies (GG 104), où l'on notera particulièrement une grande S carrée, à pleine page (f° 1), et. un monogramme Vf.iie (f° S), tout couvert d'or.
de représenter la figure humaine .sur les feuillets de parchemin restait retardataire ou retombait en enfance.
Rouvrons tout d'abord le Paul Diacre, copié à Capoue, au x" siècle, pour l'abbé Jean. Le frontispice, reproduit par Mabillon et par d'autres, montre l'abbé, debout devant
saint Benoit, à qui il présente le livre1.
La composition qui fait face au portrait du donateur (f° 2) est moins connue. Dans un cercle couvert d'entrelacs, le Christ imberbe est assis sur un arc-en-ciel. Ce cercle est flanqué de quatre cercles pins petits, où apparaissent les tètes des symboles des Évangélistes. Au-dessous du cercle, deux anges, debout sur un terrain couvert d'herbes, s'inclinent devant le Christ 'Jig. 80). Les deux miniatures rappellent, par plusieurs traits, les fresques du Volturne, qui leur sont antérieures de moins d'un siècle. On notera, en particulier, le type du Christ imberbe, le genou accusé par un rond marqué sur la draperie, la longueur des mains. Mais le manuscrit n'a rien conservé du coloris blond et léger des fresques; le modelé est pauvre et les couleurs laineuses. La seconde miniature montre clairement une influence des manuscrits carolingiens. Le cercle où trône le Christ n'est pas un simple médaillon, ni un cadre privé de sens; il forme une lettre, un 0, par lequel commence le premier des (rois mots qui se lisent des deux cotés du Christ, à l'intérieur même de la lettre initiale : Obsculta o fili. L'emploi de ces grands monogrammes meublés île ligures est entièrement inconnu des miniaturistes byzantins.
La tradition «carolingienne» qui, après les ruines faites par le ixe siècle, survit dans le plus ancien manuscrit enluminé à Capoue, réparait encore dans l'un des premiers manuscrits décorés au Mont- Cassin, le Liber moralium beati Gregorii papas, contemporain de l'abbé Théobald. Celui-ci s'est fait représenter en frontispice, debout devant saint Benoît, de même que l'abbé Jean sur le manuscrit de la Règle. En face du portrait de Théobald, le pape saint Grégoire est assis, entre un ange aux cheveux roux et le jeune diacre Petrus. Les personnages, au lieu de se dessiner en silhouette sur le parchemin nu, se détachent en couleurs fines et claires sur un sol vert et un fond bleu. Les visages sont pleins et
(mm.. Di" mont-cassiv, HH «9).
1. [M«r Piscicklu-Taeggi et Dom Latil], les Miniatures îles Manuscrits du Mont-Cassin. éd., 1899, in-f°, pl. I et II.
ronds, le nez court ; le rose des joues esl indiqué, non par une tache, mais par une teinte légère el fondue. Sur le coloris laiteux des draperies les plis sont gouachés en clair. C'est encore le style et la technique des meilleures miniatures peintes au ixe et au xe siècle dans les monastères de Tours ou de Corbie1.
Les deux manuscrits qui viennent d'être décrits sont, dans les œuvres bénédictines
du x" siècle et de la première moitié du xi«, les seuls exemples d'un art encore maître de ses procédés. Avec le livre des Lois lombardes, enluminé sans doute à Capoue, et qui prend date entre ['abbé Jean et l'abbé Tbéobald, on tombe tout à coup en pleine barbarie. Le moine qui a copié ce recueil juridique, fondement du droit de l'Italie méridionale, a représenté çà et là des rois francs et des princes lombards dans leur rôle de législateurs2. Lothaire, assis sur son trône, pose les pieds sur un escabeau, où esl écrit le mot Lex, et le même mot apparaît gravé dans la paume du prince Arechis. A côté des princes de sang germanique figure Jean III, qui lui consul el duc de Naples, (le 928 à 908. Le corps et les membres, sans articulation, se ploient comme des loques; les visages triangulaires, allongés par les barbes taillées en pointe à la mode lombarde, sont marqués aux joues de, taches rouges oblongues; les chevelures forment une tache brunâtre ou violâtre. Les montures naines (pie chevauchent le roi Pépin ou le roi Lothaire sonl coloriées en brun rouge, en violet ou en bleu. Les couleurs des draperies sonl plaies cl pâteuses : à côté du vermillon dominent un bleu terne el un jaune sale. Aucun modelé : les vêlements sont tout bariolés de bandes multicolores,