‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 154 sur 433 · Ur.BKLH, Italia sacrn, VII · texte numérisé non relu

Ur.BKLH, Italia sacrn, VII

monastère, comme les Lombards et les Normands dont les ossements remplissent un souterrain à la Trinità di Cava. Des peintures se sont conservées dans la chapelle et dans la grotte. Les peintures de la grotte sont les plus anciennes, et peut-être postérieures de peu d'années à l'ermite Pierre. A côté d'un groupe de saints, un donateur inconnu, en costume laïc, présente une petite église1. Les saints ressemblent, parle costume comme par le coloris, aux figures peintes dans la grotte, délie Fornelle, près de Calvi : la Vierge orante, en tunique rouge et voile Lieu, est debout entre deux saints qui portent la barbe en pointe, à la mode lombarde2. Deux absides sont creusées en plein rocher. Dans l'une, le Christ, vêtu d'une tunique blanche à laticlave rouge, est debout entre deux archanges, qui portent le costume impérial de Byzance; dans l'autre, un second Christ, vêtu comme le premier, est placé entre saint Jean-Baptiste, qui tient un phylactère8, et saint Jean l'Evangéliste, qui tient un livre4.

Aucune grotte décorée de peintures comme celles de Calvi et de Castellamare n'a été signalée dans le voisinage du Mont-Cassin. Seule Line petite église à une seule net', qui s'élève à mi-flanc d'une colline pierreuse, non loin de Cassino, a conservé la décoration de son abside, qui semble remonter au xi" siècle. Cette ruine porte encore le nom de Santa Maria di Trochio, cité plus d'une fois dans les chroniques bénédictines. Sur l'arc triomphal on distingue les traces des sept chandeliers de l'Apocalypse. La niche absidale tout entière est remplie par la scène de l'Ascension, représentée comme elle l'a été à Rome, au temps du pape Léon IV, clans l'église inférieure de Saint-Clément. Au-dessus du Christ rayonne le nimbe multicolore5. La Vierge est voilée, à la mode orientale, d'un maphorion bleu foncé. La draperie des anges qui montrent le ciel rappelle, par l'abondance des plis, les ligures d'anges dessinées sur YExullet de Bénévent. Les visages marqués de taches rouges aux pommettes sont modelés sans vigueur en jaune sur jaune. Les couleurs des vêtements sont vives (rouge carmin, bleu verdi, ocre jaune); les lumières blanches très clairsemées. Par le choix du thème, comme par le caractère des types et du coloris, la fresque de Santa Maria di Trochio se rattache aux décorations romaines du ixe siècle.

1. On ne saurait identifier ce personnage, vêtu d"une tunique blanche et de chausses rouges, avec l'abbé dont j'ai relrouvé l'inscription funéraire dans un coin de la grotte :

HaNC PROPRII9 MA NI HL'S TAURUS (?) SIBI CONDIIHT EDEM

Abiîas, QUBM PLACIDAM, Deus, annue sdmere sedem.

Hoc JACET IX TCMULO TaURUS (?) VENERA IÎ1LIS ABBAS, QlT.M SIBI CONSTIU'XIT. DeL'S, OMNIA QRIHINA PARKAS.

Le nom de l'abbé est écrit sous forme d'un monogramme, dont la leclure reste douteuse. Les caractères de l'inscription sont analogues à ceux de l'inscription de Desiderius, à l'entrée de la basilique de Sant'Angelo in Formis.

■1. Salazaro, I, p. 12, pl. V. L'attribution de ces peintures au vmc siècle, que Salazaro avance, sans donner ses raisons, est contredite par l'histoire de l'ermitage, qui a élé fondé au xr siècle.

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