‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 159 sur 433 · Voir, plus haut, p · texte numérisé non relu

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Le programme de cette vaste décoration de style byzantin, appliquée à une basilique campanienne, est, dans son ensemble, de conception toute latine. Deux groupes seulement, dans la foule des figures qui couvrent les parois de Sant'Angelo in Formis, pourraient occuper dans une église d'Orient la même place que dans l'église bénédictine : l'image de la Vierge adorée par les anges, qui se montre à mi-corps dans l'une des absidioles, et les images des trois archanges, qui sont debout dans l'abside, forment, en Grèce, la décoration ordinaire des sanctuaires.

Mais, à côté des archanges en costume de cérémonie, l'abbé du Mont-Cassin, portant le modèle de l'église, se présente clans l'abside de Sant' Angelo, avec le nimbe carré, à la place que les donateurs, papes et prêtres, occupent dans les mosaïques de Rome; en face de Desiderius, saint Benoit est debout, tenant d'une main la crosse et de l'autre le livre de la Règle1. Le grand Christ, assis sur son trône et bénissant, qui occupe la place d'honneur dans la conque de l'abside, tient ouvert un livre sur lequel est écrit en latin le verset apocalyptique : Ego sum A et Q, primus et nwmimus-. Le Rédempteur est entouré des quatre symboles des évangélistes, création du premier art chrétien, que l'ail byzantin n'a pas reproduite entre le vi" et le xïf siècle3. D'autres motifs ont été empruntés aux vieilles basiliques romaines ou campaniennes par le décorateur de l'abside de Sant'Angelo, comme par le mosaïste de la cathédrale de Capoue : au sommet de la conque, le nimbe de gloire se déploie en éventail multicolore au-dessus du Christ, et, dans ce nimbe, apparaît la colombe divine, qui jadis étendait ses ailes au-dessus des saints groupés dans l'abside de San Prisco.

1. Celle ligure a élé repeinte par deux l'ois, au niv et au xvma siècle.

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