‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 17 sur 433 · Acla SS., Jan., Il,rp · texte numérisé non relu

Acla SS., Jan., Il,rp

suffire à contenir les arrivants, on établit, près du « cimetière», un caravansérail de pèlerins et plusieurs églises. Une ville sainte commença de se former non loin de Nola 1 : déjà, à la fin du iV siècle, on comptait au «cimetière» quatre petites basiliques, dont l'une, celle qui abritait le tombeau même tlu saint, venait d'être décorée par les soins du pape Damase, qui étendait bien au delà du territoire de Rome son zèle pieux à honorer les saints contemporains des persécutions.

C'est en l'année 391 que Paulin, un riche et noble Bordelais, qui peu de temps auparavant avait quitté le siècle et reçu la prêtrise, vint s'établir au « cimetière » de Nola. Déjà, dans son enfance, il avait visité la ville, en compagnie de ses parents, qui possédaient en Campanie des terres étendues ; il y était revenu une seconde fois en 379, quand il avait été commis, en qualité de consulaire, à l'administration de la province". Dans son troisième voyage, le saint, qui déjà avait vendu une partie de ses terres pour le secours des pauvres, ne venait point chercher les honneurs du monde ni les plaisirs île la villégiature; son unique dessein était de passer la fin de ses jours aussi près que possible du tombeau de saint Félix, auquel il avait voué depuis sa conversion un culte lointain, et dont il avait célébré les mérites dans un poème écrit avant son dernier départ pour l'Italie3.

Paulin prit logement dans une des cellules destinées à recevoir les voyageurs. D'autres serviteurs de Dieu se joignirent à lui, et tous ensemble s'accordèrent pour mener la vie des cénobites, auxquels ils ressemblaient, avec leur vêtement de bure, leur ciliée et leur tête rasée1. Le lieu de pèlerinage devint un lieu de retraite permanente et un véritable monastère ', antérieur de plus d'un siècle aux fondations de saint Benoît.

Saint Paulin vécut quinze ans dans sa cellule du Cimetière, sans exercer de fonction que celle d'un simple prêtre assidu aux offices. Ce fut seulement vers 410 qu'il se résigna enfin, sur les instances des habitants de Nola, à accepter la charge d'évêque. Pendant les années de paix studieuse qu'il passa près du tombeau de son saint bien-aimé, Paulin s'occupa, avec la plus généreuse activité, d'agrandir et d'embellir les constructions du cimetière de Nola. 11 consacra à ces travaux ce qui lui restait d'un immense patrimoine.

Dès l'année 400, il commença à rebâtir la chapelle élevée par le pape Damase, pour abriter le sarcophage de saint Félix; en même temps, des portiques furent édifiés -pour recevoir les pèlerins et de nouvelles habitations pour loger les solitaires; enfin, une basilique neuve vint s'ajouter aux quatre églises déjà existantes. En 402, les constructions étaient entièrement terminées0. Paulin voulu L encore laisser un souvenir de sa pieuse munificence à la ville de Fondi,près de Terracine, où sa famille avait possédé des biens : il y fit bâtir et décorer une petite basilique.

1. « Et mœnibus hic etiam urbs sit, Pauper ubi primum tumulus. » Paulin, de .S. Felice carmen Natdl. \\, Poema XVIII; Migne, t. LXI, col. 494, v. 169-170.

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