‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 18 sur 433 · Natal. X, Poema XXVIII, v. 200-269 (Mione, col · texte numérisé non relu

Natal. X, Poema XXVIII, v. 200-269 (Mione, col

Le pieux écrivain s'est lui-même étendu avec complaisance sur la description de tous ces édifices, dans une Épître et deux Poèmes1, dont l'ensemble aurait pu former pour nous un véritable «guide-» des basiliques de Nola au ve siècle. .Mais l'enchevêtrement des périodes et l'impropriété des descriptions, paraphrasées par l'élève d'Ausone dans les « termes généraux » de la rhétorique, empêchent de dégager de ces pages célèbres une succession d'images distinctes.

L'édifice qui nous est le plus complètement connu, parmi ceux qui furent élevés au ive et au v* siècle sur le cimetière de Nola, est la basilique neuve bâtie de toutes pièces sous la direction de saint Paulin3. Elle ne lut pas orientée vers le levant, selon la coutume déjà établie ! ; l'abside regardait le tombeau de saint Félix. L'édifice eut, semble-t-il, comme les basiliques romaines de Saint-Pierre et de Saint-Paul, cinq nefs, couvertes en charpente-'. Le long des nefs latérales, à l'intérieur de la basilique, fut élevée une série de huit oratoires, analogues à ceux que l'on voit sur le plan de l'ancienne basilique de Saint-Pierre au Vatican, dressé par Alfarano. L'abside était triple (trichora). Les absides latérales formaient deux petites salles closes (secrétariat, dont l'une servait de sacristie et l'autre d'oratoire : c'est une disposition fréquente dans les basiliques du iv" et du v siècle, surtout en Afrique et en Orient. Quanta la grande abside, elle offrait une particularité remarquable, qui est très exactement définie par saint Paulin, et dont pourtant on n'a pu se rendre compte qu'à la suite de découvertes récentes".

Une paroi pleine, dressée au bout de l'église neuve, devant la vieille basilique funéraire, se serait trouvée masquer le monument même vers lequel la nouvelle basilique semblait diriger la procession de ses colonnes. Aussi Paulin fit-il percer l'abside centrale de trois larges baies, à travers lesquelles on pouvait non seulement voir le tombeau de saint Félix, mais encore passer dans la basilique funéraire. Plusieurs basiliques de Home eurent ainsi, dans leur état primitif, une abside à jour, qui mettait la nef en communication directe avec un monument voisin : on peut citer Saint-Cosme et Saint-Damien au Forum. Sainte-Marie Majeure, Saint-Laurent hors les Murs7. La même disposition fui reproduite à l'abside de la basilique de Saint-Martin de Tours", dans certaines églises

1. Epist. XXXI [à Sulpice-Sévère], S 10 et suiv. (Misse, col. 335-339) ; Natal, IX, Poema XXVII, v. 360-63:;; Natal. X, Poema XXVIII (Migne, col. 656-670).

2. A Xicétas, évèque des Daces, auquel il envoie son IXe Poème pour l'anniversaire de saint Félix, Paulin s'adresse en ces termes :

Ergo veni, pater, et socio mihi jungere passu, Dum te circum agens operum per singula duco.

3. Voir la seconde partie de PEpître adressée à Sulpice-Sévère (Migne, col. 335-338). Traduit, avec un bref commentaire, dans Krai;s, Gesch. der Christl. Kunst, I, p. 391-394.

4. " Prospectus vero basilica1, non ut usitatiur mos est, orientera, spertat, sed ad domini mei beat! Felicis basilicam pertinet, memoriam ejus spectans... »

5. « Tolum vero extra concham [l'abside) basilica1 spatium alto et lacunato culmine geminis utrinque porticibus dilatatur, quibus duplex per singulos arcus columnarum ordo dirigitur. »

6. Cf. IIoltzingkr, Die Basilika des l'aulinus zu Xola [Zeitschrift fâr BUdende Kunst, XX, 1885, p. 135 et suiv.).

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