Absit a me ut desinam orare pro robis (Rois
8. Datas est miehi sensus consnmmatus (Sagesse, 6, 16). VI Venit Dominas in ritjus ennspeeta sto (Rois, 3, 14).
lu. Audilum audirimus a Domino et tegatum ad r/entes (Abdias, 1).
face, on distingue encore, sur la voûte crevassée et salpêtrée, l'Entrevue des Mages avec Hérode et l'Adoration des Mages* (B2). Immédiatement au-dessous de l'Enfance du Christ, la Passion est représentée par des figurines plus petites. Cette nouvelle série d'images commence sur le mur même de la façade, avec deux scènes qui sont l'accomplissement des versets prophétiques écrits sur les phylactères d'Isaïe et de Zacharie- : les Rameaux et le Lavement des pieds (A'). Le récit continue le long de la paroi voisine, sur deux zones séparées par la corniche. Au-dessous de la longue table de la Cène se pressent des groupes qui représentent Judas devant les prêtres, le Baiser de Judas, le Christ devant Hérode, qui se lave les mains3 (Cl ; fig. 111). En face, au-dessous de la corniche saillante, la Flagellation, h Descente de Croix et la Mise au tombeau. L'histoire de la Passion s'achève par un groupe isolé sur la paroi de la troisième travée : le Christ, vêtu en paysan, s'approchant des deux disciples sur la route A'Emmaûs. Le dernier acte de l'histoire chrétienne du monde, le Jugement dernier, est figuré en raccourci, au-dessous de l'Adoration des Mages et de la Descente de Croi.r (B).
Des images de saints isolés, qui appartiennent, comme les ligures bibliques et les scènes évangéliques, à l'ensemble de décoration exécuté en 120:5, sont réparties au hasard sur les parois1. A coté des disciples d'Emmaus, saint Martin, sur son cheval blanc, taille avec son épee le manteau destiné au pauvre (pauper, dit l'inscription). Sur le parapet de l'escalier, saint Léonard, aux pieds duquel est agenouillé un donateur vêtu de blanc, est debout à côté d'une sainte Marguerite, vêtue en princesse, et tenant par les cheveux un petit diable noir (H). Sur le mur delà façade, saint Onuphre, un ermite vêtu de sa longue barbe et de sa chevelure grise, et saint François, levant ses deux paumes marquées de stigmates, ont pour voisin un géant vêtu d'une tunique rouge à raies noires et à fleurs blanches, et dont les jambes nues plongent dans l'eau (A). Cette image, qui de son nimbe va toucher la voûte, est celle de saint Christophe. Deux vers écrits entre les jambes du géant font allusion à la croyance populaire, qui fit élever ou peindre à saint Christophe d'énormes images; le passant qui apercevait une de ces images, faites pour attirer les regards, ne devait pas, ce jour-là, mourir de mort subite:
XPOFORl PER VIAM CERN1Ï CVM QVISQVE FIGURAM TVTVS TVNC 1BIT. SVBITA NEC MORTE PERMIT5.
1. Les Mages, qui représentent les trois âges de la vie.de l'adolescence imberbe à la vieillesse chenue, sont désignés par leurs noms : Gaspar, Dalthasar, Stelehior.
2. Ecce rex tuus veniet (Zacharie, 1, 9) ; — Lavamini mundi estote (Isaïe, 1, 16).
3. Cette scène est divisée en deux groupes par la petite fenêtre.
i. Au-dessous des scènes de la vie de saint-Peregrinus le Christ est représenté, entre saint Pierre et saint Paul qu'accompagnent saint Jean et saintJacques(D). Le Christ tientun long cartel avec ces mots : Rex ego sum celi;plurimo> de morte redemi. Le cartel que saint Pierre tient en même temps que les clefs, porte ce fragment d'une épitre du sa. ni : miite pueri efpei sensibus set malitia parmdi estote. Les inscriptions des autres cartels sont illisibles.
S. Cf. J. Durand, Ann. Arch., XXI, 122-123; — Cahier et Martin, Caractéristiques des Saints, p. 447-449. Une image de saint Christophe, semblable, pour la taille gigantesque et la richesse de costume, à la ligure de Bominaco, se trouve, parmi d'autres figures de saints peintes au zm° siècle, dans la chapelle dite la Madonna délie Grotte, bàt.e au bord du Hivolo, non loin des ruines de Saint-Vincent au Volturne. Dans les Abruzzes, les restes de deux ligures analogues, qui semblent remonter au xm« siècle, sont encore visibles sur un pilier de l'église San Tommaso, près Camaranico, et sur la paroi extérieure de l'église de Prata Ansidonia, à côté de la porte latérale.
Deux séries de représentations ont un intérêt tout local. Six petits tableaux, placés au-dessous de la Nativité, racontent le martyre du saint Syrien Peregrinus, auquel était
Fig. 112. — Représentations allégoriques des six premiers mois du calendrier. Au-dessous, le christ sur la route
d'eMMAIS ET SAINT MARTIN. FilESQUES DE 1263, DANS LA CHAPELLE DE SAN PELLEGRINO, A BOMINACO.
dédiée la chapelle bénédictine! D) 1 . Dans la travée suivante, douze cartouches disposés sur la
l, 1° Le saint agenouillé devant le Christ qui lui apparaît à la porte d'une ville (Rome?] : De Syria Sanctus Pcretjrinus vonit ad urbem ;
2° Le saint flagellé en présence d'un roi assis sur son trône;
3° Le saint bénit un homme et deux femmes, et leur montre un livre : ... dus et nati baptîsmo ai... ;
4° Le saint présente un cartel à trois personnes, dont l'une porte une aiguière : ... itit baptizari... ;
5° Un soldai lève son épée sur la tête d'une femme agenouillée : Tarqtiinii sponsam Christo fucit ensc murena.,, ;
6° Le tyran fait tuer saint l'eregrinus à coups de lance.
Ce Peregrinus n'est pas, comme on serait tenté de le croire, l'évéque d'Amiternum, près d'Aquila, que les Lombards jetèrent dans l'Aterno. La fête de cet évèque est célébrée le 13juin. La fête du martyr syrien Peregrinus se trouve notée, dans le calendrier peint de San Pellegrino de Bominaco, au 18 novembre. La légende de ce martyr, que les Bollandistes n'ont pas encore comprise dans leur recueil, m'est inconnue.
voûte, en deux groupes de six, au-dessous des grandes figures de prophètes, portent écrit au pinceau, en petites onciales très nettes, tout un calendrier, qui est celui du diocèse de Valva, dont dépendait l'abbaye de Bominaco1.
Chacune des pages de ce calendrier peint est accompagnée d'une enluminure qui représente le signe du Zodiaque et l'occupation champêtre du mois. L'illustration des six derniers mois de l'année occupait la moitié de la voûte qui a souffert des intempéries : les figurines sont méconnaissables. Celles qui accompagnent les six premiers mois ont conservé la fraîcheur du premier jour. Janvier est un jeune homme assis qui porte à ses lèvres une bouteille; Février, un homme debout, qui émonde un arbre ; Mars, un homme nonchalamment accoudé, et qui semble dormir; Avril, un homme debout, une fleur dans chaque main; Mai, un jeune seigneur à cheval, qui respire une fleur; Juin, un homme qui, tenant une petite corbeille, lève la main vers un arbre chargé de fruits (E 1 ; fig. 112).
Un intervalle de près d'un siècle sépare les fresques de Bominaco de celles de Ronzano. De l'un à l'autre de ces deux cycles l'iconographie et le style présentent des différences faites pour surprendre l'observateur. Les peintures de 1263 sont plus « byzantines » que celles de 1181. A Bominaco, la Vierge a repris le maphorion sombre, dont les artistes grecs l'enveloppaient, et, dans la scène de la Nativité, les deux sages-femmes ont reparu pour laver l'Enfant. Le Christ cl les Apôtres bénissent à la grecque. Pourtant aucun des détails orientaux qui sont présents dans les fresques de Bominaco ne suppose l'imitation directe d'un modèle byzantin. Ces détails sont de ceux qui, au xin" siècle, ont été connus et copiés jusqu'au-delà des Alpes; l'Évangile en images des fresques de Bominaco est moius byzantin que celui des verrières de Chartres, de Bourges et de Lyon.
Même dans une composition grecque, comme celle de la Nativité, un personnage s'est introduit, qui sort d'une légende occidentale, et non des apocryphes orientaux. La sage-femme Salomé, qui d'ordinaire lave l'enfant dans une cuve en forme de calice, a cédé sa place à la fille de l'hôte chez lequel la Vierge et Joseph avaient logé à Bethléem. Celte femme était née sans bras : les bras lui poussèrent miraculeusement, lorsqu'elle eut constaté la virginité de Marie. Les noèls et les «miracles» provençaux et français, qui racontenl le prodige, donnent à l'infirme le nom d'Anastaxia- : ce nom est écrit en toutes lettres sur la fresque de Bominaco.
Fie. 113. — Plan de l SGLI!