‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 175 sur 433 · Cf. ZlMMERMANN, GiottO, J, p · texte numérisé non relu

Cf. ZlMMERMANN, GiottO, J, p

■2. Th. IloLLF.n , qui remarque avec raison, dans ces fresques, «une souplesse qui ne se retrouve pas toujours dans 1 école de Giotto •>, oppose à tort cette souplesse à la prétendue « immobilité byzantine » (Revue arch., 187:1, I, p. 145-147,

3. L'église de Saint-Clément fut alors entourée de monceaux de ruines qui menacèrent de la faire écroule]1. Pour maintenir les murs de l'église, on remplit tout le vaisseau de terre, et sur l'édifice enseveli une nouvelle construction fut élevée (J. Mullooly, Saint Clément and his basilica in Roma, 2e éd., Rome, 1873, p. 2S5).

4. Les fresques de saint Clément n'ont pas encore été reproduites directement par la photographie. Le P. Mullooly a copié ces fresques dans des aquarelles d'une fidélité remarquable, dont il a publié des photographies dans son livre sur la basilique de Saint Clément. D'autres aquarelles, exécutées par Francesco Autoriello, ont été reproduites en chromolithographie dans l'ouvrage de Salazaro : l'Arte romana delmedio evo; Home, 1881, pl. I, II, V et VI).

par l'intermédiaire de l'atelier monastique qui en était alors le seul dépositaire en Italie.

Les artistes du Mont-Cassin furent pour les peintres romains ce que les Grecs avaient été pour eux-mêmes : non point les prophètes d'un art nouveau jusque dans son iconographie et sa théologie, mais d'excellents professeurs de dessin. C'est par les caractères du dessin que se révèle la parenté des fresques de Saint-Clément et des œuvres bénédictines. Ces fresques, comme celles d'Ausonia, sont de grandes miniatures, auxquelles de petites gouaches souples et douces ont pu servir de modèles. Quant aux fresques campaniennes qui cherchaient à lutter avec la mosaïque par l'emploi d'un coloris violent, elles n'ont pas été imitées à Rome, au xie et au xne siècle.

Fie. 118. — Représentations allégoriques des six dehnieiis mois du calendrier; au-dessus saint georges

ET SAINT MAURICE. FRESQUES DU XIIIe SIECLE DANS L'ÉGLISE SANTA MARIA ad Cryptas,

Les premières fresques romaines qui offrent le style byzantin accusé et durci, les couleurs vives et les clairs blafards des fresques de Sant'Angelo in Foraris, ne sont pas antérieures au xm" siècle. Ces fresques, conservées à quelques pas de Saint-Clément, dans la chapelle San Silvestro, élevée contre l'église des Quattro Santi Coronati, et dédiée en 1246 par le pape Innocent IV ', ne sont point, comme on pourrait le supposer, des imitations tardives de l'art bénédictin, nourri de technique byzantine. Un détail le prouvera. Au-dessus de l'une des scènes fort curieuses qui représentent, dans cette église, la Vie de Constantin, un Jugement dernier est représenté en quelques figures. Dans cette composition simplifiée,

1. Crowe et Cavalcaselle, Storia delta pittura in Italia, I, p. 133-134; — [PératéJ, le Vatican, les Papes etla Civilisation, p. 450.

l'artiste a fait place à la Aé^n et à un autre motif byzantin, qui est omis dans la vaste fresque de Sant'Angelo in Formis : un ange qui vole au-dessus du groupe des Apôtres tire à lui le rouleau constellé (fig. 120).

Les fresques des Quattro Coronati, très originales par la vive allure des personnages et le pittoresque des costumes, ressemblent beaucoup plus, par le style et la couleur, à une mosaïque byzantine que les fresques de Saint-Clément. L'opposition de ces deux groupes de peintures donne lieu de soupçonner que Rome ait connu l'art byzantin, après le xie siècle, par des intermédiaires étrangers il l'école du Mont-Cassin. Le fait que la vue de quelques fresques permet d'entrevoir se dégagera clairement d'une étude comparative entre les mosaïques bénédictines et romaines du xi* et du xn" siècle.

Les mosaïques de l'église basilienne de Grottaferrata, fondée par saint Nil au pied des montagnes Albains, n'ont été l'objet d'aucune étude, depuis l'article que M. Frothingham leur a consacre en 1883. Le savant américain attribue à deux époques différentes la mosaïque de l'entrée et celle de l'arc triomphal. D'après lui, la première serait « antérieure de plus d'un quart de siècle à la fondation de la fameuse école du Mont-Cassin (10G0) ... tandis que la seconde » peut être rattachée à l'école du Mont-Cassin et doit appartenir à l'époque où celle école était déjà passée sous la direction des élèves formes par les maîtres venus directement de Constantinople1 ». Ces deux propositions sont l'une et l'autre dénuées de fondement. Le sujet tout byzantin représenté en mosaïque au-dessus du portail de l'église, le Pantocrator assis entre la Vierge et le Précurseur ', n'a été, il est vrai, reproduit par les artistes bénédictins ni en mosaïque ni en peinture à fresque. Mais la date de cette 4fi<n; ne peut être déterminée avec précision. Quant à l'assemblée des Apôtres rangés dans l'église de Grottaferrata, au-dessus de l'arc triomphal, c'est une composition de pur style byzantin, qui, sans contredit, ressemble aux fresques de Sant'Angelo et aux mosaïques de la chapelle Palatine de Païenne par le type dos visages et l'arrangement des draperies. Mais le thème traité par le mosaïste est. comme le thème de la Si-,,,:;, directement emprunté à la décoration des églises monastiques d'Orient : sur chacune des tètes des Apôtres viennent se poser des langues de flamme, et au milieu d'eux on ne voit ni la Vierge ni le Sauveur, mais un trône vide. Ce trône est le symbole de gloire qui est l'un des détails les plus typiques de l'iconographie byzantine et que le peintre du Jugement dernier de Sant'Angelo n'a point connu. La combinaison de la Pentecôte et de FEimpwia, formée dans l'église de Grottaferrata, ne se retrouve pas dans les églises bénédictines de Campanie, mais elle se montre sous la coupole qui domine le sanctuaire de l'église de Saint-Luc, en Phocide3, et

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