‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 177 sur 433 · Vasari, Ed. Milanesi, 1, p · texte numérisé non relu

Vasari, Ed. Milanesi, 1, p

3. Cf. Fbothikgham, American Journal of Archxplogy, X, 1895, p. 1H2.

i. (ïiovenale, Santa Maria in Cosmedin (Zeitsehrift fût- Christl. Kuntf, 1900).

S: La Patriarcale Basilica Liberiana, Rome, 1839, p. 3; — De Iîossi, Mutaici cristiani di Borna, pl. XLIII-LHI.

308 L'ECOLE BENEDICTINE

grande basilique du Mont-Cassin, tel que le représente la gravure publiée par Gattola et reproduite ici même (Pl. Y). Tandis que la mosaïque d'émail, qui comportait à la fois une technique et un style, s'altéra brusquement en passant de la Campanie à Rome, où elle trouvait établie toute une tradition, la mosaïque de marbres, pur ouvrage de praticien, conserva à Rome les formules décoratives dont s'étaient contentés les ouvriers bénédictins. Dans la ville qui était une inépuisable carrière de marbres multicolores, en tronçons et en menus fragments, l'art enseigné aux moines de Desiderius par les maîtres grecs se naturalisa si complètement que des dynasties d'artistes s'en tirent comme un monopole, et que le procédé lui-même a pris dans l'histoire le nom d'une de ces familles, les Cosmati. On sait comment l'incrustation de marbre à la mode byzantine, que les Bénédictins du Mont- Cassin avaient pratiquée les premiers en Occident, fut connue ensuite jusqu'en Angleterre, où Pietro, citoyen romain, décora le tombeau d'Edouard le Confesseur avec des marbres apportés de Rome'. De fous les voyages que l'art bénédictin d'Italie passe pour avoir faits à travers l'Europe, il n'y a que le voyage d'Angleterre qui soif un événement authentique. Les seuls héritiers et les seuls messagers de l'école du Mont-Cassin ont été les marbriers romains.

1. Cet épisode célèbre est bien résumé par M. Clausse (ta Marbriers romains, p. 338 et 339). La mosaïque de pavement conservée dans le sanctuaire de l'église bénédictine de Saint-Benoit-sur-Loirc (Fleuryj, dont les moines prétendaient posséder le corps de saint Benoit TV. plus haut, p. 90, n» 3), ressemble, par le choix des marbres et ta simplicité des arrangements géométriques, à l'ancien pavement de la basilique du Mont-Cassin. Cependant on ne peut croire à une influence directe de l'art monastique formé en Italie par les mosaïstes grecs sur la décoration d'une église française. Deux chroniqueurs très précis de l'abbaye de Saint-Benolt-sur-Loire, qui écrivaient, l'un à la lin du fvn', l'autre au début du xvur siècle, attribuent formellement l'exécution de ce pavement archaïque au temps du cardinal Duprat, bienfaiteur de l'abbaye, qui, vers 1535, lit venir - un grand nombre de pierres très riches et très précieuses de Rome et d'autres lieux éloignés, pour paver l'église susdite, comme marbre jaspé, porphyre et pierre de serpentine, avec grands frais « (cité par l'abbé Roches, Hùtoire de l'Abbaye de Haint-Benoit-mr-Loirc, Orléans, 1865, p. 515). l'eut-être le pavement de Saint-Benoitsur-Loire n'est-il autre qu'un pavement du al' siècle, pris à quelque église de Rome, et transporté par morceaux jusqu'au cœur de la France.

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