Scmulz, II, p
2. Dbhio et Bezold, Vie Kirch. Baukunst des Abendlandes, I, p. 23a.
3. Jannelli, Sacra Guida délia Chiesa Catted. di Capua, p. 15; — Schdlz, II, p. 162-163.
bâtie en grands blocs antiques, pris à l'amphithéâtre et aux autres monuments de Venosa, et sur lesquels sont encore lisibles les lettres carrées des inscriptions romaines, olïre un plan exceptionnel en Italie et dontSchulz avait bien reconnu le caractère français1; chaque bras du transept porte une absidiole; le chœur est entouré d'un déambulatoire (fig. 125). A n'en pas douter, l'architecte qui a bâti dans la patrie d'Horace celte église dont les murs sont un vrai « musée d'épigraphie » latine, était venu d'au-delà des Alpes.
Autour des églises de Venosa François Lenormant a échafaudé une théorie hâtive. L'église couverte, cette pauvre grange sordide et déjetée, serait, d'après lui, plus ancienne que Robert Guiscard cl aurait été laissée debout pendant la construction de la grande église qui devait rester inachevée. Celle-ci aurait été « commencée en 1065» par le duc
Fig. 125. — Plan des deux églises de la sainte-Trinité, a venosa, d'après schulz.
d'Apulie, et l'architecte aurait été un Normand, comme l'abbé Béranger, que Robert Guiscard mit à la tète du monastère'-. L'exposé est ingénieux, mais le monument contredit formellement à la thèse. Un plan aussi développé que celui de la grande église de Venosa ne pouvait pas être conçu, même en France, au milieu du xic siècle.
L'autre église (A) n'était pas antérieure à la conquête normande". Le monastère bénédictin, placé sous le vocable de la Sainte-Trinité, fut bâti par le comte Dragon entre 1046 et 1051, et l'église fut consacrée le 17 août 1059 par le pape Nicolas II, à l'issue du fameux synode de Melfl, où le pape avait solennellement conféré à Robert Guiscard le titre de duc d'Apulie4. L'église n'était pas achevée sans doute à la mort de Dragon et le fondateur n'y