‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 183 sur 433 · L'Apulie et la Lucanic, I · texte numérisé non relu

L'Apulie et la Lucanic, I

3. On répète encore de nos jours que la construction du monastère de Santa Trinité, de Venosa a été commencée » par Gisulf, prince de Salerne, en 942 (II. Cm no. In SS. Trinità di Venosa; Trani, 1899, p. 36) ; pourtant le texte sur lequel se fonde celte assertion avait déjà été dénoncé par von Quast comme très suspect (Schulz, I, p. 322, n. 1). Le Chroniam Cavense, d'où ce texte est tiré, n'est autre qu'un ouvrage du faussaire Pratilli.

4. Le document qui lixe ces dates est une bulle de Nicolas II, donnée à Melfl, le ltr septembre 1059 (Pfldng-

fut pas tout d'abord enterré. C'est en 1059 que Robert Guiscard, qui avait contribué à la construction de l'église avec ses frères aînés', lit recueillir les restes de Guillaume Bras de Fer, de Drogon et de Humfroy, « déposés en divers lieux de l'Apulie », et les réunit dans l'église de l'abbaye de Venosa -. Lorsque le conquérant mourut à Corfou, eu 1085, son corps fut rapporté à Otrante cl de là à Venosa, où il fut placé côte à côte avec les autres Sis de Tancrède de Hauteville.

L'informe construction qui s'élève à l'entrée de la nef inachevée de la grande église marque l'emplacement de la première église élevée par Drogon et par Robert Guiscard : c'est en effet entre ses murs qu'ont été placés les tombeaux qui, selon l'expression du poète apulien de l'épopée normande, devaient être la gloire de Venosa3. Aujourd'hui on cherche en vain dans le monument défiguré les sarcophages des frères héroïques. Aucun marbre ne porte plus l'épitaphe citée par William de Malmesbury, et où quatre vers aussi sonores et aussi fiers que les distiques gravés sur le bronze du tombeau de Bohémond célébraient celui qui avait chassé de Rome l'empereur romain et germanique, et devant qui l'empereur d'Orient n'avait été sauvé que par la fuite, Guiscard, terreur du monde

Un seul tombeau normand est encore debout dans l'église de la Sainte-Trinité. Par une ironie singulière, Albérada, la Normande que Robert avait répudiée, pour s'allier à la famille princière de Salerne, est commémorée à Venosa par un mausolée presque intact, en face duquel une inscription ridicule, barbouillée au pinceau sur un mur moderne, est seule à rappeler le nom de Guiscard et de ses frères". Le sarcophage d'Albérada, adossé à une paroi revêtue de marbre cipollin, et fait de cinq plaques du même marbre, est abrité par un toit de marbre blanc, que soutiennent deux consoles et deux

Hartuxg, Acta Pont. Rom. ined., II, p. 86). Schulz rapporte cette date de consécration d'après une inscription récente qui se lit encore dans l'église ; mais par une erreur de copie, que d'autres archéologues ont reproduite après lui, il a écrit 1 159.

1. Cf. Guillaume de Fouille (Peut/., ,1/. G. H., IX, p. 298, v. 402), et VHystorùi Roberti Guiscardi, publiée en appendice à Aimé, Ystoiredeli Normant, éd. Champollion-Figeac, p. 320.

2. Grrno, Généalogie e notixie di parecclùe famigîie e case diverse, ms. de la Bibl. Braneacciana de Naples, contenant des extraits des archives, aujourd'hui perdues, de l'abbaye de Venosa; cité par Grido, p. 133. D'après M. Heinemann, le tombeau de la mère de Robert Guiscard, Fransende, seconde femme de Tancrède de Hauteville, aurait été placé à Venosa, près du tombeau de son lils [Geschichte der Nonnanncn in Vnteritalieit. I, p. 334). L'historien, qui estseul à donner cette indication, a peut-être confondu Fransende avec Albérada, la première femme de Guiscard, dont le tombeau est encore en place à Venosa.

3. ... Urbs Venusina nitet t.intis decoratà sepulcbris. A Caroli magnivel tempore Cscsaris umquam Nullos terra pares prodaxit fratribas istis.

Hic subhunoatoruni fabricata jugsibus horum Ecclesia, rajas décor urbis praenitet hujus; Hat veniffî miinus rex illis trinus et unus.

(Guillaume de Pouille, M. G. Il, IX, p. 298.)

4. Hic terror mundi Guiscardus ; bic expulit Urbe Quem Ligures regein, Roma, Alemannus habent. Parthus, Axabs, Macedurnque phalanx non lexit Alexin, At fuga ; sed Venetns, ner faga. nec pelagus.

(Wn.i.. Malmesb., lib. III ; Mioxe, l'atrol. lui., CLXXIX, p. 1243.)

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