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Lenormant, l'Apulie et la Lueanie, p

colonnes de eipollin (fig. 126). L'architrave porte gravée, en lettres modernes, l'inscription suivante, qui fait allusion à Bohémond et au mausolée de Canosa :

GuiSCARDI CONJUX ALBERADA MAC CONDÏTUR ARCA. Si GENITOM QUAERES, HUNC CANUSINDS HABET.

bredès 1059, elle avait épousé un neveu de

Albérada vivait encore en 1122. Devenue son époux, le sénéchal Richard, fils du comte Drogon; après la mort de celui-ci, elle prit encore pour mari un noble normand. Roger de Pomareda. Dans ces unions successives, qui lui avaient donné des terres en Calabre, la dame de Golobraro et de Policoro gardait une dévotion spéciale à l'église qui élait la nécropole des héros auxquels elle survivait obscurément. Albérada lit, en 1118 et en 11221. des donations aux moines de Venosa pour le repos de l'âme de ses maris et de ses parents, au nombre desquels la femme répudiée cite discrètement Robert Guiseard, le duc invincible, et son (ils Bohémond, dont elle était la mère5.

Les plaques de eipollin qui forment le sarcophage sont identiques à celles qui revêtent le mausolée de Bohémond; mais les chapiteaux, d'un galbe élancé, toul piquetés de trous de trépan, diffèrent entièrement des chapiteaux de l'édieule de Canosa. Le tomheau d'Albérada ressemble ii certains tombeaux du moyen âge conservés à l'entrée des basiliques de Rome3; mais en même temps le dais du sarcophage, porté par deux consoles et deux colonnes, fait songer à ces tombeaux de (iodefroy de Bouillon, de Bcaudoin et de six autres rois de

1. Schuu, I, p. 325, D. I ; Oblahc, /m Normands en Italie, p. 180, note ; Cf. la note suivanle

2. « Albérada domina r.oluh,arii et Policorii dono pro anima mea et lîogerii de Pomareda viri mai et pro sainte viri me, Rtccardi senescalli Ill-tdomini Comitis Dragonis filii, e, Dlii mei Roberti cunctorumque parentum nostrorun,

!T; d0<m";.' , ,0,,Cr" '""S™r,li in™<™™ *™* *< comili» Dragonis sui fmtri* et fllii ejm Boamundi... „ (CaDbo "la 00. lrtnita ai Venosa, p. 207). 1

3. Par exemple sous les narthex de Santa Maria in Comedin et de Saint-Laurent-hore-les-Miirs.

Fie. 121!. — Tombe ad d'albérada, première femme de

ROBERT GUISCARD (PREMIER QUART DU XIIe S1ECLF.), EGLISE ANCIENNE DE LA SAINTE-TRINITÉ, A VENOSA.

Jérusalem, dont Chateaubriand a vu encore, en 1806, les restes délabrés, dans l'église du Saint-Sépulcre1. L'unique tombeau de Venosa conserve sans doute une image fidèle des autres tombeaux qui furent élevés à la mémoire dos conquérants de I'Apulie. Ce type archaïque de monument funéraire servit de modèle aux mausolées des princes de la dynastie normande de Sicile. Mais les sculpteurs des sarcophages nivaux de Monreale et de Païenne, négligeant les matériaux faciles dont s'était contenté le sculpteur du tombeau d'Albérada, ont attaqué le porphyre massif, et ils ont incrusté dans les colonnes de marbre grec des mosaïques étoilées d'émaux et d'or.

L'architecture de l'église où furent groupés les tombeaux des fils de Tancrède a été remaniée de fond en comble par les nouveaux possesseurs qui, à la fin du xm" siècle, succédèrent aux Bénédictins. La communauté était tombée dans la plus profonde décadence morale et matérielle, lorsque Boniface VIII, en 1297, lui enleva l'abbaye pour la donner aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Les précepteurs généraux de l'Ordre, qui s'établirent à Venosa, y trouvèrent inachevée la grande

! . ^ église dont les Bénédictins avaient commencé la

y— / \ construction derrière l'abside de l'église normande :

ils ne se soucièrent pas de continuer ce gigantesque travail, et le culte Eut célébré jusqu'à nos jours, comme il l'avait été depuis le xi" siècle, dans l'église de Drogon et de Robert Guiscard. Mais, dès l'époque Pitî. i27. - deux bases m colonne; êolisk ano-evine les Hospitaliers s'occupèrent de consolider

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