SA INTE-TRIN IT
très secs, d'oiseaux informes et de figures humaines très sommairement silhouettées. La porte du transept est un amas de morceaux romains, où figurent deux lions et un cippe familial surmonté d'un masque de gorgone. Le sculpteur du moyen âge n'est intervenu que pour indiquer sur l'archivolte quelques rinceaux riibannés (fig. 130). Une seconde porte, qui s'ouvre dans la nef latérale du côté sud, est enveloppée dans une arcade romaine, dont la clef seule, sur laquelle on distingue un médaillon de l'Agneau de Dieu, est comme frappée d'un sceau chrétien. Le tympan porte une inscription, simple invocation appelantsur les moines qui franchissent le seuil la paix humaine et divine 1 ; au-dessus des caractères carrés la bénédiction est figurée matériellement par la main qui apparaît dans un demi-nimbe. L'archivolte de la porte est bordée d'un galon d'entrelacs2. Toute
cette sculpture est fort archaïque, et la construction dont elle fait partie parait être antérieure au milieu du xn" siècle.
Dans le plan primitif, la nef de l'église devait être élevée suivant l'ordonnance dont le déambulatoire donnait le modèle : à l'angle du transept et de la nef latérale, on voit encore, de chaque côte de l'édifice, une colonnette engagée, qui est identique aux colon nettes du chevet, pour le travail des chapiteaux et le profil des bases. Mais le pilier qui, à l'entrée de la nef, devait être uni à celte colonnette par undoubleau, diffère totalement du pilier qui lui fait face de l'autre côté du transept. A la face plane d'un pilier rectangulaire s'oppose un faisceau decolonnettes (fig. 125 et Pl. XV). La hase des piliers carrés du chœur était sans moulure ; le premier pilier de la nef a une hase attique, dont le tore inférieur est légèrement aplati. Les piliers ronds qui suivent dans la nef sont couronnés de superbes chapiteaux à collerette de feuillage ; les tailloirs eux-mêmes sont décorés de folioles. Pour recevoir les voûtes qui devaient retomber sur ces tailloirs, l'architecte n'a pas établi, le long du mur latéral de l'église, des colônnettes semblables à celle qui avait élé préparée par le premier constructeur, mais bien des culots ornés de feuilles larges et grasses.
La nef de l'église inachevée est aussi française par le détail de son architecture et de sa sculpture que le chevet l'était par son plan. Mais le maître d'œuvre qui a élevé les piliers ronds et préparé les culots, pour recevoir les voûtes des bas-côtés, n'est pas le même que celui qui avait bâti les arcades et élevé les colonnes engagées du déambulatoire. Entre les
i.\U DE L ÉGLISE ANCIENNE DE LA SAINTE-TRINITÉ, A VENOSA.
' ' i" CELSA DEI VIRTUS TEMPLUM SIC PROTEGAT ISTL'D,
HIC UT DECiENTES GESIJNA SINT PACE FRUK.NTES.
(ScnuLZ, 1, p. 327).
■2. Voir la photographie que j'ai publiée dans une première étude sur Venosa (I Momim. mediev. délia régime del Vulture, p. XV, fig. 23).
88* I. AUT 1>Uii\ IN('IAI. et municipai,
très secs, d'oiseau* informes <-t de figures humaines très sommairement silhouettées. La porte du transept est un amas de morceaux romains, où figurent deux lions et un oippe familial surmonté d'un masque de gorgone. Le sculpteur d u moyen âge n'est intervenu que pour indiquer sur l'archivolte quelques rinceaux rubannés (fig. 130). Une seconde porte, qui s'ouvre dans la nef latérale du côté sud, est enveloppée dans une arcade romaine, dont la clef seule, sur laquelle on distingue un médaillon de l'Agneau de Dieu, est comme frappée d'un sceau chrétien, Le tympan porte une inscription, simple invocation appelant sur les moines qui franchissent le seuil la paix humaine et divine'; au-dessus des caractères carrés la bénédiction est figurée matériellement par la main qui apparaît dans un demi-nimbe. L'archivolte de la porte est bordée d'un galon d'entrelacs Toute
celte sculpture est" fort arehai que. el la construction dont elle fait partie parait être antérieure au milieu du \n° siècle.
Dans le plan primitif, la nef de l'église devait être élevée suivant l'ordonnance dont le déambulatoire donnait le modèle : à l'angle du transept et de la nef latérale, on voit encore, de chaque cote de l'édifice. Une colonnette engagée, qui est identique aux colonnette* du chevet, pour le travail des chapiteaux et le profil des bases. Mais le i n.. 129. pilierqui, à l'enlréede la nef, devait être uni
CflAPlfRM] de l'église ancienne de la sainie-thinité, a vevoka. ,
a cette colonnette par un doubleau, di Itère totalement du pilier qui lui fait face de l'antre côté du transept. A la face plane d'un pilier rectangulaire s'oppose un faisceau de colonnette* tftg. 125 el Pl. XV'. La base des piliers carres du chœur était sans moulure ; le premier pilier de la nef a une base attique. dont te tore inférieur est légèrement aplati. Les piliers ronds qui suivent dans la nef sont couronne- de superbes chapiteaux à collerette de feuillage ; les tailloirs eux-mêmes sont décore- de folioles. Pour recevoir les voûtes qui devaient retomber sur ces tailloirs, l'architecte n'a pas étaidi, le long du mur latéral de l'église, des colonnette* semblables à .-elle qui avait été préparée par le premier constructeur, mais bien des culots ornés de feuilles larges et grasses.
La nef de l'église inachevée est aussi française par ht détail de son architecture et de sa sculpture que le chevet l'était par son plan. Mais le maître ft'œuvre qui a élevé les piliers ronds et préparé les culots, pour recevoir les voûtes des bas-côtés, n'est pas le même que celui qui avait bàli les arcades el élevé les colonnes engagées du déambulatoire. Entre les
' • f CELSA l,EI VIKTl'S TEMPLUM SIC. PHOTEDAT ISTED,
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' ■ (SciWLZ, I, p. 321).
■2. Voie la photographie que j'ai publiée dans une première étude sur Venosa {I Munum. malicv. delta n finit M Vutture, p. XV, (ig. 2:>).
LES NORMANDS DANS L'ITALIE MÉRIDIONALE 325 deux parties do la construction, il s'est écoulé peut-être un intervalle de cinquante ans.
L'histoire de l'abbaye ne fait point connaître comment la construction de la grande église a été par deux fois reprise ; elle laisse au moins deviner comment celte construction a été par deux fois abandonnée. Dans la période de troubles et de desastres qui s'ouvrit pour I'Apulie entière aussitôt après le couronnement de Roger, premier roi de Sicile, l'abbaye de la Sainte-Trinité resta fermée pendant plusieurs années : les moines se dispersèrent dans les monastères de Calabre qui dépendaient de l'abbaye de Venosa. Le fait de cette désolation est confirmé par un document d'archives. En 1139, l'abbé de la Sainte-Trinité, Hugo, se trouvant en Calabre, dans le monastère de San Fantino Pretoriato, y lit une donation qu'un notaire de San
Nicodemo rédigea
en
Les
moines de Venosa étaient rentrés dans leur abbaye en 1141 2.
Les premiers travaux de la nouvelle église de Venosa, commencés avant 1135, furent arrêtés brusquement par le malheur des temps, et ne purent être repris aussitôt après le retour des moines; peut-être l'architecte étranger qui avait donné le plan n'était-il plus en Italie. Quant à la construction de la nef, destinée à compléter le chœur inachevé, elle se trouvait abandonnée à son tour en 1297, quand le monastère passa à l'Ordre des Hospitaliers. Depuis combien de temps le travail avait-il cessé'.' Boniface VIII remarque, dans la bulle qui dépossède les Bénédictins, qu'em- Irefois le monastère était florissant en biens spirituels et temporels, et qu'il avait été conduit à la ruine par la mauvaise administration des abbés et des moines. Le mal était donc fait depuis longtemps, quand le pape prit sa décision. A en juger par les détails de l'architecture, et en particulier par les bases des piliers de la nef, la construction.
pas reprise avant les dernières années du xu' siècle.
Fn;. 130. — Porte do transe?