‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 210 sur 433 · Schulz, Atlas, pl. LXXXV, flg. 6 et · texte numérisé non relu

Schulz, Atlas, pl. LXXXV, flg. 6 et

n'est pas composé de reliefs fabriqués à la douzaine, mais de figurines représentées au moyen d'une technique plus voisine de celle du peintre et de l'émailleur que de celle du fondeur ou du sculpteur. Dans les traits larges et profondément gravés, qui marquent les contours et les plis des draperies, l'ouvrier a tantôt enfoncé au marteau de Unes lamelles d'argent qui oui fait corps avec le bronze, tantôt coulé un émail vert ou rouge ; les visages, les mains et les pieds eux-mêmes sont faits d'une mince plaque d'argent, sur laquelle des traits lins, remplis d'émail noir, soulignent les traits du visage ou séparent les doigts. Celte technique est une combinaison savante du damasquinage et du nielle. La gravure a la précision et l'accent du Irait dessiné par des lamelles d'or sur les émaux cloisonnés du x" et du xi" siècle ; les proportions des personnages sont légèrement allongées. Sur les quatre ligures, deux, le Christ el la Vierge, sont désignées par les ordinaires sigles grecs (IC XC, MP HV) ; les deux autres, saint Pierre et saint André, par des légendes latines. Une assez longue inscription latine, gravée sous l'image de saint André, indique que la porte a été donnée par Pantaléon, fils de Mauro, eu l'honneur de ce saint, à qui les Amalfl tains avaient dédié leur cathédrale et l'une des églises qu'ils possédaient à Conslantinople. Le Pantaléon dont il est question est cité comme un défunt dans un acte daté de 10661; il aura sans doute commandé la porte de bronze vers 1065, lors du séjour qu'il lit à Constantinople avec le prince lombard de Salerne.

Les portes données par Pantaléon excitèrent l'admiration de Desiderius, abbé du Mont- Cassin, quand il les vit toutes neuves et brillantes d'argent, lors du voyage d'affaires qu'il lit à Amalfi, en 1066. L'abbé ayant formé le projet d'en faire exécuter d'analogues pour l'église de son monastère, Mauro, lils de feu Pantaléon, se chargea des frais de la commande. La porte, qui fut envoyée de Constantinople, dans l'année même, et qui est encore en place à l'entrée de la basilique du Mont-Cassin, n'est décorée que de croix presque identiques à celles qui sont lixées sur la porte d'Amalfî2. Aucune figure n'est gravée sur le bronze. Les plaques restées nues portent une longue inscription, en lettres damasquinées, qui donne le dénombrement des églises vassales du Mont-Cassin, et dont le texte fut envoyé sans doute à Constantinople par Desiderius.

Mauro s'était contenté d'offrir à saint Benoît un ouvrage tout industriel et de la décoration la plus monotone. Son fils Pantaléon fut plus généreux. Il lit exécuter à Constantinople des portes de bronze qui, pour la richesse des sujets et pour la finesse du travail, comptent parmi les plus précieux chefs-d'œuvre de l'art byzantin. L'une de ces portes, qui fut commandée moins de quatre ans après la porte de l'abbé Desiderius, fut destinée à la basilique romaine de Saint-Paul hors les Murs, desservie par une communauté bénédictine qui dépendait du Mont-Cassin. L'inscription latine gravée sur l'une des plaques donne la date de 1070 et, avec le nom du consul Pantaléon, ceux du pape

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