DE BARI
i. Voir d'autres photographies des grands chapiteaux de Troja dans l'article déjà cité de M. Goodyear (The Architectural Hecord, VIII, 1899, p. 284-286).
chapiteaux, à laquelle se mêlent de fines imitations de l'ionique, est une œuvre de créateur. Rien mieux que les magnifiques feuillages sculptés dans la cathédrale de Troja ne l'ait goûter la sève de l'art apulien en plein essor de vie.
Le décor animal n'apparaît qu'à l'état d'exception isolée sur les chapiteaux des basiliques campaniennes. Dans la cathédrale de Sessa, un chapiteau décoré de quatre monstres à double corps, dont les tètes sont armées de défenses de morse (fig. 192), est comme dépaysé dans la (île régulière des chapiteaux corinthiens.
Fig. 191. — Chapiteaux de la cathédrale de iroja.
En Apulie, le décor des grands chapiteaux de Sant'Andrea de Brindisi, chargés de branches noueuses et de grappes stylisées, d'oiseaux et de quadrupèdes (fig. 21 et 22), semble se continuel' sur les chapiteaux de la cathédrale de Tarai te. qui fut relevée de ses ruines au x" ou au xi" siècle1. Ceux de ces chapiteaux dont la décoration est le plus remarquable on! élé. malgré' l'étrange diversité de leurs formes, sculptés en même temps. A côté defeuillages épineux (fig. 193), les chapiteaux de Tarai lo montrent des mufles de lion, des tètes de bélier, des oiseaux de toute sorte et jusqu'à des figurines humaines. Les cornes d'abondance
I. La ville de Tarante fut rebâtie par Nicéphore Pliocas. C'est alors que la ville recuit un siège épiscopal, en 1>07 (Fabke, /.c Liber censnum, p. S6, a. 5). Quant à la cathédrale, elle fut, dit-on, fondée en (072 par l'archevêque Dragon [Mebodio, Sioria di Taranto,'p, 301).
Fie. 1U3
Chapiteau de la cathédrale de tahente.
d'AmalQ. est disposé sur les montants de marbre et se compose de rinceaux auxquels se mêlent de minuscules animaux. Mais de l'un à l'antre de ces deux portails, séparés au moins par un intervalle de vingt ans. le style du décor animal et végétal s'est notablement
modifié. A Salerne, les fleurons des volutes en forme de rosettes, de patinettes et de grappes, sont d'une autre espèce que les arbustes de style oriental sculptés sur les marbres napolitains et sorrentins du x" siècle. Le sculpteur semble reproduire en marbre les fleurons que les miniaturistes et les orfèvres byzantins du xi" siècle disposent, en maigres bouquets, dans les compartiments des c< canons» d'Évangéliaire et sur le cadre des icônes1. Quant aux animaux, parmi lesquels on distingue un griffon el une licorne à la corne recourbée, ils ont la silhouette élancée dos animaux représentés sur les étoffes orientales. Les deux lions grimaçai ils, accroupis au pied de chacun des montants et dont la queue s'épanouit en palmette, ont l'apparence de petits bronzes apportés des pays sarrasins.
Lu porte de l'atrium, sur l'architrave de laquelle on lit, avec le nom de Robert Guiscard, celui de Jordan, prince normand de Capoue, est décorée de reliefs analogues à ceux du portail de l'église. Les détails orientaux sont plus frappants encore : à côté d'un palmier et d'un « hom » persan, le sculpteur a spiritellement esquissé la silhouette d'un singe.
L'art de la sculpture en marbre, tel qu'il fui. pratiqué à Salerne au temps de Robert Guiscard, llG n'a point été importé directement par le commerce mar effet, à ce moment, la sculpf Lire en marbre avait cessé, en ( \ rèce, de concourir à la décoration des églises. L'ancien décor végétal en relief était remplacé dans les églises par un décor géométrique de palmetteset de rinceaux stylisés qui n'étaient point sculptés en bas-relief, mais dessinés sur le marbre par ces gravures remplies de cire brune que les marbriers apuliens ont employées à la décoration du mobilier d'église. Quant aux animaux féroces ou fantastiques, c'est à peine s'ils se montraient isolément ou par groupes de deux sur quelque iconostase du Péloponèse : leur place ordinaire était sur les coffrets d'ivoire et les olifants.
ri
- Chapiteau de la cathédrale de tarent». vers le milieu du xi8 siècle. En