Schdlz, Atlas, p. LXXXVII, Og
Un décor végétal et anima] de style oriental n'a pu être employé, au xr* siècle., par les sculpteurs, dans les villes riveraines du golfe de Salerne, que s'il s'y était conservé. En effet les marbriers de Naples et de Sorrente ont continué à sculpter des paons et des grillons sur les plaques de transmua, à une époque où les motifs de ce genre étaient tombés en désuétude dans la décoration des églises d'Orient. La tradition des sculpteurs campaniens du ixe siècle se sera ainsi propagée sur place jusqu'au milieu du xie siècle. Le portail de la cathédrale d'Amaliî est un descendant direct de l'iconostase de San Giovanni Maggiore, à Naples, avec ses rinceaux vigoureux et ses animaux ailés (/«/. 17 et 18). Quant au style nouveau qui s'accuse dans les motifs des deux portails de Salerne, il ne peut s'expliquer par une suite naturelle île la tradition locale. Il faut admettre que les sculpteurs salernilains ont imité en marbre les fleurons ciselés sur les orfèvreries byzantines et les animaux représentés sur les ivoires orientaux d'origine chrétienne ou musulmane.
La décoration du portail de Salerne ressemble étroitement, pour les motifs et pour le relief, aux bandes décoratives qui ont fait partie de l'autel d'ivoire conservé dans la cathédrale. L'école de marbriers, qui travaillait à côté de l'école d'ivoiriers, semble, comme celleci, avoir disparu pendant le xu" siècle. Après les portails de Salerne, l'art campanien n'a produit aucune œuvre qui représente le développement naturel du même style oriental.
En Apulie, les seuls portails qui remontent au temps de la domination byzantine sont trois anciens portails de la cathédrale de Bari, réemployés dans l'édifice reconstruit après la ruine de la ville par le roi Guillaume. Ces montants de marbre ont fait partie de l'église fondée vers 1035 par l'archevêque Bizantius. Leur décor est simple: il se compose de rinceaux, dont les feuillages sont des pabnettes longues et sèches, ou de motifs géométriques tels que des rosettes, des cercles et des croix1, qui se trouvent à Athènes et à Daphni, sur des morceaux de marbre antérieurs au xi" siècle-, et dans la Syrie centrale, sur les églises du vi* siècle décrites par le marquis de Vogué3.
Ce décor élémentaire disparait au xii° siècle; il est remplacé autour des portails, dans la partie méridionale de la Terre d'Otrante, par un décor végétal, auquel l'emploi de la P'elra leccese permet de donner un relief vivement accentué. Il est vrai que cette pierre poreuse et perméable s'elfrite peu à peu sous l'action de la pluie et semble tomber en pourriture. Les seuls portails anciens de pietra leccese qui se soient bien conservés sont ceux de la singulière église San Xicola e Cataldo de Lecce, dont l'un porte la dale de 1180. Al entrée d'une nef toute française, que surmonte une coupole grecque, ils offrent, dans
1. P. Fantasia, // Duomo di Bari, Allas, pl. XIV, flg. 47-50 et flg. 30.
2. Couciiaud, Choix <T églises byzantines, pl. 31 ; Millet, le Monastère de Daphni, p. 11-12, fie. 7 et 8 : Sciillmbebckh, Basile il, t. n, p. 425.