‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 240 sur 433 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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jusqu'au \u' siècle, les images des jeux du cirque popularisées autrefois par les diptyques Consulaires. Parmi la foule (1rs animaux et des oiseaux est un singo, campé sur ta bosse d'un chameau. Au sommet de l'archivolte supérieure se détache la silhouette d'un basilew, conduisant un quadrige dont les chevaux se cahrent, à droite et à gauche du char : c'est un motif souvent reproduit sur les soieries byzantines. Le décor végétal est byzantin comme le décor d'animaux et de figures humaines : les fleurons des rinceaux sont identiques à ceux des portails de Salerne et de Troja. Le cadre du portail est couvert de feuillages secs, sur lesquels se relèvent en bosse, de loin en loin, des demi-boules ciselées et repercées, pareilles à un umbo de bouclier; c'est un des motifs de décoration les plus familiers à l'art byzantin : on le trouve en Grèeeet en Orient sûr le marbre des iconostases, le bois des portes ouvragées, l'argent et l'or des cadres d'icones1.

A côté de ce décor profane apparaissent deux archanges inclinés, qui occupent les écoi iléons du portail. Vêtus à l'antique, ils présentent sur un voile le globe qui est l'insigne de leur puissance impériale. Leurs ailes sont ingénieusement disposées, comme elles le seraient dans les coins d'une reliure d'Évangéliaire. pour remplir les angles du cadre !. Ces images saintes, dont la présence dans un décorde maître sculpté semble au premier abord en contradiction avec les habitudes de l'art chrétien d'Orient, sont précisément, de toutes les Qgures représentées sur le portail de Saint-Nicolas de Bari, les plus «byzantines», non seulement par le style de, leurs draperies, mais encore par la place même qu'ils occupent. Le sculpteur apulien imitait un modèle oriental dont un exemplaire unique est conservé à Constantinople. Dans les écoinçons d'une archivolte de marbre qui a été sculptée à la fin du xiii" siècle pour l'église de la Vierge, devenue sous les Turcs ia Kahrié-Djami. deux demi-figures d'anges se font face, comme à Bari, à droite et à gauche d'un buste du Chrisl Pantocrator ».

Dans le détail de l'exécution, le sculpteur du portail de Saint-Nicolas montre une maîtrise pareille à celle de Barisanus. Il est probable que ce porlail est contemporain des portes de bronze de Trani, et qu'il fut encastré dans la façade vers la lin du xn" siècle, au moment où l'église de Saint-Nicolas fut élargie extérieurement par la construction des contreforts latéraux et allongée par l'addition de deux tours de chevet. En effet la décoration du grand portail de Sainl-Nicolas offre la plus étroite ressemblance avec les sculptures qui entourent la grande fenêtre ouverte dans le chevet de la cathédrale île Bari, après 1178''.

Venise comme en Fouille les ivoires représentant des combats et des chasses oui été imités, par .les marbriers, suides médaillons dont quelques-uns sont encore en place dans le revêtement <1'' Saint-Marc et dé quelques façades de palais.

I. Iconostases d'Apidia et de Vrestcna, dans le Péloponnèse [Col!, bfl. de l'Ecole des Hautes Etudes ; pliot. Laurent) ; porte de l'église de Diocbiariu (xvr siècle , au Mnnt-Athos [B>ocut»«9, Die Runsl in <lrn Allias Klnstern, p. 251, n. I. et pl. XXIX); encadrement d'une icône de saint Georges en stéatite, et cadre en argent doré d'une mosaïque portative représentant la Vierge, au monastère de Vatopédi (ScBLUKBSBQBB, H«silc II, p. 'l'.'i ; Kommsopp, Monum. de l'art chrétien à rAthos, p. 20*, lig. 81, pl. XII).

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