‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 244 sur 433 · Ame pores rksidens trks vidît adora? et uncm · texte numérisé non relu

Ame pores rksidens trks vidît adora? et uncm

les caractères du singulier portail de San Marcello de Capoue sont d'un ouvrage lombard.

Jl faut rattacher aux reliefs bizarres qui grouillent sur quelques portails de la région capouane un curieux ensemble de sculptures qui décore, dans la ville de Bénévenl, le cloître de l'ancienne abbaye de Sainte-Sophie. Ce cloître, qui enclôt un jardinet, et qui est à demi engagé dans une école enfantine, fut bâti au temps d'un certain abbé Jean, nommé sur l'un des chapiteaux, dans une inscription qui ne donne aucune indication de date. Des sculptures couvrent les chapiteaux ou plus exactement les tailloirs en forme de prisme allongé qui sont interposés entre les arcades en fer à cheval bandées au-dessus des colonnettes et les chapiteaux disparates, pris à des édifices de l'époque romaine ou de l'époque lombarde. C'est, d'un tailloir au suivant, un défilé de monstres de toute sorte et de cavaliers en haubert. Au milieu de ce désordre, on remarque, sur les petites faces de douze tailloirs alignés à la lile, des reliefs qui représentent les travaux des Mois, figurés par de petits personnages, comme ils L'ont été à plusieurs exemplaires par les Lombards voyageurs dans l'Italie septentrionale et centrale1. Des tailloirs de même forme que ceux du cloître de Sainte-Sophie, avec des ligures de monstres ou de guerriers, se voient encore, sur la route «le Bénévenl à Capoue, dans la crypte de la cathédrale de Sant'Agata dei Goti-, et, sur la route do Bénévenl à Naples, dans le monastère de Montevergine,

Les portails apuliens du xn" siècle, comme les portails campaniens, ont parfois dans leur décor quelques détails qui font penser à l'art du Nord. Sur les deux portails latéraux de Saint-Nicolas de Bari, les montants et le linteau sont couverts de rinceaux, d'un dessin tout oriental, donl les rameaux sortent de vases à deux anses. Mais le portail du nord mêle à ce décor végétal dos figurines humaines qui n'ont rien à faire avec les traditions byzantines. L'archivolte saillante retombe sur deux blocs, formant coussinet, et dans lesquels sont sculptés deux hommes : l'un coupe les blés avec une faucille, l'autre émonde un arbuste qui a l'air d'une vigne. L'archivolte inférieure est couverte d'un groupe confus de cavaliers qui pointent leurs lances contre des archers. Ces cavaliers portent le haubert de mailles et le heaume à nasal : ils ont l'air de sortir de la tapisserie de Bayeux:< (fig. 206).

Faut-il croire qu'un sculpteur local ait eu l'idée de représenter, à l'entrée de l'église de Saint-Nicolas, les cultures qui faisaient la richesse de la Terre de Bari et les chevauchées des guerriers qui avaient conquis l'Apulie ? Le motif du combat se retrouve sur deux portails apuliens, où sont représentés des piétons, et non des cavaliers. L'un est le portail de San Bencdetlo de Brindisi, dont l'encadrement archaïque est composé d'entrelacs, parmi lesquels sont disposés de loin en loin de minuscules animaux. Le linteau porte trois hommes coiffés du heaume pointu, qui percent de leurs lances deux lions et un dragon.

1. Voir le Mois de Juin, dans l'Atlas de Sciiijlz. pl. LXX1X, fig. 2.

2. Les chapiteaux «lombards » de Sant'Agata dei fioti ont été reproduits par moi dans la revue NtipoliNob™*, 1 896, p. 0. Les deux guerriers à cheval représentés sur l'un de ces chapiteaux peuvent être rapprochés de ceux qui sont sculptés sur un chapiteau de San Giovanni in Borgo, à Pavie (Dartein, l'Architecture lombarde, pl. LXVII, 1).

3. Des cavaliers semblables, portant le même bouclier long, figurent, à la fin du xi« siècle, sur les monnaies du grand comte Roger (Vergara, Monete deiprincipi nonuanni, etc., 171,>, p. 3, pl. I, n° 1).

De tels groupes pourraient avoir été copiés d'après des objets mobiliers d'origine orientale. Mais, à la façade de la collégiale de Barletta, l'archivolte de l'un des portails latéraux, sculptés vers 1150, montre une file de combattants et de monstres dont les groupes désordonnés rappellent les sculptures lombardes de San Marcello de Capoue.

Bien loin de la Campanie et de la Pouille, plus d'un portail du xne siècle, àModène1, à Angoulème-, dans bien d'autres cathédrales du Nord, est orné de cavaliers armés comme les guerriers de Bari. Les deux figurines du moissonneur et du vigneron, qui voisinent, sur le portail latéral de Saint-Nicolas, avec les combattants, font partie du cycle des Mois, représenté, au xu" siècle, sur les portails des églises lombardes, comme en pays français et germanique. L'artisan qui a sculpté à Bari ces chevaliers et ces paysans était sans doute quelque compatriote du Lombard voyageur qui a sculpté les portails d'Aliïe et de Cal vi .

Dans la Terre de Bari on peut découvrir, comme dans la région de Capoue, un ouvrage de sculpture qui rapproche sur le même morceau de marbre des imaginations monstrueuses et des scènes de l'histoire sacrée. Un des portails de la cathédrale de Monopoli avait autrefois un linteau chargé de figures (fig. 507), qui est conservé dans la sacristie de l'église moderne, avec l'archivolte décorée de bustes d'anges. Les figures du linteau sont d'un tout autre style que les anges de l'archivolte : avec leurs yeux énormes, leurs draperies serrées comme un fourreau, leurs gestes courts de pantins, leurs proportions, qui, d'une figure à l'autre, varient de moitié, elles sont l'œuvre d'un homme étranger à la science des artistes byzantins. Les trois scènes qui se font suite de droite à gauche sur le linteau sont la Descente de croix, les Saintes Femmes au Tombeau et la Descente aux Limbes. Dans la première et la dernière de ces scènes, les groupes et attitudes ne reproduisent que de loin les compositions byzantines, que Barisanus de Trani a copiées si exactement sur ses portes de bronze.

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