‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 245 sur 433 · Zimmf.rmann, Oberi talienischc Plastik, p. 45, fig · texte numérisé non relu

Zimmf.rmann, Oberi talienischc Plastik, p. 45, fig

ï. K. Maecou, Musée île sculpture comparée du Trocadéro, I, pl. 39, en liant et au milieu.

Fig. 20C. — Portail latéral de saint-nigolas de bari.

Le geste de l'homme qui décloue l'une des mains du Christ., en levant la tête vers la croix, est maladroitement traduit, mais pris sur le vif; au pied du tombeau du Christ sont assis de minuscules guerriers, portant le haubert de mailles et le heaume pointu à nasal; le prophète géant, qui, à côté du crucifix, écrit sur son livre, dans une attitude qui montre largement ses chausses sous sa tuniqne relevée, est coifîéd'une sorte de bonnet pointu : sa barbe lui couvre la poitrine; il a de très longues moustaches. En pendant à ce prophète, le sculpteur a représenté une image effrayante et confuse : une femme nue autour de laquelle s'enroulent de tous sens des serpents, qui viennent mordre ses mamelles pendantes. Cette femme, qui fait penser à la terrible « Luxure » des portails de Moissac et de Charlieu, est-

PïG. 207. — Architrave d'lw ancien tortail de la cathédrale de monopoli.

elle, derrière l'affreux diable enchaîné par le Christ vainqueur, une personnification de l'Enfer? N'est-elle pas plutôt une création inutile d'une imagination barbare? En tout cas, celle seule ligure, dans son entrelacs de serpents, témoigne d'un goût de l'horrible qui était inconnu de l'art byzantin du moyen âge, discipliné par les traditions antiques. Le sculpteur du linteau de Monopoli est un homme du Nord, peut-être un Normand, plus probablement un Lombard.

Dans les sculptures des portails ou des chapiteaux de Campanie et d'Apulie, quelques figures humaines qui ont un sens précis et, le plus souvent, une signification religieuse, prennent place, pendant le xn* siècle, à côté des animaux monstreux et inutiles.

L'art local de l'A pu lie avait fait, dès les premières années de ce siècle, des tentatives originales de sculpture religieuse en marbre. La té^n est représentée, avec les symboles des Évangélistes, sur le linteau du grand portail de la cathédrale de Troja ; des figurines d'anges sont disposées sous les archivoltes des portails de Monopoli et d'Acerenza et dans les écomçons de l'arcade qui surmonte l'entrée principale de Saint-Nicolas de Bari. Deux groupes de, V Annonciation, dont chacun est formé de deux figurines en bas-relief, encastrées dans la paroi d'une façade, surmontent le portail latéral de la collégiale de Barletta {fig. 208), dont l'archivolte est couverte de rinceaux et de monstres, et le portail de l'église d'Ognis-

sanli à Trani (PI. XVII)1, dont les montants sont décorés de cercles entrelacés et de fleurons d'iris, pareils à ceux que maître Barisanus a disposés sur la porte de bronze de la cathédrale voisine.

Les marbriers apuliens qui ont traité un sujet religieux ont eu recours aux mêmes modèles que le fondeur de Trani : ils ont. pour la plupart, copié en marbre des ivoires byzantins. A côté des coffrets à figurines profanes, dont ils faisaienl leurs modèles ordinaires, il leur arriva d'imiter une plaquette qui représentait un ange, ou bien le Christ. Mais, tandis que, sur les portes de bronze, les monstres et les combattants n'occupaient qu'une place minime, à côté de l'assemblée imposante des Apôtres et des Saints, présidée par la Vierge et par le Rédempteur, les images saintes sculptées en marbre se trouvent comme perdues au milieu de l'œuvre magnifique de décorateurs que les artistes apuliens accomplirent, pendant le xne siècle, en adaptant à la décoration des portails le trésor de motifs animaux et végétaux, que leur offraient les ouvrages d'art oriental.

La sculpture monumentale qui, dans les ateliers apuliens, ne s'essayait que par exception et comme par hasard à représenter une image ou un groupe isolé du cycle chrétien, avait commencé dans l'Italie du Nord, vers le milieu du xu" siècle, à produire des œuvres riches de pensée. Le marbre s'est dégagé de l'animalité grossière oit restaient emprisonnées les sculptures chaotiques des vieilles églises de Pavie. Les grands portails de Modène, de Ferrare, de Vérone, parlent à l'esprit, le langage des livres sacrés, îles poèmes chevaleresques ou des proverbes populaires. Au lieu de dragons dévorants, d'oiseaux pattus, de guivres rampantes, le sculpteur représente les scènes des deux Testaments, les légendes des saints, les chevaliers de la Table ronde, la fable de Renard. Une illustration encyclopédique succède, autour des portails, à une imagerie sauvage.

Comment s'est accomplie celte transformation dans la sculpture lombarde? On commence à l'entrevoir. C'est en France que la pierre et le marbre, qui, depuis cinq siècles,

Fin. 308.

Portail, avec les deux figures de l'annonciation, Façade de la collégiale de barletta.

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