‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 248 sur 433 · De 1 mètre à lm,40 de côté ou de diamètre · texte numérisé non relu

De 1 mètre à lm,40 de côté ou de diamètre

ces plaques se trouve découpée la silhouette d'un animal, — tigre ou serpent enroulé (fia. 209 et 217 1, — dont le corps est rempli d'un damier de marbre blanc, rouge et noir. Ce procédé est celui que les mosaïstes grecs de l'abbé Desiderius ou leurs élèves immédiats ont employé pour représenter deux félins sur deux plaques de marbre devant l'autel de la grande basilique du Mont-Cassin (fig. 74). Le pavement de la basilique bénédictine et celui de l'église basilienne sont des ouvrages de la même technique et probablement du même siècle.

Dans l'église du Patir, située près de Rossano et à quelques lieues, par la montagne, de San Demetrio Corona, toute la largeur de la nef est occupée par un rectangle de pavement historié, qui porte le nom d'un higoumène inconnu, Blasius'. L'inscription, en capitales latines, sépare deux couples de cercles, dans chacun desquels est disposé un animal : un lion fait pendant à un griffon (fig. 210], une licorne à un centaure sagittaire. Les animaux ont de

longues crinières bouclées et sont tous marqués à l'épaule et à la croupe de ces rosaces orientales qui ont été gravées sur le flanc des éléphants du trône de Canosa. Le licorne est la copie de la bête représentée dans le Physiologie grec du xu" siècle-. La technique est toute différente de celle, qui a été employée au Fig, 209. — Pavement de saot'adbiano (calabbe). pavement de Sant'Adriano. Les ligures d'animaux

sont composées, non plus de carrés ou de losanges de marbre, mais des petits cubes de l'opus vermiculatum. C'est la technique des mosaïques murales d'émaux multicolores, reproduite avec les matériaux ternes et de nuances neutres qu'ont donnés les marbres concassés. De sveltes palmettes se déploient dans les écoinçons qui restent libres sur le champ du rectangle où sont encadrés les cercles aux figures d'animaux; d'autres palmettes couvrent les bordures. Sur l'une des bandes, l'arabesque de ces palmettes se complique de telle manière qu'elle semble reproduire des caractères cou fiq lies.

On pourrait se demander, d'après ce détail de l'ornement, si le pavement du Patir ne relève pas, comme l'architecture de l'église, de cet art sicilien, brillant et complexe, où survivaient des traditions de l'industrie arabe. .Mais les figurines d'oiseaux qui se mêlent, sur le pavement de la Chapelle Palatine de Païenne, aux méandres et aux entrelacs sont indiquées par quelques morceaux de marbre et d'émail, bien plus sommairement que les animaux du Pâlir.

Les rares pavements du xi° el du xu" siècle qui se sont conservés en Orient, dans l'église de Saint-Luc en Phocide, et dans celle d'iwiron, au mont Atbos, n'offrent, comme le pavement du Mont-Cassin et comme ceux des grandes églises « normandes» de Sicile, que des combinaisons géométriques. C'est à peine si l'on distingue sur les restes du pavement

1. Dieiil, l'Art byzantin dans l'Italie mérid., p. 195-197; avec un plan schématique du pavement.

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