Sarlo, Il Duomo di Trani, p. 10, n
4. Bkltra.ni, Una inedita descrizione del Duomo di Trani, Trani, 1899. o. HÛNTZ, Hcvuc Arcliéol., 1877, I, p. 41.
LES PAVEMENTS HISTORIÉS 493 Délia Monaca. qui écrivait au xvne siècle, rapporte que le pavement de Brindisi était en grande partie couvert, comme celui d'Otrante, par les ramifications d'un arbr-e gigantesque. On lisait sur le tronc de cet arbre la date de 1178 et le nom de Guillaume, l'archevêque français qui lit exécuter l'ouvrage. La description prise par Schulz en 1834 suffit à montrer que, dans ses motifs essentiels, le pavement de Brindisi était une imitation de celui d'Otrante : on y retrouvait les éléphants, placés à l'entrée de l'église, el l'histoire d'Adam et d'Eve, avec d'autres épisodes, comme la construction de l'arche (NOEHAC T... ARCAM DE LIGNO), et Noé plantant la vigne avec ses fils Cham el Sein. Le savant allemand a noté que ces mosaïques étaient d'exécution beaucoup plus grossière que l'œuvre signée par Pantaléon, douze ans plus tôt '. L'appréciation ne peut être contrôlée d'après le dessin très sommaire que Schulz a fait copier probablement sur un manuscrit du milieu du xvine siècle, qui fait partie de la Bibliothèque archiépiscopale de Brindisi-. Mais on peut comparer une double série de dessins fort soignés que Millin a fait relever, en 1812, sur les pavements d'Otrante et de Brindisi, el qui sont conservés à Paris, au Cabinet des Estampes (G b 63). A côté des figures d'Alexandre et d'Arthur, molles de contour, mais bien pro- Fig. 216. — ouvier, lVrchevêque turpw et roland.
Fragment du pavement dk brindisi. D'après millin.
portionnées, les personnages de la
mosaïque de Brindisi, avec leurs longs bras ballants, ont l'air de paquets de chiffons.
Le grand intérêt de cet ouvrage médiocre était dans les sujets mis en scène. Sur le pavement d'Otrante des figures évoquaient les merveilles du roman d'Alexandre ou des histoires d'Arthur. Le pavement de Brindisi complète en Apulie l'illustration des épopées françaises. Non loin de Xoé, un enfant à bonnet pointu, désigné par le nom d'ASCANlUS, sort du cycle troyen, dont un épisode, l'enlèvement d'Hélène, fut de même représenté, au xu* siècle, sur le pavement de Pesaro *. A côté des personnages tirés des cycles antiques, le mosaïste inconnu de Brindisi a représenté dans une suite île groupes l'épisode le plus fameux du cycle de Charlemagne, le désastre de Roncevaux.
Les noms héroïques, écrits en langue, d'oil, donnaient une noblesse épique à celle procession de fantoches, qui semblaient armés de sabres de bois et montés sur des chevaux de carton. Derrière un guerrier à pied, voici venir, sur son cheval caparaçonné, L'ARCE- VESQUE TORPIN, la mitre à deux cornes sur la tète, la crosse dessinée sur son écu el sur
t. Scuulz, [, p. 303-306.
2. Sciil'lz, Atlas, pl. XLV, fig. 2. Ce manuscrit doit rire celui gVOrtbnzio dk Léo, Brundisinorum Pontificum eorumque Ecclesij; monuincnta, 1754 [Cf. Aar, GU stiuU storici.*., p. 12, n. 3).