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LES MOSAÏQUES ARABO-SICILIEN NES EN CAMPANIE

azur délicatement verdi. Les émaux blancs, qui remplacent les fragments de marbre blanc employés par les « Çosmati », sont découpés, non point en losanges ou en triangles, mais en longues baguettes qui s'entrecroisent de manière à dessiner des polygones étoilés et de savantes rosaces. Au lieu d'une suite de figures simples juxtaposées, on a des lacis de lignes entrecroisées, qui composent des figures régulières et compliquées, tantôt isolées sur un disque, tantôt disposées en une file dont chaque polygone engendre par les prolongements deses lignes le polygone qui suit, jusqu'à l'indéfini (fig. S18)1. bien de pareil ne se voit

Fin. 219. — ARCADE ORNER 1IE MOSAÏQUES, AVEC LA DATE DE 1175; AUTREFOIS A LE.NTRÉE DU CHŒUR DE LA CATHÉDRALE DE SALERNE.

dans les œuvres nombreuses des marbriers romains, ni dans les rares fragments de mosaïques décoratives qui proviennent de l'Orient chrétien. Les plaques incrustées de mosaïque qui se trouvent encastrées dans les parois de saint Marc de Venise et qui, pour la plupart, sont des morceaux de transenna ou d'ambon rapportés de Constantinople ou de Grèce après la croisade de 1204, sont toutes décorées de méandres de marbre réservés sur un fond sommairement garni de gros cubes de couleur, en pâle vitreuse ou en marbre •. Même les moins grossiers de ces ouvrages de marbriers grecs, traités à la manière des pavements, restent bien loin de la richesse de tons et du jeu capricieux île lignes qui donnent aux mosaïques de Salerne leur grAce brillante et légère. Le décor polygonal qui déploie ses fantaisies géométriques dans le chatoiement des émaux ne relève point do l'art byzantin.

1. J'ai établi cetle distinction pour la première fois dans un article des Mélanges de VÉCole tir Rome '1rs Arts de rOricnt musulman dans l'Italie méridionale, XV, 189G).

2. [BoîtoJ, la Basilicadi San Mam>. Planches, t. III, n° 193; V. Il 3" (très remarquable); VII, V 8, VII, s, Il (ce dernier morceau porte une inscription grecque).

Sans cloute les combinaisons géométriques adoptées par l'ancien art de l'Empire d'Orient semblaient former, au siècle de Justin ion. les rudiments d'un décor analogue à celui qui rayonne sur les marbres de la cathédrale de Salerne1. Parmi les marqueteries de marbre, de nacre et de pâtes vitreuses qui couvrent le pourtour de l'abside de la cathédrale de Parenzo, se détachent des polygones étoilés, engendrés par le simple entrecroisement de deux carrés, qui sont tracés par de longues baguettes d'émail sur un champ jaune orangé, rouge vif et bleu verdi, lie ces polygones, les uns encadrent une rosace à feuilles de nacre, les autres un fleuron bleu et orangé2. Ces morceaux de décoration byzantine, antérieurs à l'Hégire, pourraient passer, à première vue, pour île très anciens carreaux de faïence tombés d'un minaret. C'est de la Perse, du pays des merveilles on terre

vernissée, que l'usage d'un semblable décor dut se répandre à Byzance et dans les pays soumis au banleus. Il ne s'y développa point.

Les polygones émaillés des lambris de Parenzo se rapprochent beaucoup plus des mosaïques salern Raines du xn* siècle, que des mosaïques byzantines du xi' qui furent imitées

été conçu dans l'Orient chrétien et dans l'Orient musulman d'après des principes tout différents. Los pavements dos églises byzantines et les plaques do leurs transennx ornées de mosaïques se couvriront d'entrelacs circulaires, réservés clans le marbre blanc, et qui avaient pour rôle do relier les uns aux autres les grands disques de marbre précieux que les Grecs appelaient 'OjjupaXU. Dans l'art musulman, le cercle fit place au polygone et les méandres continus à des entrelacs de lignes brisées.

1. On a vu plus haut, sur un morceau Je parement en mosaïque du ri" siècle, retrouvé à Santa Maria di Capuavetere, une rosace d'entrelacs fort compliquée (p. GH, fig. 14).

2. Gh. Dif.hl, Justinien, 1902, p. :;7G, pl. VII. — Une belle reproduction en couleur d'une de ces rosaces polychromes est donnée dans l'ouvrage du général de BErué, l'Habitation byzantine, Paris, 1902, pl. 1. Des rosaces étoilées en mosaïque de marbre (opus sectile), décorent les écoinçons des arcades de la nef, dans l'église de Saint-Démétrius, à Salonique (Coll. byz. de l'Ecole des Hautes Etudes, phot. 11. Millet, n°> 6S3-08i).

Fin. 220. — Fragment d'un ambon de m

f. on.\K he mosaïque r> on

D'ÉMAIL. CaMPOSANTO DE l'ISE.

par les ouvriers romains. Après ht querelle clos iconoclastes, le décor géométrique avait

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