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LES MOSAÏQUES AKABO-SICILIENNES EN CAMPA NIE

L'art qui couvrit le plâtre, le marbre, lu bois, lu bronze, la faïence de rosaces indéfiniment répétées et indéfiniment variées est celui que les mosaïstes réunis pour décorer le sanctuaire de la cathédrale de Salerne ont imité, en traçant les épures de leurs polygones étoilés. Les épures qui ont guidé les zigzags des baguettes d'émail blanc sur le tissu d'émail aux couleurs vives se retrouvent parmi celles que Bourgoin a dessinées pour dégager ce qu'il a appelé « le trait de l'Art arabe 1 ».

Le décor géométrique avait sans doute achevé de se développer dans les ateliers des

Fit;. 1*21. — Fragment de pavehknt en mosaïque de marbres. Baptistère ue pise.

ébénistes chargés, en pays musulman, d'exécuter le mobilier religieux qui, un pays chrétien, était confié aux marbriers. Les savantes combinaisons de baguettes d'émail qui furent employées à Salerne ne sont que des imitations, en matière plus brillante et plus riche, de marqueteries en baguettes de bois. Ainsi s'expliquent les ressemblances singulières des mosaïques qui décorent l'ambon et la chaire de la cathédrale de Salerne avec les arabesques qui couvrent les panneaux ouvragés d'un Mimbar de mosquée.

Dans l'Orient musulman, des mosaïques appliquées aux parois des édifices sacrés reproduisirent les dessins géométriques qui se jouaient sur le bois des chaires à prêcher. Entre les mosaïques qui revêtent l'intérieur de la grande mosquée de Damas et celles qui forment les frises des transennœ de Salerne, il n'y a de différence que dans la couleur '. Les

1. Dans l'ouvrage intitulé: les Éléments dé VArt ara6£(Paris, 1879, in-f°), on rapprochera des tracés octogonaux de Salerne la planche XCV, el des hexagones étoilés la planche XXVIII, ainsi que les tracés d"octogones étoilés donnés aux planches UH, U el LXI.

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