‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 275 sur 433 · E. Lotuein, Die CuiturentwickeluTiQ Sud*Xtaliens, p · texte numérisé non relu

E. Lotuein, Die CuiturentwickeluTiQ Sud*Xtaliens, p

4. L'art des Abruzzes, depuis le xi'' siècle jusqu'à la conquête angevine, n'a encore été l'objet d'aucun essai historique. Les éludes de MM. île Nino, Hindi, Picciriïli, Calore, Savini, qui ont préparé des matériaux solides pour l'histoire artistique de la région, sont des monographies, disposées sans suite logique dans une revue ou dans un volume. Pour plusieurs monuments de grande importance, les études préliminaires se bornaient jusqu'ici à une simple indication ou à une description insuffisante. Les quelques pages que M. L. Gmelin a publiées en 1880 dans la Deutsche Bau-Zeitung (Architektonisches ans den Abruzzen; vingt-troisième année de la revue, p. 563 et suiv.J ne mentionnent que des monuments du xiv° et du xv siècle, à Sulmona et à Aquila; l'auteur néglige complètement l'architecture du xuc et du xiii" siècle.

Le sous-sol calcaire de la conque d'Aquila renferme des restes d'anciennes catacombes chrétiennes, qui ont servi de cryptes à des églises du moyen âge : l'église de San Vittorino s'élevait sur les catacombes de l'antique Ainiternum, dont les parois furent décorées de fresques votives au xtv et au xve siècle; l'église de Santa Giusta, près de Bazzano, s'adosse à une colline dans laquelle avaient été creusées des galeries funéraires.

Des cryptes presbytérales, dont les voûtes sont soutenues par des piliers, ont conservé leur aspect primitif sous le sanctuaire de quelques églises qui ont été ruinées ou rebâties : c'est ainsi que, sur un mamelon qui domine le village de Borgocollefegato, situé à mi-route d'Avezzano et de Rieti, le nom de l'église de San Giovanni est gardé par une crypte dont l'abside massive sort de terre, comme la base d'une tour détruite, au milieu d'un bois de chênes. Les vieilles cryptes des Abruzzes atteignent à des dimensions remarquables. Dans le village d'Assergi, blotti au pied du Gran Sasso, la crypte de l'église de San Franco occupe une moitié de la nef ancienne et une partie de l'un des bas-côtés '. Les seize piliers de la crypte conservée sous l'église de Sant'Eusanio Forconese, non loin d'Aquila, semblent prolonger leurs quinconces à perte de vue dans la pénombre'1. Les cathédrales de Sulmona et de Chieti avaient des cryptes plus grandes encore et de même plan1, dont les voûtes et les chapiteaux mêmes ont été recouverts de stuc.

Ces églises souterraines, qui n'avaient point à souffrir des reconstructions successives, comme les églises supérieures, sont difficiles à dater1. Celles que les stucs modernes n'ont point masquées sont, pour la plupart, des constructions d'une rudesse barbare : les doubleaux épais de leurs voûtes d'arêtes reposent sur des piliers dont les écartements sont irréguliers, les diamètres inégaux, les hauteurs et les formes mêmes diverses; tantôt les chapiteaux n'ont point de base, tantôt ils ont pour base un chapiteau renversé. Des cryptes aussi grandes que celles des cathédrales de Sulmona et de Chieti, et aussi grossièrement construites que celles d'Assergi et de Sant'Eusanio s'étendent sous les cathédrales de Rieti et d'Ascoli les deux premières villes de l'Ombrie et des Marches, au-delà de l'ancienne

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