Groisy, l'Art de bâtir chez les Byzantins, p
Fig. 4. — Oiseaux d'eau affrontés, mosaïque de l'atrium de saint paulin. état actuel.
Fis. 5. -
Mos.uVje du vù siècle, dans le baptistère de l'kvèque soter, a naples : sur l'arcade, sujet pastoral ■
DANS LA NICI1E, LE LION DE l'ÉYANGÉLISTE SAINT M ARC, AVEC SIX AILES.
CHAPlTIiE II
LES MOSAÏQUES CAMPANIENNES ANTÉRIEURES A JUSTINIEN
I. -Le décor polychrome des basiliques et des portiques de saint Paulin, au «Cimetière » de Nola; les mosaïques de
l'abside de la grande basilique.
II. - Les mosaïques du baptistère de l'évêque Soter, à Naples. - Identification des sujets représentés ; sens religieux de
l'ensemble.
III. — Les mosaïques de Capoue et de San Prisco. — La chapelle de Santa Matrona.
IV. - Analyse historique des mosaïques campaniennes. — Éléments locaux dans la composition. Le coloris et la technique des mosaïques du baptistère napolitain, - Des traditions qui ont enrichi l'art des mosaïstes campaniens. - Home ou Orient? — Les trois questions byzantines ».
V. - Happcrts du premier art chrétien de Naples et de Capoue avec l'art de nome, de Baïenne et de l'Orient. -La « ques-
Uon napolitaine », cas particulier de la première question byzantine », est inséparable de la « question ravenuale ».
Les basiliques et les portiques élevés par saint Paulin prés de Nola, la basilique de l'évêque Sévère et le baptistère de l'évêque Soter, à Naples, oui été décorés de peintures ou de mosaïques.
Paulin fui des premiers qui, dans la chrétienté, concoururent à substituer au décor profane, que les églises du nouveau culte avaient emprunté aux villas, des images édifiantes et des sujets tirés des Livres sacrés. Il explique à Nicétas, évêque des Daces, le plan et le sens de la décoration qu'il a conçue pour ses portiques, comme une
fi-
ni-: LA FIN DE L'EMPIRE ROMAIN A L'INVASION SARRASINE
nouveauté capable d'étonner. En couvrant les parois de scènes animées et dramatiques1, Paulin voulait distraire ces voyageurs grossiers, qui venaient l'aire des libations païennes sur la tombe de saint Félix, et dont le pèlerinage s'achevait eu bacchanale, — comme aujourd'hui les parties de campagne que les Napolitains vont faire au sanctuaire de Montevergine. Pour chacune des scènes, le saint composa une légende qui en était le commentaire nuirai'; ainsi la distraction se tournait en édification. Les sujets choisis sonf ceux qui Eurent représentés dans les édifices du v" et du vie siècle, aussi bien en Orient qu'en Occident3 : scènes de l'Ancien Testament, depuis le Pentateuque jusqu'au Livre des Rois4, scènes du Nouveau Testament, histoires de Martyrs. Au lieu d'être rapproches dans un même édifice et opposés par une concordance suivie'', les deux Testaments étaient représentés chacun dans une basilique différente l;. Quant à la disposition des sujets sur les portiques, il est impossible de s'en l'aire une idée, tant que des fouilles ne nous auront pas rendu le plan des colonnades.
Paulin ne spécifie pas si les scènes des deux Testaments étaient des peintures murales ou des mosaïques. On ne sait pas même si les étoiles qui constellaient la coupole7 du baptistère étroit, bâti près de la grande basilique, étaient peintes ou incrustées en émaux d'or. Les seules mosaïques qui se trouvent nettement définies dans les écrits du saint sont celles
L Forte requiratur quanaoi ralione gerendi
Sederit hœc nobis sententia. pingere sanctas Rare- more doinos animantibus adsimulatis.
(Mione, col. 660, v. 542-344.)
Plusieurs commcutaleurs ont cru qu'il s'agissait ici de représentations d'animaux (Martionv, Dict. des Atitiq. chrét., mot Animaux; suivi par M. MOntz, Éltiilcs sur l'hist. de la peinture et de Vieonogr. chrétiennes, 1881, p. 19;. Mais il n'y avait aucune nouveauté, au début du v" siècle, à représenter, dans les églises, des scènes de chasse ou de pèche, comme le prouve la fameuse lettre de saint Nil à Olympiodore (Baïet, Recherches, p. 60). De plus, les trois vers cités et le développement nui leur fait suite sont insérés dans une longue description, où l'auteur parle exclusivement des sujets bibliques. Enfin la seule présence des tUuli, sous les peintures où figurent ces animantia, suffit à indiquer le caractère religieux des scènes.
-■ Ut liltera monstret quod manus explicuit, etc.
(Mig.ne, col. 661, v. 565.)
Les liluli relatifs à la Genèse sont rapportés ou paraphrasés par Paulin, dans son Épltre a Nicétas (Mig-ne, col. 662, v. 007 et suiv.).
3. Bayet, Recherches sur Chistoire de la peinture... en Orient, p. 60 et suiv.