Hindi, Album, pl
4. Plan dans Y Atlas de Schulz, pl. 1.11, fig. 0, reproduit dans l'ouvrage de Dehio et Bezold, II, pl. GS, lig. 2.
dorénavant c'est par l'église neuve que. les fidèles eurent accès dans le vieil édifice, qui n'avait d'autre ouverture sur le dehors que ses fenêtres étroites.
La seconde cathédrale de Valva porte encore le nom de sainl Pellinùs, évôque de Brindisi, qui Eut martyrisé à Rome et dont les reliques furent transportées à Corflnium. Ughelli a conservé le texte d'une inscription qui mentionnai! une translation des reliques du saint dans une église «neuve» qui lui était dédiée. Cette cérémonie fui accomplie par unévêque de Valva, nommé Valterius, au mois de janvier de l'année 1124.
Façade de l'église
i'ANM DF.LL ISOLA.
D'après un historien de Sulmona, l'église de San Pellino aurait été incendiée en 1229'. Une inscription de 1280, qui mentionne d'importants travaux exécutés par le prêtre Benedetto et par le sculpteur Berardo de Plaisance, au temps de l'évêque Egulio, ne se rapporte pas à la construction de l'église, mais bien plutôt ïi celle du palais épiscopal
penlu
1. .1. Di Pirtro, Uemorie storiishe délia citti ii Sulmona, Naples, 1804, p. IB6.
2. On remarquera l'emploi des mots : scala, nobilis sala et du mol loul italien casa, qui ne peut s'appliquer qu'à une ette inscription clans Schulz, la publie comme inédile (p. 769 . Le marbre original est
habitation. Binoi, qui a copié
La grande église de San Pellino, qui n'est datée par aucun des documents cités, se présente à l'étude de l'historien comme l'un des monuments les mieux conservés qui subsistent dans les Abruzzes. L'intérieur seul a élé complètement défiguré par les stucs du xvin5 siècle. A l'extérieur, la silhouette de l'édifice ancien n'a élé modifiée que par l'addition d'une coupole, dont le tambour octogonal surmonte le sanctuaire, et par l'érection d'un campanile qui s'élève à coté de cette coupole. La façade et le chevet conservent leurs lignes, à peine altérées par quelques rapiéçages. Les façades latérales n'ont perdu aucun détail des modillons qui composent leur corniche. Les motifs sculptés qui ornent ces modillons, les rosaces et les figurines d'animaux qui sont disposées sous chacune des petites arcatures de la corniche sont d'un dessin plus souple et d'un relief plus énergique que le décor barbare des modillons de la vieille église '. A en juger par ce seul détail, il semble qu'un siècle au moins sépare l'une de l'autre les deux églises qui ont été unies en un seul corps d'édifice -.
L'église de San l'ellino, à laquelle la vieille église de Sant'Alessandro forme, d'un seul côté, comme un premier bras de transept, inutile et démesuré, possède elle-même un transept d'une faible saillie. Aux deux extrémités de ce transept faisaient saillie deux petites absides '', beaucoup plus basses que la grande abside qui s'avance vers le levant (fiff. 240).
Le plan tréfté que ces trois absides donnent, au chevet de l'église rappelle le plan de la cathédrale de l'ise et celui de plusieurs grandes églises de l'Italie du Nord, telles que Saint-Michel de Pavie et la cathédrale de Parme. Les trois absides de San l'ellino, avec leur disposition en croix, sont très probablement imitées d'une église toscane ou lombarde : elles restent une exception unique, non seulement dans les Abruzzes, mais encore dans toute l'Italie méridionale.
L'extérieur des anciennes églises d'architecture locale qui se sont conservées dans les Abruzzes est le plus souvent simple et nu. Il arrive que la division des trois nefs ne soit indiquée sur une façade ni par la décoration architecturale, ni mémo par le contour de la paroi. Déjà, sur la façade de la grande église de Bominaco, les corniches ne suivent pas l'inclinaison du toit des bas-côtés : elles restent horizontales, et le mur qu'elles couronnent s'élève inutilement au-dessus des bas-côtés. Dans l'église de San Giovanni dell'Isola qui,
1. lii.NDi, Album, pl. i'.il. Voir un détail de la corniche de San Pellino plus haut, p. 211,//;/. 93.
2. Les fenêtres latérales de l'église San Pellino sont en plein cintre, et non en tiers-point, comme l'indique Sehulz : leur forme ne donne aucune indicaliou pour la date de l'éditiee.
:i. L'une de ces absides a été remplacée par le campanile moderne.
L'ARCHITECTURE DANS LES ABRUZZES 539 comme celle de Bominaco, appartient certainement au xu' siècle, la façade bâtie devant les trois nefs n'est plus qu'an simple rectangle de maçonnerie, avec une corniche toute droite (fig. 241). Ce type de façade carrée est reproduit à Sant'Eusanio Forconese, vers la fin du même siècle. Il restera dans les Abruzzes, jusqu'au xV siècle, un élément traditionnel de l'architecture locale.
Les murailles élevées en manière de façades, devant les vieilles basiliques des Abruzzes, sont percées de bien moins d'ouvertures que les hautes façades des basiliques apuliennes.
Façade de l'église iie sa\- tommaso, pbès caiiaiianico.
La plupart des églises à trois nefs n'ont qu'un portail. A Bominaco, l'unique baie qui se trouve pratiquée dans la façade, en dehors de la porte, est une fenêtre solennelle flanquée de quatre lions et assez semblable à la grande fenêtre qui s'ouvre dans la façade de la cathédrale de Caserta. Deux fenêtres étroites et un pelit oeuhis forment, avec le portail, toute la décoration delà façade de l'église San Giovanni dell'Isola. L'oculus de Sant'Eusanio, beaucoup plus large, est sans doute plus récent ; il n'est peut-être que le cadre d'une rose, dont les rayons auronl été brisés. La rose de San Tommaso, près Caramanico, île construction épaisse el rustique fig. 242 , remonte sans doute à l'année 1204, comme l'un des portails latéraux. Les doux petites roses de Santa Giusta, près de Bazzano, ont conserve leur remplage, finement découpé dans une seule plaque de marbre (fig. 243 . Quelques fenêtres en plein cintre, à San Pellino et à Bominaco, mit des archivoltes monolithes.
Les blues tirés des ruines romaines, qui s'étaient conservées au milieu des mon-
tagnes, pendant les siècles de la barbarie lombarde, furent employés dans les Abruzzes à la construction d'églises grandes ou petiles. Ces matériaux bien taillés, qu'il était aisé d'assembler avec peu de ciment, ne donnèrent pas seulement aux façades du xu' et du xiii" siècle un aplomb et un poli remarquables ; les pierres couvertes d'inscriptions antiques suggérèrent encore à plus d'un constructeur l'idée de graver lui-même sur une église certaines inscriptions qui n'étaient point destinées à commémorer un donateur ou à rappeler une date. Sur la façade de San Pietro àd Oratorium, riche en inscriptions romaines, une inscription du xue siècle, placée à côté d'une étroite fenêtre, n'est là que pour proposer une bizarre étymologie du mot fenêtre : Fenestra diclaest quasi ferens lumen . Quelques versets de la prose Regina eœli More sont gravés en ligne horizontale ou verticale autour des [rois fenêtres absidales de l'église de Bominaco1. L'hymne à la Vierge fait au chevet de l'église de Santa Maria un décor épigraphique.
Dans les deux églises de San Pellino- et de San Tommaso, près de Caramanico (fy. 243), des piliers rectangulaires, adossés à la paroi de la façade, semblent préparés pour recevoir les voûtes d'un porche dont la construction n'a pas même été amorcée. Des pilastres ou des colon nettes sont encore adossés à des façades ou à des chevets, sans autre rôle que celui d'un décor architectural. Les bandes verticales disposées autour de l'abside de Sant'Alessandro, et que surmonte un morceau de marbre décoré dans le goût antique, sont remplacées sur les murs latéraux de San Pellino, l'église voisine, par de hauts pilastres coiffés d'un chapiteau corinthien. L'abside de San Giovanni dell'lsola, qui fait partie de la construction du xu" siècle, esL entourée de colonnettes fort semblables à celles qui ornent les absides des églises lombardes. Sur la façade de Santa Giusta, près Bazzano, des colonnettes cylindriques et octogonales sont disposées en files sur trois étages de hauteur : en combinant leurs lignes verticales avec celles des trois corniches, soutenues par des modillons en forme do tètes, elles dessinent une sorte de damier en relief (fy. '2A?>y\ Ce décor, qui, à en juger par le détail des chapiteaux et le style du portail, n'est pas antérieur au xm" siècle, rappelle d'une manière frappante le quadrillage qui esl figuré par l'entrecroisement de moulures horizontales et verticales sur la façade de la vieille cathédrale d'Assise (fy. 244). L'abside de Santa Maria in Va lie Porclaneta, qui a été ajoutée après coup à l'édilice du xi" siècle, est cerclée de corniches et de colonnettes qui doivent être contemporaines de celles de Santa Giusta. Six de ces colonnettes reposent sur le dos de petits lions qui semblent marcher sur l'une des corniches et tourner autour de l'abside '.
Le chevet de l'église de San Pellino a été décoré d'après le même principe; mais, par
1. Piccihilli, Rassegna Abruzzise, III, 1899, n° 7, p. IN. Sur une porte latérale Je l'église d'Ofena, bâtie en 1196, on lit ce vers belliqueux; Fait d'allitérations sonores :
HOSTIBDS OBSTO, NOS ROSTIBUS HOSTIA PROSTRO,