Hindi, Album, pl
ses proportions et parla richesse de ses détails, il s'élève au-dessus de toutes les constructions élevées dans les Abruzzes pendant le moyen âge. Sur un haut soubassement de pierres romaines sont superposés deux étages de colonnettes [fig. 240V. Celles de l'étage intérieur soutiennent une large frise, composée d'une suite de plaques sculptées, assez analogues aux transennœ qui forment les parapets des galeries, dans l'église de Saint-Marc de Venise. Ces plaques ont été sculptées expressément pour l'édifice : sur chacune d'elles est reproduite une même rosace. Les colonnettes du second étage reposent sur des lions de haut-
ne. 21.1. — Façade de l'église de sakta giust», mi» de bazzano (province d'aquila).
relief, qui se présentent de face, el non de coté, comme les petits lions de l'abside de Saida Maria in Valle. Détachées devant la paroi, ces colonnettes portent des archivoltes saillantes qui abritenl une suite de bas-reliefs, représentant des lions affrontés ou des oiseaux dont les longs cous sont noués ensemble '. Cette loggia, à laquelle ne correspond aucun passage, ressemble aux colonnades qui forment une galerie semi-circulaire en haut des absides de San Fedele de Corne ou de la cathédrale de l'arme. Le système des colonnettes adossées aux façades et aux chevets des églises accuse plus nettement, que ni' faisait le plan exceptionnel îles trois absides de San Pellino, les rapports do l'architecture des Abruzzes avec celle de l'Ombrie, de la Toscane et de l'Italie du Nord.
I. Pour ces détails, voir la gravure publiée par ScauTz, Atlas, pl. I.X.
Les églises qui viennent d'être passées en revue avaient pour la plupart leurs trois nels couvertes en charpente ; quelques-unes seulement ont sur les bas-côtés des voûtes d'arêtes anciennes; aucune n'a de voûte sur la nef centrale. Dans l'église de San Giovanni dell'Isola,
l'arcade jetée en travers de la nef n'est
qu'un arceau-diaphragme destiné à supporter les poutres du toit (fig. 242). Les voûtes qui couvrent le chœur de San Giovanni in Venere ne sont pas antérieures à l'époque -angevine, et la coupole élevée à la croisée du transept de San Pellino est une addition du xviuc siècle. La coupole est restée inconnue dans les Abruzzes jusqu'à la Renaissance.
Les premières voûtes élevées sur le sanctuaire d'une église des Abruzzes sont des voûtes d'ogives, dont l'apparition suppose une influence directe de l'architecture du Nord. Une voûte bombée, soutenue par d'épaisses brandies d'ogives à section carrée, couvre l'une des trois travées d'église, entièrement bâties en briques1, qui sont le seul reste de la première cathédrale élevée à Teramo
,. .. . , sur les ruines et les mosaïques d'une
HG. — r AÇATJE DE LA CATHÉDRALE D ASSISE. "
riche maison romaine d'Interamnium (fig. 245). Les deux travées qui flanquent la travée couverte de voûtes d'ogives avaient un simple l oit en charpente. Ces trois travées communiquaient d'un côté par trois grandes arcades avec le reste de l'édifice; du côté opposé, chacune d'elles était fermée par un mur droit, percé d'une fenêtre. Le mur élevé au fond «le la travée centrale se trouvait reculé d'un mètre et demi vers le dehors : entre ce mur et l'épaisse archivolte qui reçoit de
i. Les restes de cette église sont connus Je nos jours sous le nom Je Saut1 Anna Jei Pompetti, en mémoire J'une famille noble Je Teramo qui avait conservé sa sépulture de famille dans l'ancienne cathédrale, transformée en chapelle funéraire.
ce côté la voûte de brique, il reste la place d'un retrait dans lequel on voit encore un autel de construction grossière, surmonté d'une sorte de ciboriumK Cet édieule a pour supports deux colonnes antiques, surmontées de chapiteaux rongés par le temps : une voûte en berceau, bâtie en briques, comme la grande voûte voisine, repose d'un côté sur les deux colonnes dressées et de l'autre s'appuie contre le mur-. L'autel était probablement à cette même place dans l'église, lorsqu'elle servait de cathédrale. Les trois arcades, dont la face extérieure se trouve aujourd'hui en bordure d'une petite rue3, étaient autrefois tour-
FiG. 24!i. — Ruines du chœur de l'ancienne cathédrale de teramo.
nées vers les nefs. On dislingue encore, entre deux des arcades qui se sont conservées, les restes de l'une des demi-colonnes élevées pour recevoir les arcades de la nef principale, qui ont disparu'. Les fouilles entreprises par M. Savini en 1898 ont même fait retrouver les fondations de l'un des piliers de la nef \ Tous les indices s'accordent à prouver que les murs et la voûte de briques, qui sont tout ce qui subsiste de l'ancienne cathédrale de Teramo, for-
1. Voirie plan donné par M. F. Savini, dans son importante étude : S. Maria Aprulicnsis ovvero fantica Cattcdrale Ai Teramo, Rome, 1898, pl. I.