Voir plus haut, p
moyennes ou petites, arcatures disposées à droite et à gauche du portail; ainsi que sur les deux façades opposées du transept et sur le mur du chevet (fig. 246). Les fenêtres en plein cintre ont conservé leur remplage de marbre finement ajouré (fig. 248). Déjà, à l'extérieur, le vaisseau et le sanctuaire sont nettement distingués l'un de l'autre1. A l'intérieur, les nefs comprennent trois travées, séparées par des piliers cruciformes ; les arcades sont en plein cintre et d'une assez grande portée; les bas-côtés, comme la nef principale, sont couverts en charpente. Au contraire le sanctuaire est tout entier voûté en pierre poreuse et
légère : les bras du transept sont couverts d'une voûte d'arêtes et la croisée d'une voûte d'ogives, dont les nervures sont de calcaire fin. Les arcades qui séparent le sanctuaire du vaisseau sont en plein cintre pour la nef, en tiers-point pour les bas-côtés. Ces trois arcades sont composées de claveaux en pierre blanche et grise, alternant les uns avec les autres. La partie la plus curieuse de l'édifice est le chevet. Vu du dehors, c'est un mur de briques, orné d'arcatures en pierre calcaire, et percé de fenêtres qui semblent correspondre à trois ou quatre étages différents. A l'intérieur, le sanctuaire est terminé par trois absides. Entre la courbe extérieure des absides et le mur du chevet est ménagé une sorte de couloir, auquel donnent accès deux petites portes disposées à côté des absides. Le passage du rez-de-chaussée est couvert d'une voûte en berceau. Au-dessus de cette
Fie. 247. — Plan de l'église santa maria di iionzano.
voûte est pratiqué un passage semblable. Les deux étages communiquaient, dès l'origine sans doute, au moyen d'une échelle. Le couloir du premier étage passe entre deux fenêtres, placées toutes deux sur l'axe de l'église, et dont l'une s'ouvre au-dessus de l'autel, tandis que la seconde, entourée d'un cadre monumental, regarde au dehors (fig. 247), Ces absides cachées derrière un chevet carré, ces passages, cette fenêtre richement ornée rappellent d'une manière inattendue et inexpliquée, à côté d'une nef d'architecture toute locale et d'un sanctuaire voûté d'ogives, les hautes et magnifiques façades absidales des basiliques de la Terre do Bnri.
Les voûtes d'architecture étrangère, qui s'étaient montrées, dès le milieu du xu" siècle,
I 1 IsrEtage
1. Ils l'étaient plus encore, avant que les murs extérieurs des bas-côtés n'eussent été exhaussés, pour permettre à un seul toit de couvrir les trois nefs (voir la fjg. 246).
dans la région de Teramo, furent employées avant la lin du siècle dans les grands travaux entrepris autour de l'église bénédictine deSan Clémente a Casauria. L'abbaye impériale, qui avait été dépouillée et ruinée par un comte normand, recouvra sa richesse foncière et sa puissance féodale, dès que les Abruzzes eurent été réunies au royaume normand de Sicile.
Le roi Roger et ses deux successeurs confirmèrent au monastère de la Peseara les possessions que lui avaient données les empereurs germaniques '. Au moment où la prospérité était assurée, les moines élurent, en 1 152, un abbé nommé Léonas, qui fut élevé à la dignité cardinalice. Pendant les trente ans de son gouvernement, Léonas l'appela dans l'abbaye des
Fig. 248. — Chevet de l'église de sama mauia di ronzano.
Abruzzes le temps glorieux des Desiderius et des Oderisius, déjà lointain pour le Mont-Cassin. Il acheta pour l'église des étoffes de soie et des tapis ; il fit copier et rédiger des livres, dont le plus célèbre est la chronique du monastère, compilée par le frère Jean. Cette chronique fait connaître le détail et la date des principales constructions auxquelles l'abbé Léonas voulut attacher son nom.
L'église, relevée de ses ruines dans les premières années du xne siècle, n'était plus digne de l'abbaye. Léonas fit d'abord reconstruire la façade; puis il édifia devant cette façade un porche monumental? Les travaux furent commencés en 1176, d'après la chronique de Casauria et d'après une inscription dont cette chronique a seule conservé le texte :l; le porche était achevé du vivant de l'abbé Léonas, qui mourut en 1182. Ce porche, avec les trois poi'tails qu'il précède, s'est conservé intact.